<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408</id><updated>2012-01-26T01:45:05.725-08:00</updated><category term='et parfois mal'/><category term='lecture'/><category term='microfiction'/><category term='portrait'/><category term='militantisme'/><category term='choses vues'/><category term='lues'/><category term='presse'/><category term='amuserie et tutti quanti'/><category term='le monde comme il va'/><category term='écriture'/><category term='pensée en chantier'/><category term='choses lues'/><category term='cinéma'/><category term='humeurs'/><category term='théâtre en chantier'/><category term='philosophoire'/><title type='text'>pigiconi</title><subtitle type='html'>Ne me demandez pas pourquoi......... l'essentiel est ailleurs
(c) Albéric Perrier</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>166</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-5896771534900932549</id><published>2012-01-26T01:45:00.000-08:00</published><updated>2012-01-26T01:45:05.739-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='militantisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Nicolas Sarkozy,  le défi permanent au sens commun.</title><content type='html'>&lt;span style="font-family: 'Courier New', Courier, monospace; font-size: xx-small;"&gt;&lt;i&gt;Je ressors ici un vieux texte, écrit en 2008, un an après l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République. Daté, l'état d'esprit que j'y développe ne l'est pas tant...&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: 'Courier New', Courier, monospace; font-size: xx-small;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;h1&gt;Nicolas Sarkozy, &lt;/h1&gt;&lt;h1&gt;le défi permanent au Sens Commun.&lt;/h1&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Quine veut ou ne rêve d’une société où le fraudeur serait puni pour sa fraude, letravailleur récompensé pour son travail, le prédisposé au malheur et audésespoir un peu plus réjoui, le suicidaire toujours en vie, le pédophileéloigné de toute tentation, et, enfin, le Bien régnant afin que nous n’ayonsplus à subir quelque mal que ce soit&amp;nbsp;? &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cerêve n’est qu’humain. &lt;b&gt;Plein de Bon Sens&lt;/b&gt;. Tout comme celui qui voulaitprotéger, en 2002, les personnes âgées contre tous ceux qui, par quelquedisposition coupable, voulaient s’attaquer à leurs économies. Il estincontestable que ce bon sens-là, nous le partageons tous. Et il ne s’agit pasde savoir si nous voulons le mal pour le mal… comme si une&lt;i&gt; pré&lt;/i&gt;-dispositionnaturelle, pour ne pas dire génétique, nous y inclinait fatalement.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Oui,certains d’entre nous commettent le mal, peut-être par ignorance de la norme,certainement parce qu’ils poursuivent leur bien propre et individuel (il doitbien y avoir quelque intérêt particulier à la faire), peu enclins à agir enfonctions d’un sens commune, en tout cas par transgression. C’est d’ailleurs enévoquant cet esprit de la transgression que Mr Sarkozy explique à Michel Onfrayune bonne part de l’histoire personnelle du candidat.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Simplement, il y a quelque chose de contradictoire àassumer la transgression et à revendiquer le soin médical, tout commel’explication scientifique, rationnelle, rassurante par son évidence, évidentebanalité,… et en tout cas nécessairement normative, à l’origine de touteentreprise sécuritaire.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Onpeut exiger et soutenir, comme principe d’actions, que&lt;b&gt; le Bon Sens soit lachose du Monde la mieux partagée&lt;/b&gt;. Surtout quand celui-ci se pare del’habillage scientifique. L’expert parlant toujours en connaissance de causes,son discours ne peut que satisfaire et réparer nos angoisses alimentées de nosincertitudes. Reste que l’ambition est réductrice et, pour le coup, aliénante,au sens propre du terme, «&amp;nbsp;rendre autre&amp;nbsp;». Car elle s’emploie simplementà promouvoir une idée du Bien qui, loin d’être l’objet d’un assentiment commun,impose une contrainte commune.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Etc’est là que se joue ce défi permanent. Le glissement idéologique, à lui seul,n’est rien s’il n’est accompagné et accompli par le glissement rhétorique. Acet égard, il n’est pas anodin que la question des Droits de l’Homme soitdéplacée géographiquement, au-delà des frontières nationales. Celle-ci, àentendre Mr Barnier, sur les ondes de France Inter, se pose avec d’autant plusd’acuité qu’elle est déclinée ailleurs que chez nous, sous-entendant ainsi quetous ceux qui l’agitent ici, chez nous, la provoquent inutilement. Ainsis’entend l’expression «&amp;nbsp;droit de l’hommiste&amp;nbsp;» qui alimenta lediscours de l’extrême droite. D’autres, ailleurs, justifieraient par là mêmeune croisade du Bien contre le Mal, de la Civilisation contre la Barbarie sanspercevoir qu’ils usent de la même violence pour mener à bien leur œuvre quecelle qu’ils cherchent à éradiquer. D’autres, enfin, ainsi qu’on l’entend icimême en France, justifient le discours à la première personne du Sauveur contrecelui d’un collectif qui ne demande qu’à éclore. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Orcette contrainte commune, quelle est-elle si ce n’est celle d’un Parlement qui,majoritaire, numériquement, organise systématiquement la défiance envers tousles contre-pouvoirs, qu’en un temps, plus préoccupé de l’intérêt général que desoi-même (même si la condition de parlementaire fut et reste la chose du mondela plus réservée qui soit), il sut mettre en place. Défiance envers lapresse&amp;nbsp;: la collusion entre les groupes de presse, ainsi que l’illustre labise de Mr Sarkozy à Arlette Chabot, le soir du débat du 2 mai, et le candidatde l’UMP s’étale à longueur de Unes. Plus grave encore, puisque la question estcentrale&amp;nbsp;: cette défiance, en devenant un véritable sujet médiatique,occulte toute idée de société à venir que porterait les candidats. Défiancevis-à-vis des institutions qui, par leurs attributions, ont tout de même lamission de garantir, même contre les atteintes d’une majorité parlementaire,l’espace commun et public. Rappelons que ces institutions fonctionnent avec desagents de l’Etat, quand leurs organes de décision sont désignés par lespolitiques qui, pour certains d’entre eux, affichent leur volonté de ne pas remplacerun fonctionnaire sur deux. Car ne nous y trompons pas, en ces temps où lediscrédit de la fonction publique est souvent de mise (surtout quand il s’agitde mouvements de grève)&amp;nbsp;: &lt;b&gt;ne pas remplacer un fonctionnaire sur deuxc’est ôter aux institutions de contrôle tout comme à celles chargées du servicepublic, tout moyen d’exercice de leurs missions civiques&lt;/b&gt;. Citons parexemple la CNIL, dont les moyens et les missions ont été rognés. Le ConseilSupérieur de la Magistrature qui s’oppose à telle désignation quand legouvernement la maintient et la rend effective. Le Conseil Constitutionnel,dont les membres, nommés par le politique, sont élevés dans le sérail despartis au pouvoir quand ils ne parachèvent pas ainsi leur carrière en siégeantdans ces instances.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Autrementdit, défiance parce que c’est avec les outils, les principes qui consacrent enle rendant simplement possible l’espace commun que le pouvoir, auquel aspire MrSarkozy, se pose et s’impose. Légalisant par là même la criminalisation du mouvementsocial comme du mouvement migratoire, la prévention sans autre perspectivequ’une normalité toujours d’autant plus fragile que la force par laquelle elles’impose se confronte à la créativité transgressive, autrement plus puissantequ’elle nous détourne de l’ordre établi de façon inédite et le déborde, presquetoujours violemment. On pourra toujours, par la suite, comme pour s’excuser den’avoir pas vu le coup venir, le séparer du mouvement social et l’isolerabsolument et artificiellement. C’est exactement ce qui est fait quand, dans undiscours du candidat, après les incidents de la Gare du Nord, celui-ci ne veutsurtout pas faire l’amalgame entre les fraudeurs et les pécheurs. Mais aussi,en systématisant la frustration en laissant croire que&amp;nbsp; l’on s’adresse à tous quand on n’aura deréponses que pour quelques uns&amp;nbsp;; en essoufflant jusqu’aux aspirations lesplus individuelles que le libéralisme, se méfiant toujours d’une trop grandelibéralité (la diatribe contre mai 68 l’atteste), entend mettre en valeur.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cebon sens, dès lors qu’il s’incarne en Nicolas Sarkozy, comme il a pu l’êtreailleurs, en Espagne avec Mr Aznar, en Italie avec Mr Berlusconi, et comme ill’est aux Etats-Unis avec Mr Bush, &lt;b&gt;&lt;i&gt;est d’autant plus redoutable qu’il esten contradiction &lt;u&gt;et&lt;/u&gt; avec lui-même &lt;u&gt;et&lt;/u&gt; avec le sens commun&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.Non pas qu’il le réinterroge, mais il l’amenuise et le défait. Quand BlaisePascal, qui n’avait rien d’un subversif, exigeait de la force qu’elle fut justeet de la justice qu’elle fut forte, il assumait pleinement ce que le bon sensnous invite à oublier&amp;nbsp;: l’aspiration sociale ne relève pas d’une linéaritéoù tout le Bien lutte vaillamment contre tout le Mal, mais se construit decette apparente contradiction qui, en fait, n’en énonce qu’une essentiellecomplémentarité. Justice et Force, Bien et Mal s’assument ensemble et non pasl’un contre l’autre et par éradication de l'autre, ce que seul un "angélisme" pourrait oser mettre en oeuvre.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; HaroldPinter a pu dire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le langage s’emploie actuellement à tenir lapensée à distance&amp;nbsp;». Ce qui vaut un mot d’ordre&amp;nbsp;: ne nous laissonspas endormir par ce que le Bon Sens qu’incarne Mr Sarkozy nous laisse entrevoircomme solution. Nous avons déjà soupé à la promesse de la &lt;i&gt;Tolérance Zéro&lt;/i&gt;,de &lt;i&gt;l’immigration choisie&lt;/i&gt;. &lt;b&gt;Ne nous laissons pas déposséder de celle duSens Commun qui n’est autre qu’une manière de faire société ensemble, etcertainement la seule&lt;/b&gt;. En tout cas, juste ce qu’il nous faut.&lt;/div&gt;&lt;div align="right" class="MsoNormal" style="text-align: right;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-5896771534900932549?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/5896771534900932549/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=5896771534900932549' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5896771534900932549'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5896771534900932549'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2012/01/nicolas-sarkozy-le-defi-permanent-au.html' title='Nicolas Sarkozy,  le défi permanent au sens commun.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-5392098381351112218</id><published>2011-12-18T06:53:00.000-08:00</published><updated>2011-12-18T07:01:56.232-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>L'argent n'est rien, les hommes le pervertissent</title><content type='html'>&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Les publicités sur les organismes de crédit, qui réveillent les rêvesdu consommateur pour l’achat d’un écran plat nouvelle technologie &amp;nbsp;dernière génération ou un voyage sous lestropiques, accompagnent les «&amp;nbsp;scoops&amp;nbsp;» qui défraient la chroniquejournalistique sur le prix des chambres d’hôtel de nos dirigeants, leursescapades en Porsche ou leurs soirées festives au Fouquet’s. Comme si, de nosjours, avoir de l’argent était un argument suffisant, ou pour se présenterdevant les électeurs ou pour défier les pouvoirs en place… en tout cas, pourcorrespondre à cet idéal de l’individu&amp;nbsp; àqui tout réussit. Mais n’est-ce pas un leurre&amp;nbsp;?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;En avoir ou pas&amp;nbsp;! Telle estla question&amp;nbsp;! Les critiques sur l’argent ostentatoire sont fréquentes. Et,pour le moins fondées. Dans une société dominée par des discours politiques,économiques et moraux sur la crise des valeurs morales (puisqu’elles concernentl’individualisme, l’absence de patriotisme, mais aussi la valeur «&amp;nbsp;travail&amp;nbsp;»,etc.) comme des valeurs économiques et financières, parler d’argent est unleitmotiv à la fois fondateur de ces discours et l’un des principaux objets deleur critique et de leur contestation. Certes, nous avons tous besoin d’argent,toutefois trop d’argent est condamnable. Mais est-ce bien lui, cet argent depapier (la monnaie, les billets de banque, les chèques et autres mandats) toutcomme cet argent virtuel (les transactions et spéculations financières sur dessommes astronomiques qui alignent les zéros au-delà de ce que l’entendementpeut lui-même concevoir), qui est la cause véritable de toutes les critiquesadressées à l’encontre du pouvoir de l’argent&amp;nbsp;? En fait, ce n’est pas tantle pouvoir de l’argent qui est corrosif, car, en soi, l’argent n’est riend’autre qu’un moyen au service d’intérêts qu’il n’a pas mais que seuls desindividus formulent et poursuivent. C’est le pouvoir lui-même qui corrompt leshommes qui, à vouloir l’exercer, pervertissent le rôle et la fonction del’argent. Et ce sont les individus qui, à trop vouloir l’exercer, se laissentprendre dans un engrenage du toujours plus d’argent&amp;nbsp;!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="float: left; margin-right: 1em; text-align: left;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-42iufBT7D0A/Tu371MHHzcI/AAAAAAAAADk/Nqvlba47ETc/s1600/The+Associated+Press+Occupy+the+streets1.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; margin-bottom: 1em; margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://1.bp.blogspot.com/-42iufBT7D0A/Tu371MHHzcI/AAAAAAAAADk/Nqvlba47ETc/s320/The+Associated+Press+Occupy+the+streets1.jpg" width="320" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;a href="http://www.asian-nation.org/headlines/2011/10/occupy-wall-street-real-deal-just-fad/"&gt;http://www.asian-nation.org/headlines/2011/10/occupy-wall-street-real-deal-just-fad/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Ne se fait-on pas,en effet, de fausses idées sur le rôle, la fonction et la nature même del’argent&amp;nbsp;? Par là, critiquer seulement l’argent, comme ce Dieu vivant quipervertirait les hommes, leur donnerait le pouvoir de faire ce que la morale oula loi réprouveraient, n’est-ce pas se tromper de cible&amp;nbsp;? Car toutesociété, qui ne peut seulement se conserver en développant un systèmeautarcique, a besoin de se lier à d’autres et l’argent n’est alors qu’unemonnaie d’échange parmi d’autres, un outil qui se substitue au bien matérielmais qui, par l’échange, consacre la relation ainsi instituée. C’est ce quenote l’ethnologue français, Marcel Mauss, qui, dans son Essai dur le don, en1923, écrit&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Les sociétés ont progressé dans la mesure oùelles-mêmes, leurs sous-groupes et enfin leurs individus, ont su stabiliserleurs rapports, donner, recevoir, et enfin, rendre. Pour commencer, &lt;b&gt;ilfallut d’abord savoir poser les lances&lt;/b&gt;. C’est alors qu’on a réussi àéchanger les biens et les personnes, non plus seulement de clans à clans, maisde tribus à tribus et de nations à nations et surtout – d’individus àindividus. C’est ensuite que les gens ont su se créer, se satisfairemutuellement des intérêts, et enfin, les défendre sans avoir à recourir auxarmes.&amp;nbsp;»&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;A l’origine de l’argent, l’échange symbolique.&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Au début del’échange, donc, la nécessité de communiquer avec d’autres (clans, tribus,nations ou individus) dans une perspective pacifiée, en tout cas dans uneperspective qui assure à chacun la sécurité de son existence. On y échange detout, des biens comme des personnes et il n’est pas rare alors que l’individuservile, mis en esclavage, devienne une monnaie d’échange, non seulement pourassurer la paix sociale, politique mais aussi pour instituer entre familles,clans ou tribus des alliances avec d’autres. L’idée, l’exigence de l’échange nevaut pas seulement pour les sociétés dites sédentaires, qui s’organisent autourd’un espace/lieu commun de culte et aussi, bien souvent de transactions, maisnon encore financières. La société des indiens Guayaki, d’Amazonie, qui viventen nomades et principalement de la chasse, l’illustre. C’est une société quiest fondée sur le tabou alimentaire qui interdit absolument au chasseur deconsommer la viande de ses propres prises. Dès qu’un chasseur rentre au camp,avec son gibier, il partage le produit de sa chasse entre sa famille et lesautres membres de la bande, s’abstenant lui-même de manger la viande préparéepar son épouse. S’il veut se nourrir, ce n’est qu’en profitant de la chasse desautres membres de la bande qu’il pourra satisfaire son besoin. Autrement dit,pour ne pas mourir de faim, l’homme Guayaki doit passer son temps à chasserpour les autres et à recevoir d’eux sa propre nourriture. L’ethnologue PierreClastres, qui a étudié leur société, note qu’en définitive, tous les chasseursGuayaki, du fait de ce tabou (ne jamais manger la viande du gibier que l’on atué, sous peine de malchance, catastrophe, etc.), sont véritablement dans lamême position, sur le même pied d’égalité les uns vis-à-vis des autres&amp;nbsp;:tout chasseur est à la fois un donneur et un receveur. Ce qui l’amène à dégagerla leçon suivante&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;en contraignant l’individu à se séparer de songibier, il l’oblige à faire confiance aux autres, permettant ainsi au liensocial de se nouer de manière définitive, l’interdépendance des chasseursgarantit la solidité et la permanence de ce lien, et la société gagne en forcece que les individus perdent en autonomie.&amp;nbsp;» (Pierre Clastres, &lt;i&gt;LaSociété contre l’Etat&lt;/i&gt;, éd. De Minuit, 1974, p. 100).&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-0xuxbpxXsEI/Tu37riMLlHI/AAAAAAAAADY/KqCI-r8T4wM/s1600/occupy-wall-street-protest-signs-15.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-0xuxbpxXsEI/Tu37riMLlHI/AAAAAAAAADY/KqCI-r8T4wM/s1600/occupy-wall-street-protest-signs-15.jpg" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Or, l’on voit bienpar là que, dans le contexte de l’échange, il n’est pas question d’évaluer leproduit de l’échange, de définir une valeur monétaire ou financière. L’échangene se fait pas sous la forme de l’achat et de la vente. D’une certaine manière,le but ou la fin de l’échange n’est pas le produit échangé, qui serait mis encirculation dans une relation commerciale avec d’autres. Pour autant,l’échange, s’il n’est ni commercial ni économique, n’est pas désintéressé. Dansles sociétés que l’on dit abusivement primitives, on assiste à ces échangesqui, en apparence, semblent gratuits, mais qui, en fait, manifestent des obligationsdes uns envers les autres. La question économique et marchande de l’échangen’intervient pas. L’échange a lieu d’abord en fonction d’une valeur symbolique,peu importe la marchandise, et consacre, d’une certaine façon, les obligationsque les uns manifestent vis-à-vis des autres, notamment pour mettre en œuvreune alliance entre partenaires. L’argent n’a donc pas de pouvoir en soi&amp;nbsp;;il n’est qu’un adjuvant.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Mais en avoir oupas&amp;nbsp;! Si telle est bien la question, ça n’est pas parce que l’argentserait, seul, un moyen de l’alliance, c’est parce qu’il n’y aurait rien de plusessentiel, dans la vie d’un homme, que de pouvoir montrer sa richesse. Et donc,de comparer cet argent accumulé avec celles et ceux qui n’en ont pas.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;L’illusion de la richesse.&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Qui est riche et de combienl’est-on&amp;nbsp;? Dèsque l’on commence à poser la question, dès que l’on tente de définir lescritères de cette richesse, on met en question l’argent lui-même. Le riche aune grande maison avec piscine. Mais on ne dit pas comment il a acquis cesbiens&amp;nbsp;? Par héritage, c’est donc quelqu’un qui, sa vie durant, a été aidéet qui le sera encore – cet héritage est nécessairement énorme, considérable etne peut faire que des jaloux. C’est aussi l’idée d’une transmission entregénérations. Transmet-on alors un pouvoir&amp;nbsp;? Par emprunt auprèsd’organismes bancaires, c’est-à-dire en créant une dette vis à vis d’autrui. Pourpeu qu’il ait été aidé par l’ami d’amis qui lui veulent du bien, les conditionssous lesquelles il souscrira cet emprunt ne seront pas celles d’un autreindividu qui, sans aide ni relation privilégiée, aura sa maison, mais un peumoins grande et sa piscine (mais plutôt une pataugeoire). C’est bien connu, «&amp;nbsp;onne prête qu’aux riches&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» L’argent est donc ce vecteur par lequeltoutes les représentations de l’autre sont possibles, des plus folles et nonfondées, aux plus réalistes&amp;nbsp;: dis-moi ce que tu as, je te dirai qui tu es.Ce qui laisse place à une logique de la dépense.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-8OuasNjvR7c/Tu370jxYeCI/AAAAAAAAADg/NE3Jhu-bj3I/s1600/occupy-wall-street-we-are-the-99.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://4.bp.blogspot.com/-8OuasNjvR7c/Tu370jxYeCI/AAAAAAAAADg/NE3Jhu-bj3I/s320/occupy-wall-street-we-are-the-99.jpg" width="320" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;Dépense&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;, au sens propre, il s’agit del’emploi d’argent à d’autres fins que le placement. Mais cette dépense alimenteaussi toutes les rumeurs, tous les jugements voire aussi toutes les condamnationsmorales. D’abord, on louera le prudent qui, établissant un prévisionnel,définira les lignes budgétaires des dépenses prévues, charges fixes comme lesextras (ce qui sort de l’ordinaire). On donnera aux consommateurs lambda lapossibilité de gérer ses comptes, d’envisager tel voyage, tels travaux etautres frais en lui faisant entendre que, tout spécialement pour lui, des facilitésde paiement, ou des prêts à la consommation – le prêt à dépenser – sont&amp;nbsp; à la portée de sa bourse. Par ailleurs, ontrouvera déplacée la prodigialité, la dépense somptuaire quand d’autres trimentdur pour un bout de pain. On s’offusquera même du personnage qui dépense sanscompter, pour lui, son plaisir et son bien-être. Comme si, dans cetteperspective de la dépense, il y avait le bon argent à dépenser, faire circuler,et le mauvais argent, celui qui est l’objet de la critique morale, ou sociale,voire de la condamnation judiciaire. Il n’est pas rare d’entendre évoquerl’argent sale, l’argent bien mal acquis&amp;nbsp;: celui de la corruption – lacommission occulte de l’entrepreneur pour conquérir tel marché, le pot de vin–&amp;nbsp;; celui que l’on va blanchir – argent de la drogue, du narcotrafic, dela prostitution, d’activités mafieuses, de trafics d’armes, etc., blanchir,c’’est-à-dire&amp;nbsp;: dissimuler la provenance d'argent acquis de manièreillégale afin de le réinvestir dans des activités légales (par exemple la constructionimmobilière…)&amp;nbsp;; mais aussi l’argent qu’on dissimule dans un comptebancaire, dès lors qu’on est assuré que ce compte est secret. Cette volonté dedissimulation est celle de l’avare qui regardera toute dépense comme uneatteinte faite à sa personne, à sa vie. Mais c’est aussi celle de celui qui neveut pas éveiller les soupçons sur sa prétendue ou avérée richesse. Comme sil’argent devait être sous contrôle&amp;nbsp;: celui d’une bonne gestion, de bonsplacements, comme celui de son accumulation (contrôle pour ne pas en perdre, nepas le perdre).&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Ce contrôle de l’argent estparticulièrement mis en œuvre à travers le phénomène de la dette et de sanégociation. Les organismes bancaires, en France, se demanderont quelle est lacapacité d’endettement du ménage, tout en tenant compte d’un minimum à garantiren fonction du revenu, quand les organismes bancaires américains établiront lacapacité d’emprunt du ménage en fonction de la possibilité de faire circuler ladette sur le marché financier et de son rachat possible, par d’autres fondsbancaires. La question de l’argent renvoie à celle de la capacité à faire,décider, etc……… mais &lt;u&gt;devoir de l’argent&lt;/u&gt;, c’est aussi être lié à unetierce personne au point de ne pas pouvoir agir sans qu’elle en soit informéeou, en tout cas, sans que les conséquences de cette action ne lui reviennentd’une manière ou d’une autre. Les dettes d’argent instituent une relation desoumission, subordination qui affecte grandement ma liberté d’action et dedécision. Parce qu’il y a nécessité à rembourser la dette&amp;nbsp;! Dans la dettedonc, &lt;b&gt;l’argent est un enjeu de pouvoir&lt;/b&gt;. Mais il n’est pas à lui seul cepouvoir. S’il rend possible des situations d’inégalités, c’est d’abord parceque, dans nos sociétés, certains lui font jouer un rôle qu’il n’a pas et lemettent en scène dans des contextes où seuls les individus qui l’affichentméritent la meilleure place dans le hit parade de nos unes médiatiques. Maisils sont bien plus pantins corrompus de leurs délires de fortune, et affichentl’arrogance d’un pouvoir qui laisse sur le bas côté ceux qui ne peuvent enafficher autant.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;L’exercice corrompu du pouvoir&amp;nbsp;: la dérive d’un monde sans individus.&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: left;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-2YlhWAMGm78/Tu3-GDz5xdI/AAAAAAAAADw/ja2EPFMxZng/s1600/occupythestreets4.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; margin-bottom: 1em; margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;img border="0" height="212" src="http://4.bp.blogspot.com/-2YlhWAMGm78/Tu3-GDz5xdI/AAAAAAAAADw/ja2EPFMxZng/s320/occupythestreets4.jpg" width="320" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span style="font-size: xx-small;"&gt;&lt;em style="background-color: white; line-height: 20px; text-align: left;"&gt;An Occupy Wall Street&lt;/em&gt;&lt;em style="background-color: white; line-height: 20px; text-align: left;"&gt;&lt;/em&gt;&lt;em style="background-color: white; line-height: 20px; text-align: left;"&gt;&amp;nbsp;demonstrator stands in Zuccotti Park on Monday.&amp;nbsp; Credit: Shannon Stapleton / Reuters&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Dernièrement, dans une tribunelibre parue dernièrement dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;,le philosophe Dany-Robert Dufour, stigmatise la «&amp;nbsp;simple «&amp;nbsp;économieéconomique&amp;nbsp;», qui engendre le dérèglement des marchés comme des valeursrépublicaines et voit dans les frasques que rapportent la presse sur DominiqueStrauss-Kahn, non pas tant une «&amp;nbsp;anomalie&amp;nbsp;» du système mais bien saconséquence. &lt;span style="color: red;"&gt;«&amp;nbsp;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;Eneffet, après l'impasse du fascisme qui a fait&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-converted-space"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;disparaître&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-converted-space"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;l'individudans les foules fanatisées et après celle du communisme qui a interdit àl'individu de&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-converted-space"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;parler&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-converted-space"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;tout en lecollectivisant, est venue celle de l'ultra et du néolibéralisme qui réduitl'individu à son fonctionnement pulsionnel en le gavant d'objets - n'est-ce pasun symptôme parfait de notre temps que l'économiste en chef de la plus grandeinstitution monétaire internationale, Dominique Strauss-Kahn, ait fait preuved'un sérieux dérèglement pulsionnel jusqu'au point de se&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-converted-space"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;faire&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-converted-space"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;prendre&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-converted-space"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;en flagrantdélit ?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial; font-size: 12pt; line-height: 115%; position: relative; top: 4.5pt;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Cen’est pas tant l’argent lui-même qui est en cause, mais bien plutôt ce que nousen avons fait. Et ce que nous croyons qu’il peut faire&amp;nbsp;! De facilitateurdes échanges, l’argent est devenu un super-accélérateur, au risque de nousfaire croire qu’il pouvait tout résoudre et tout autoriser, y compris ladissolution même de l’individu en simple objet de transaction, marchandisé. Enavoir ou pas&amp;nbsp;? La question n’a alors de sens que par rapport à cetteperversité de la dépense&amp;nbsp;: je ne suis que par ce que je dépense. Et nossociétés, sur médiatisées, qui encensent les réussites personnelles, biensouvent au détriment des destinées collectives, ne sont pas des créations &lt;i&gt;ex-nihilo, &lt;/i&gt;bien plutôt des projets etprogrammes délibérés, défendus par celles et ceux qui, un temps seulement,mettent en scène leur (pseudo) réussite. Mais la chute est d’autant plus rapideque l’ascension est éphémère. L’argent n’y est pas pour grand-chose&amp;nbsp;; lacupidité, la frénésie et la mise en concurrence des individus par eux-mêmes yest pour beaucoup. L’argent n’a pu devenir une arme de pouvoir que parce que nousen avons perverti l’usage. C’est, alors, à reconsidérer la nature mêmed’échanges humains, de l’égalité nécessaire entre les partenaires de ceséchanges, que nous parviendrons à redéfinir l’instrument de nos relations.Tâche urgente à mener, ne serait-ce que pour lutter contre les inégalités etles infortunes de tous les désargentés. Ils sont nombreux&amp;nbsp;!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;hr align="left" size="1" width="33%" /&gt;&lt;div id="ftn1"&gt;&lt;h1 style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-image: initial; background-origin: initial; background-position: initial initial; background-repeat: initial initial; line-height: 23.25pt; margin-bottom: 0cm; margin-left: 0cm; margin-right: 0cm; margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span style="background-color: white; color: red; font-size: xx-small;"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="line-height: 115%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: normal;"&gt;&lt;span style="background-color: white; color: red; font-size: xx-small;"&gt;Le Monde&lt;i&gt;,«&amp;nbsp;&lt;span style="letter-spacing: -0.75pt;"&gt;Une civilisation encrise&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="letter-spacing: -0.75pt;"&gt;&lt;span style="background-color: white; color: red; font-size: xx-small;"&gt;, le29/10/11.&lt;/span&gt;&lt;span style="background-color: white; font-size: small;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt;&lt;div class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-5392098381351112218?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/5392098381351112218/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=5392098381351112218' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5392098381351112218'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5392098381351112218'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/12/largent-nest-rien-les-hommes-le.html' title='L&apos;argent n&apos;est rien, les hommes le pervertissent'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-42iufBT7D0A/Tu371MHHzcI/AAAAAAAAADk/Nqvlba47ETc/s72-c/The+Associated+Press+Occupy+the+streets1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-4436018807430975677</id><published>2011-09-22T23:00:00.000-07:00</published><updated>2011-09-23T00:33:31.591-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lecture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Le projet d'une démocratie plurielle - Chantal Mouffe</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-_2HgiRpo7e8/TnwgZMWXX_I/AAAAAAAAADU/QOKfCKAwWF0/s1600/arton44-e192a.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-_2HgiRpo7e8/TnwgZMWXX_I/AAAAAAAAADU/QOKfCKAwWF0/s1600/arton44-e192a.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;«&amp;nbsp;L’instauration du pluralisme et sa survie doivent êtreanalysées comme le résultat d’une forme d’intervention politique dans un espaceconflictuel, une intervention qui implique le refoulement des solutionsalternatives. Celles-ci peuvent être marginalisées par l’avancée apparemmentirrésistible de la démocratie libérale, mais elles ne disparaîtront jamaiscomplètement&amp;nbsp;; et certaines d’entre elles peuvent être réactivées. Nosvaleurs, nos institutions, nos modes de vie constituent une forme possibleparmi plusieurs autres possibles, et le consensus qui leur correspond ne peutexister sans un &lt;i&gt;extérieur&lt;/i&gt; qui exposecontinuellement à la contestation nos valeurs démocratiques libérales et notreconception de la justice. Pour tous ceux qui les contestent – ceux qui sontdisqualifiés par nos libéraux pour cause d’irrationalité et ne participent doncpas au &lt;i&gt;consensus par recoupement&lt;/i&gt; –,les conditions imposées par&lt;i&gt; le débatrationnel&lt;/i&gt; sont inacceptables parce qu’elles se traduisent par la négationde certains traits caractéristiques de leur identité. Ils pourraient êtrecontraints d’accepter un&lt;i&gt; modus vivendi&lt;/i&gt;mais ce n’est pas celui qui pourrait perdurer dans le cadre d’un consensusstable et durable à celui que Rawls appelle de tous ses vœux. Selon lui, lerégime libéral est un &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt;rendu nécessaire par le fait du pluralisme. Toutefois c’est un &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; qu’il voudrait nous voiraccepter et valoriser pour des raisons morales et non à la suite d’un calcul &lt;i&gt;prudentiel.&lt;/i&gt; Mais que fait-on de ceux quis’opposent à un tel &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt;&amp;nbsp;?De toute évidence il n’y a pas de place pour leurs demandes &amp;nbsp;à l’intérieur d’un &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; libéral, même élargi. Pour eux, le libéralisme est un&lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; qu’ils sont contraintsd’accepter alors même qu’il se traduit par le rejet de leurs valeurs.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Je pense qu’il n’existe pas de solution permettant d’évitercette situation&amp;nbsp;; nous nous devons donc faire face à ses implications. Unprojet de &lt;i&gt;démocratie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;radicale et plurielle&lt;/i&gt; doit se confronterau politique dans sa dimension de conflit et d’antagonisme&amp;nbsp;; il doit tirerles conséquences de la pluralité irréductible des valeurs. Ce constat doit êtrele point de départ de notre tentative de radicaliser le régime démocratiquelibéral et d’étendre la révolution démocratique à un nombre croissant derelations sociales. Au lieu de se dérober à la violence et à l’hostilitéprésente dans toutes les relations sociales, il faut essayer de créer lesconditions dans lesquelles ces forces agressives soient susceptibles d’êtredésamorcées et détournées, de telles sorte qu’un ordre démocratique pluralistepuisse exister.&amp;nbsp;»&lt;a href="http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4608896959649001408#_ftn1" name="_ftnref1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; line-height: 115%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr align="left" size="1" width="33%" /&gt;&lt;div id="ftn1"&gt;&lt;div class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4608896959649001408#_ftnref1" name="_ftn1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ChantalMouffe, &lt;i&gt;Le politique et ses enjeux – Pourune démocratie plurielle&lt;/i&gt;, édition La découverte/M.A.U.S.S., 1994, pp. 168-169.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-4436018807430975677?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/4436018807430975677/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=4436018807430975677' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4436018807430975677'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4436018807430975677'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/09/le-projet-dune-democratie-plurielle.html' title='Le projet d&apos;une démocratie plurielle - Chantal Mouffe'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-_2HgiRpo7e8/TnwgZMWXX_I/AAAAAAAAADU/QOKfCKAwWF0/s72-c/arton44-e192a.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-6790017846503628348</id><published>2011-09-11T00:27:00.000-07:00</published><updated>2011-09-11T00:27:09.104-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Qu'est-ce que l'accélération sociale?</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-MR6DlVu3Zyg/TmxiiceDCHI/AAAAAAAAADQ/JVVA9vz4Bno/s1600/acceleration-vitesse+%25281%2529.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="152" src="http://1.bp.blogspot.com/-MR6DlVu3Zyg/TmxiiceDCHI/AAAAAAAAADQ/JVVA9vz4Bno/s320/acceleration-vitesse+%25281%2529.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;La dynamique et les contraintes temporelles de la viesociale et psychique dans la société industrielle et post-industrielle nepeuvent être déduites des progrès de l’accélération technique, et constituentmême face à ces derniers une contradiction logique. L’augmentation du «&amp;nbsp;rythmede vie&amp;nbsp;», la pénurie de temps de la modernité ne naissent pas &lt;i&gt;à cause de&lt;/i&gt;, mais &lt;i&gt;en dépit&lt;/i&gt; des énormes &lt;i&gt;gains detemps&lt;/i&gt; réalisés par l’accélération dans presque tous les domaines de la viesociale.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;[…] L’accélération du rythme de vie ou la raréfaction dutemps doit être la conséquence d’une &lt;i&gt;augmentationquantitative&lt;/i&gt;, logiquement indépendante des processus d’accélérationtechnique&amp;nbsp;: nous produisons, nous communiquons, nous transportons nonseulement &lt;i&gt;plus vite&lt;/i&gt; mais aussi &lt;i&gt;davantage&lt;/i&gt; que les sociétés précédentes.Car, fondamentalement, on assiste à une réduction progressive des ressources temporelles,&lt;i&gt;soit&lt;/i&gt; s’il faut un temps plus longpour accomplir une tâche donnée, et donc à l’occasion une &lt;i&gt;décélération&lt;/i&gt; technique, &lt;i&gt;soit&lt;/i&gt;si les &lt;i&gt;rythmes de croissance&lt;/i&gt; (de laproduction de biens et de services, du nombre de communications transmises, desdistances parcourues, des tâches à accomplir) dépassent les &lt;i&gt;rythmes d’accélération&lt;/i&gt; des processusconcernés. Ce n’est que dans ce dernier cas de figure que l’accélération techniquecoïncide avec une accélération du rythme de vie. […]&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Nous pouvons donc énoncer l’hypothèse centrale de notreétude de la manière suivante&amp;nbsp;: &lt;i&gt;dansla société moderne, comme «&amp;nbsp;société de l’accélération&amp;nbsp;», se produitune combinaison (aux nombreux présupposés structurels et culturels) des deuxformes d’accélération – accélération technique et augmentation du rythme de viepar la réduction des ressources temporelles – et donc une combinaison decroissance et d’accélération&lt;/i&gt;. Cela implique que le rythme de croissancemoyen (défini comme augmentation de la quantité globale de produits, d’informationstransmises, de communications, de distances parcourues, etc.) dépasse le rythmede l’accélération.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Et on peut constater le fait que les ressources temporellespotentiellement «&amp;nbsp;gagnées&amp;nbsp;» ou libérées, par exemple dans les tâchesménagères – avec l’utilisation de lave-linge ou de lave-vaisselle, de fours àmicro-ondes, d’aspirateurs -, ou bien dans les transports, sont à nouveau compromisespar l’augmentation corrélative de leur utilisation. Des enquêtes réalisées dansles années 1960 et 1970 montrent déjà que le temps passé aux tâches ménagèresa, de manière surprenante, plutôt tendance à augmenter en fonction du nombre d’appareilsménagers possédés. Selon une enquête approfondie réalisée aux Etats-Unis à l’échelledu pays entier en 1975 et portant sur 2406 personnes interrogées, lespropriétaires d’un lave-vaisselle passaient en moyenne une minute et lespropriétaires d’une machine à laver le linge quatre minutes &lt;i&gt;de plus&lt;/i&gt; par jour au ménage que lesfoyers qui ne possédaient pas ces appareils, tandis que l’aspirateur ne faisaitqu’économiser qu’une minute. Même l’apparition du four à micro-ondes n’a pasentraîné une diminution significative du temps passé à la préparation desrepas. C’est ainsi que J. Robinson et G. Godbey concluent, en accord avec monhypothèse&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ce qui s’est sans doute produits avec d’autrestechnologies a lieu maintenant avec le four à micro-ondes&amp;nbsp;: des gains detemps potentiels sont convertis en augmentation du nombre de réalisations ou enamélioration de la qualité.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;On peut constater, de la même façon, les effets de l’automobilesur les ressources temporelles&amp;nbsp;: posséder une voiture ne modifie pas letemps de transport, en touts cas, cela ne le diminue pas. Au contraire, le gainde temps réalisé (grâce à l’accélération) est converti en voyages plus nombreuxou vers des destinations plus lointaines, si bien qu’il semble que le tempsfixé pour les transports dans le budget-temps ne change pas avec la vitesse dedéplacement.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: right;"&gt;Hartmut Rosa, &lt;i&gt;Accélération– Une critique sociale du temps&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: right;"&gt;Traduction de Didier Renault,&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: right;"&gt;édition La Découverte,coll. &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Théorie critique&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt;2010,&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: right;"&gt;pp. 90-92.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-6790017846503628348?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/6790017846503628348/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=6790017846503628348' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6790017846503628348'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6790017846503628348'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/09/quest-ce-que-lacceleration-sociale.html' title='Qu&apos;est-ce que l&apos;accélération sociale?'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-MR6DlVu3Zyg/TmxiiceDCHI/AAAAAAAAADQ/JVVA9vz4Bno/s72-c/acceleration-vitesse+%25281%2529.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-2700759687908098589</id><published>2011-08-16T23:40:00.000-07:00</published><updated>2011-08-16T23:40:05.686-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><title type='text'>Par quelle opération intellectuelle se fait, en philosophie, le choix?</title><content type='html'>Lettre de Jean Genet à Jacques Derrida,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Courier New', Courier, monospace;"&gt;"Quand vous avez quitté l'appartement de Paule, la dernière fois qu'on s'y est vu, j'avais encore beaucoup de choses à vous dire, surtout à vous demander. [...] J'aurais aimé [...] que vous me disiez si c'est par la réflexion, sagement conduite, qu'on en vient, en philosophie, à "&lt;i&gt;choisir&lt;/i&gt;" le déterminisme - ou son contraire. Par quelle opération intellectuelle fait-on ce choix? Est-ce qu'il vient tout naturellement, d'après un acte de foi? Comme un coup de dés qu'on justifierait après qu'il a eu lieu? Pourquoi suis-je communiste? Par un tempérament généreux rationalisé après coup? Ou nationaliste, pourquoi, et comment? Est-ce que l'irrationnel - l'aléatoire - n'est pas au début de chaque engagement philosophique? Je vois bien, ou je crois voir, de quelle façon on justifie un choix, mais je ne sais pas comment se fait le choix. Il me semble qu'on penche d'abord naturellement vers lui et qu'ensuite on en trouve les raisons. [...] C'est un petit que vous et vos plus jeunes élèves avez résolu, c'est sûr, moi je n'y arrive pas. Un jour, vous m'en parlerez."&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Courier New', Courier, monospace;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times, 'Times New Roman', serif;"&gt;Citée dans &lt;i&gt;Derrida&lt;/i&gt;, de Benoît Peeters, éd. Flammarion, coll. "&lt;i&gt;Grandes Biographies"&lt;/i&gt;, pp.199-200&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-2700759687908098589?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/2700759687908098589/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=2700759687908098589' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/2700759687908098589'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/2700759687908098589'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/08/par-quelle-operation-intellectuelle-se.html' title='Par quelle opération intellectuelle se fait, en philosophie, le choix?'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-1801941754265263891</id><published>2011-08-16T08:30:00.000-07:00</published><updated>2011-08-16T08:34:43.891-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lecture'/><title type='text'>Les Raisins de la Colère ou le Chemin de croix des opprimés.</title><content type='html'>&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Le déluge, la sécheresse, la terre fatiguée ne sont rien par rapport à ce qu’endurent les «&amp;nbsp;Okies&amp;nbsp;» que l’ordre capitaliste et industriel humilie.&amp;nbsp; Mais la foi, désertée ou qui abandonne les uns et les autres, est bien pire encore&amp;nbsp;! Et comment ce pire ne pourrait-il pas nous damner davantage? &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;C’est bien ce que Man redoute, et sa prévenance à l’égard de Tom (inquiète de le voir partir, de le savoir se confronter aux autres, d’autant plus que sa libération conditionnelle ne lui donne guère de marges de manœuvre et qu’il n’est pas plus que quiconque dans la possibilité de choisir et d’assumer ses choix, tant que ne se révèle pas à lui l’image de Casy et le sens&amp;nbsp; même de sa mission&amp;nbsp;; mais sa prévenance aussi vis-à-vis de Rose, pleine des rêves romantiques de la jeunesse, de l’idéal familial à jamais, dorénavant depuis la fuite de Connie, perdu, et qui doit se confronter à la crainte de l’enfantement mort-né) le révèle. &lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-_nk3DMwZPz0/TkqLXevui8I/AAAAAAAAADE/0w9FTfqX3KI/s1600/dorothea+lange+3.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="254" src="http://1.bp.blogspot.com/-_nk3DMwZPz0/TkqLXevui8I/AAAAAAAAADE/0w9FTfqX3KI/s320/dorothea+lange+3.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;A cet égard, le départ de Noah, le décès du grand-père et de la grand-mère sont des non-événements. Certes, la famille est durement éprouvée et la perte des uns et des autres marque l’étiolement de ce qui faisait le lien, l’unité familiale. Mais en même temps, tout est arrivé, à leur sujet, en temps et en heure. Cela devait être et qu’il ne survienne pas n’aurait pas été naturellement possible. Si le respect dû aux morts est un devoir et l’exigence de ne pas les laisser comme indigents, une confirmation que la lignée Joad se perpétue, le départ de Noah reste un impensé, un immense refoulé de cette histoire… &amp;nbsp;N’y pense-t-on pas puisque lui seul est encore capable d’un choix que tous les autres ne veulent ni ne peuvent faire, s’éloignant de la rivière, autant que lui s’y accroche et enracine&amp;nbsp;? Si personne ne le retient, il n’y a point de haine (au contraire de Connie, dont le départ manifeste, pour ceux qui restent, l’évidente veulerie), il n’y a que silence et peut-être même bien respect. Certes, on compte celles et ceux qui sont restés sur le bord de la route, mais là, la nature a fait son œuvre, l’ordre des choses s’est réalisé et il n’y a rien qu’on ne puisse en dire.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Mais cet ordre des choses, ce déterminisme incontestable et incontesté, s’amenuise et se fragilise à mesure que l’homme, poursuivant d’autres intérêts et d’autres valeurs que ceux de sa propre humanité, exploite le monde de l’homme comme le moyen de sa puissance et de sa domination, notamment économique. Qui et où sont les nôtres&amp;nbsp;? &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Le camp de &lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: #fcfdff; background-image: initial; background-origin: initial; color: black;"&gt;Weedpatch n’est que trop providentiel pour que l’installation ne soit pas provisoire. Les tensions, dans ce havre de paix, ne viennent pas seulement de ces prophéties apocalyptiques de cette Adoratrice de Jésus, de l’absence de travail ou de la précarité laborieuse, des shérifs qui, postés à l’entrée du camp, attendent la moindre occasion d’intervenir parce qu’il y a du grabuge lors du bal… La fatigue et la faim sont bien plus fortes et tout le confort ici rencontré désarme d’autant plus le migrant qu’il se sait sur le départ, dans sa migration éternelle, celle des routes comme celle qu’il éprouve dans son corps meurtri et sans force. Ce confort, tout autant que la luxuriance et la fécondité des ces étendues arborées de Californie, n’assurent pas la sécurité du séjour et renforcent l’épreuve de &lt;i&gt;la vie nue&lt;/i&gt;. Les enfers ne sont pas ailleurs que sur terre. C’est bien ici, d’ici, que l’homme se damne lui-même. En cela, il y a quelque chose &lt;a href="http://pigiconi.blogspot.com/2011/01/la-generosite-du-vicaire-savoyard.html"&gt;de profondément rousseauiste&amp;nbsp;&lt;/a&gt;: aux fanatismes des Adorateurs de Jésus ou de la nouvelle idole capitaliste et bancaire, subsiste, même fragile et ténue, cette conviction de l’harmonie absolue entre l’homme et le monde, cet homme auteur de tous les tourments des hommes, comme aussi de la générosité qui estime l'autre.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: #fcfdff; background-image: initial; background-origin: initial; color: black;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: #fcfdff; background-image: initial; background-origin: initial; color: black;"&gt;Aussi, le divorce d’avec la foi instituée n’est pas seulement le mouvement inaugural de la nouvelle ère de l’homme sans Dieu. Il est ce qui, en l’homme, le rend divin, en l’absence de toute transcendance dont il ne sait plus que faire et que l’existence matérielle rend impossible. En ce sens, le désenchantement du monde, déserté ou abandonné par la foi, réifie la divinité de/en l’homme.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Le personnage de Casy, pasteur, est ainsi une figure christique. Ses multiples références à la traversée du désert, ses interrogations et ses doutes, sa mise à mort et, à cette occasion, ses dernières paroles qui résonnent comme un «&amp;nbsp;Seigneur, pardonne-leur&amp;nbsp;! Ils ne savent pas ce qu’ils font&amp;nbsp;», incarnent ce chemin de croix. Grand taiseux, intimidé lorsqu’il s’agit de se lancer dans une bénédiction, c’est un personnage à la fois de la crise mystique et de la révélation christique. Certainement pas de la résilience&lt;a href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/textes%20divers/Les%20Raisins%20de%20la%20Col%C3%A8re%20ou%20le%20Chemin%20de%20crois%20des%20opprim%C3%A9s.docx#_ftn1" name="_ftnref1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 11pt; line-height: 115%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; qui, pas plus qu’individuelle, ne sera communautaire. Sa mort, son assassinat, n’ouvre pas à la rédemption. Elle manifeste plus ce qui, dans cette &lt;i&gt;Grande Transformation&lt;/i&gt;, pour reprendre Polanyi, est forclos (et doit le rester) dès lors que le principe (devenu impératif et véritable impensé de la société mercantile) de l’auto-régulation du marché concerne d’abord et surtout le travail des hommes/femmes, leurs activités comme eux-mêmes devenant marchandises. « Permettre au mécanisme du marché d'être l'unique directeur du sort des êtres humains et de leur environnement naturel aurait pour résultat la démolition de la société ». La mort de Casy est bien ce genre de démolition. Ce qui ne veut pas dire que la critique sociale n’est plus de mise, ou qu’elle ne serait pas pertinente… Cela signifie surtout combien la demande d’émancipation (comme celle de justice, etc.) peut devenir, au gré du système et des ses agents, inaudible s’il s’agit seulement d’opposer, termes à termes, un système contre un autre. Inventer une telle symétrie dans la contestation même c’est renoncer à ouvrir le champ des possibles de la lutte&amp;nbsp;: elle pourrait même créer de nouvelles sources d’exclusion. Vouée à l’échec, irrémédiablement, la révolte idéalisée, la révolte comme programme de reconstruction, romancée comme lutte, n’est pas de ces mouvements qui peuvent suffisamment marquer le monde de leur empreinte. il y aura toujours suffisamment de forces et d’ordre établi pour la disqualifier.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Pas plus que Man, je ne crois donc dans le destin «&amp;nbsp;politique&amp;nbsp;» de Tom. Il ne s’y trompe pas. Il a certes été «&amp;nbsp;touché&amp;nbsp;» par la révélation de Casy et s’il veut s’y consacrer, s’il veut œuvrer à ce retournement du monde opéré par l’homme, redevenu humain (à savoir sans l’épreuve de la faim et de la fatigue), il s’y perdra tout autant…mais sans en perdre pour autant son âme, ou l’âme du monde. Cela redonne vie comme un sourire maternel/maternant, mais ne (re)construit pas de vie, car les luttes perdureront autant que l’épreuve de la faim. &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;«&amp;nbsp;Lentement, elle [Rose de Saron] gagna le coin de la grange et se tint plantée devant l’étranger, considérant la face ravagée, les grands yeux angoissés. Et lentement elle s’étandit près de lui. il secoua faiblement la tête. Rose de Saron écarta un coin du châle, découvrant un sein.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoListParagraph" style="mso-list: l0 level1 lfo1; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: normal normal normal 7pt/normal 'Times New Roman';"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;- &amp;nbsp;&lt;/span&gt;Si, il le faut, dit-elle.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;Elle se pressa contre lui et attira sa tête vers elle.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoListParagraph" style="mso-list: l0 level1 lfo1; text-indent: -18.0pt;"&gt;-&lt;span style="font: normal normal normal 7pt/normal 'Times New Roman';"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; - &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Là&amp;nbsp;! Là.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;Sa main glissa derrière la tête et le soutint. Ses doigts caressaient doucement les cheveux de l’homme. Elle leva les yeux, puis les baissa et regarda autour d’elle, dans l’ombre de la grange. Alors ses lèvres se rejoignirent dans un mystérieux sourire.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;hr align="left" size="1" width="33%" /&gt;&lt;div id="ftn1"&gt;&lt;div style="line-height: 18.0pt;"&gt;&lt;a href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/textes%20divers/Les%20Raisins%20de%20la%20Col%C3%A8re%20ou%20le%20Chemin%20de%20crois%20des%20opprim%C3%A9s.docx#_ftnref1" name="_ftn1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 8pt;"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 8pt; line-height: 115%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 8pt;"&gt; Dans un article paru dans &lt;i&gt;&lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2003/08/TISSERON/10348"&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Serge Tisseron, psychanlayste, développe une critique de la résilience, et notamment&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;span style="background-attachment: initial; background-clip: initial; background-color: white; background-image: initial; background-origin: initial; color: black;"&gt;La «&amp;nbsp;résilience&amp;nbsp;» est inséparable de la conception d’un «&amp;nbsp;Moi autonome&amp;nbsp;» développée par la psychologie américaine, et qui n’est autre qu’une instance favorisant la réussite des «&amp;nbsp;plus aptes&amp;nbsp;». La «&amp;nbsp;résilience&amp;nbsp;» est de ce point de vue un concept qui évoque plus la «&amp;nbsp;lutte pour la vie&amp;nbsp;» chère à Darwin que la distinction morale. Et c’est bien là que la confusion menace.Car, derrière ce mot, le mythe de la Rédemption n’est pas loin, le «&amp;nbsp;résilient&amp;nbsp;» étant censé avoir dépassé la part sombre de ses souffrances pour n’en garder que la part glorieuse et lumineuse. On entend de plus en plus de gens parler de leur «&amp;nbsp;résilience&amp;nbsp;» comme si c’était une qualité à porter à leur crédit, voire quelque chose qui pourrait nourrir l’estime d’eux-mêmes. Mais, à les écouter, on se prendrait parfois volontiers à plaindre leur entourage... J’ai connu quelqu’un qui avait grandi dans une famille où existait un secret grave. Il en avait d’abord beaucoup souffert, mais avait finalement réussi une promotion fort rapide. Il se disait fier d’être capable de dissimuler avec beaucoup d’habileté le fonctionnement réel de son entreprise aux syndicats, et d’arriver, pour cette raison, à manipuler efficacement ses «&amp;nbsp;employés&amp;nbsp;» - qui étaient symboliquement ses enfants. Cet homme, avec la découverte du mot résilience, avait appris à décrire son parcours d’une manière qui le gratifiait. Réchappé du camp des humiliés et des perdants, où il avait failli basculer, il ne s’était pas laissé «&amp;nbsp;écraser&amp;nbsp;» par ses traumatismes d’enfant, il avait sécrété sa perle. Soit. Mais nous sommes ici du côté de valeurs qui n’ont rien à voir avec la psychologie et tout avec l’adaptation sociale qui fait, aux Etats-Unis, de la réussite l’équivalent de la vertu.&amp;nbsp;» &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1801941754265263891?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1801941754265263891/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1801941754265263891' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1801941754265263891'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1801941754265263891'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/08/les-raisins-de-la-colere-ou-le-chemin.html' title='Les Raisins de la Colère ou le Chemin de croix des opprimés.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-_nk3DMwZPz0/TkqLXevui8I/AAAAAAAAADE/0w9FTfqX3KI/s72-c/dorothea+lange+3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-3896415730340348998</id><published>2011-07-21T03:34:00.000-07:00</published><updated>2011-07-22T00:28:07.557-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><title type='text'>"Le dernier Genet" de Hadrien Laroche</title><content type='html'>&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-8yXQbWXW3MY/TigAZ0D5m_I/AAAAAAAAADA/kYD9qTyQY3A/s1600/hadrien+laroche.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://2.bp.blogspot.com/-8yXQbWXW3MY/TigAZ0D5m_I/AAAAAAAAADA/kYD9qTyQY3A/s320/hadrien+laroche.jpg" width="192" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Me revient, en lisant &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Le Dernier Genet&lt;/i&gt; de Hadrien Laroche, &amp;nbsp;la vive impression qui m’avait envahi quand je me plongeais dans &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Le Captif amoureux&lt;/i&gt;. La lecture est ancienne, mais parcourir Laroche la rend encore plus actuelle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;A l’époque, j’avais bien saisi combien ce captif était un chant poétique. Il est aussi une danse et tout le rituel de cette danse, dans la manière d’apprêter le corps, ici la chevelure ou la barbe que l’on rase (palestiniens) ou que l’on étire (Black Panthers). Mais ce chant est celui de la parole du &lt;i&gt;colonisé&lt;/i&gt;, à tout point de vue&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftn1" name="_ftnref1" style="mso-footnote-id: ftn1;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 115%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, qui clame son émancipation. Chant poétique, c’est un chant de combat et de justice à édifier.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;C’est un chant des hommes infâmes, qu’initie Foucault, mais que poursuit Genet. « Non plus parler au nom de ceux qui ne vous ont rien demandé, mais &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;réclamer justice du fond des choses injustes&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftn2" name="_ftnref2" style="mso-footnote-id: ftn2;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 115%;"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;A cela correspond aussi une exigence radicale de Genet. Alors que par inadvertance, acte manqué ou décision réfléchie, il est sollicité pour signer le manifeste des 121, contre la guerre d’Algérie et appelant à la désertion, il se positionne radicalement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je ne veux pas être un intellectuel&amp;nbsp;». Pour autant qu’ il ne s’agit pas d’une démission et d’un abandon des questions politiques que posent l’infamie de la domination, Laroche montre ce qui relève, au contraire, &lt;u&gt;&lt;b&gt;d’un détournement subversif de l’engagement qui cherche à atteindre ce qui est le fond même de toute politique, la langue&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’activité du poète a pour matrice la langue, quand l’intellectuel, lui, s’engage à travers la langue mais ne la travaille pas. L’homme infâme, celui qui est mis/se met en dehors de l’usage institué et positif de la langue, travaille cette langue jusqu’à lui redonner un souffle que la positivité de son institution et de son usage lui a fait perdre. Il y pointe les potentialités révolutionnaires, quitte à parodier le discours et la rhétorique officiels, quand l’intellectuel ne ressasse que les circonstances révoltantes. Par là, l’homme infâme met à l’ouvrage sa langue, la redynamise tout en la dynamitant, quand l’intellectuel énumère les dégâts collatéraux des usages linguistiques. Cette mise à l’ouvrage, qui n’est pas le seul fait du poète, se manifeste par la demande insistante du procès, lieu de la publicité de la langue. Lieu, parce qu’il s’y produit l’image que le combattant/l’homme infâme/ diffamé/venu de nulle part et pourtant qui est d'ici, de partout veut donner de son combat et de sa revendication. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 35.4pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;La volonté d’image ne se sépare pas de la volonté du procès&lt;/i&gt;. A propos d’Angela Davis, il se demande en mai 1970&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;il est difficile de se prononcer sur ce point précis&amp;nbsp;: à quel moment (s’il y en a un), en quelle circonstance (s’il y en a une), une femme ou un homme comprennent-ils qu’au lieu de parler pour ne rien dire ils viennent de naître pour dire la vérité&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Cette interrogation est liée à la nécessité de l’écriture, de la révolte, c’est-à-dire de l’invention de l’héritage, indémêlable de la volonté de procès. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Ni moral ni esthétique, le regard qu’il porte sur les actions violentes est politique.&lt;/i&gt; La volonté de procès appelle les distinctions faites par lui entre actes pleins et gestes creux, public et peuple, spectateur et témoin. Elle est étrangère à une certaine idée humaniste de l’homme. Elle comprend la violence, mais ne vise pas la mort.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 35.4pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;L’image, acceptable ou pas, ne doit pas cacher l’intolérable, l’infamie et le malheur qui la suscite. mais la violence, parfois la seule manière d’obtenir le procès, est en même temps l’impossibilité d’en choisir les termes. L’exemplarité de cette méthode est d’être à la fois &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;acte&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;violent, geste théâtral et signe politique&lt;/i&gt;. Par l’image et la violence, inacceptable ou pas,&amp;nbsp;les mouvements manifestent la volonté d’&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;un autre procès&lt;/i&gt;. Au cours de sa critique de la violence, animé par le souci des oubliés, Genet ne peut passer sous silence la méthode par laquelle des hommes inaperçus sont devenus visibles au monde. La violence des stars est le détournement du procès de l’époque par les déshérités&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;. La volonté de procès est la présentation au monde de ce dont on ne se sépare pas&amp;nbsp;: village, langue, enfance&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftn3" name="_ftnref3" style="mso-footnote-id: ftn3;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 115%;"&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Cette politique de la langue, ce substrat politique de la langue, est, en somme, de l’aveu même de ses protagonistes et de l’écrivain, une guerre menée contre la police de la langue.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;La guerre des langues n’est pas le dernier mot de la querelle de la paix, mais son fond&amp;nbsp;: ainsi elle produit un effondrement du vocabulaire. Les fables, l’histoire et la langue reposent aujourd’hui dans la même main&amp;nbsp;: point de suture entre le monde et l’écrivain, où se rejoignent finalement les règles du monde grammatical et la loi du monde extérieur&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;En d’autres temps j’aurais reculé devant des mots comme héros, martyrs, lutte, révolution, résistance, courage, d’autres encore. J’ai probablement reculé devant les mots patrie et fraternité qui me causent le même dégoût. Mais les Palestiniens sont certainement à l’origine d’un effondrement de mon vocabulaire. En l’acceptant, je cours au plus pressé mais je sais que derrière de tels mots il n’y a rien et peu de substance sous les autres.&amp;nbsp;»&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’écrivain aussi est donc le sujet d’un effondrement. Entre les deux moments de cette explication avec soi et la langue intervient une transformation. La première fois qu’il introduit la question de l’effondrement, Genet dit vouloir revenir sur un choix. Lorsqu’il y revient, il parle d’une amitié à l’origine de cet effondrement. Autrement dit, l’effondrement est la conséquence d’une rencontre. L’écrivain n’est pas seul avec la langue.&amp;nbsp;»&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftn4" name="_ftnref4" style="mso-footnote-id: ftn4;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 115%;"&gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Mais aussi, cet autre passage&amp;nbsp;:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;L’attaque contre le verbe, autrement dit la guerre contre un certain héritage logé dans la langue, voilà le fond de cette aventure de l’écrivain. Elle est la marque d’un effondrement, elle emporte la vérité dans un sans fond et sans fondement qui n’est pas celui du faux, de la bêtise ou de la confusion. Les énoncés de Genet relativement à la langue, à la langue des maîtres, à la maîtrise comme imposition de la langue – assigner au mot un sens moral ou une charge d’infamie – ont une part de vérité, sans doute, mais laquelle et jusqu’où&amp;nbsp;? La logique de cet aveuglement est plutôt celui d’une aveuglante lucidité, de la folie ou de la gravité qui doivent dire quelque chose de notre temps, de nos guerres, voire de nos guerres de Religion.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’écrivain qui se reconnaît dans la fable de la race, celui qui éprouve le mythe de l’origine, semble cet héritier qui ne refuse pas l’héritage, aussi impudique en fût l’origine, né de la plus évidente imposture&amp;nbsp;: l’utilisation de la fable par le pouvoir, le moralisme en politique. &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Il prend sur lui l’héritage, dans la langue, de tout pouvoir, de toute religion, de toute infamie.&lt;/i&gt; Même s’il s’autorise d’une amitié, cet héritage fait de l’écrivain le dernier, au sens du pire.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Fable religieuse et mythe de la race se nouent chez Genet comme le souci de l’origine. Le verbe est la pierre à laquelle il se cogne et la mer où il se noie. Question de langue, question de l’origine, en un , voilà ce que l’écrivain découvre Dans la langue, l’intuition que par la langue l’origine est trouée, il éprouve un malheur plus grand que lui, historique. Ce malheur est politique parce que les questions qu’il emporte sont au fondement de toutes les nations, de toutes les sociétés, de tous les hommes.&amp;nbsp;»&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftn5" name="_ftnref5" style="mso-footnote-id: ftn5;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; line-height: 115%;"&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Ce substrat politique de la langue est tout à la fois celle du pouvoir et de la domination que celle de l’émancipation et de la décolonisation de l’esprit de l’ insurgé.... Mais c'est aussi celle de l'impossibilité!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="mso-element: footnote-list;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Beau texte de philosophie et de littérature, même si, parfois, l'écriture se fait subtile. On sent la touche derridienne et quand l'humanisme du dernier Genet, on se retrouve dans cette politique de l'amitié, chère à Derrida. De fait, il y a quelque chose de vivifiant dans cette approche déconstructive et décolonisatrice de la langue. Mais on y verra aussi, comme je le pressentais dans ma première lecture de Genet, que &lt;b&gt;poésie fait politique&lt;/b&gt;. Et je me retrouve plongé dans l'univers dramatique de Chatilla. Laroche a ce grand mérite: celui de systématiser le geste poétique.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr align="left" size="1" width="33%" /&gt;&lt;div id="ftn1" style="mso-element: footnote;"&gt;&lt;div class="MsoFootnoteText" style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftnref1" name="_ftn1" style="mso-footnote-id: ftn1;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Par hasard, ma bibliothèque estivale m’a fait emmener les portraits de Memmi.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn2" style="mso-element: footnote;"&gt;&lt;div class="MsoFootnoteText" style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftnref2" name="_ftn2" style="mso-footnote-id: ftn2;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; p.150&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn3" style="mso-element: footnote;"&gt;&lt;div class="MsoFootnoteText" style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftnref3" name="_ftn3" style="mso-footnote-id: ftn3;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; p.177&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn4" style="mso-element: footnote;"&gt;&lt;div class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftnref4" name="_ftn4" style="mso-footnote-id: ftn4;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; p.300, Citation du &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Captif amoureux&lt;/i&gt;, p.128 et 367&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn5" style="mso-element: footnote;"&gt;&lt;div class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=4608896959649001408#_ftnref5" name="_ftn5" style="mso-footnote-id: ftn5;" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri, sans-serif; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; pp.311-312.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-3896415730340348998?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/3896415730340348998/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=3896415730340348998' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/3896415730340348998'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/3896415730340348998'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/07/le-dernier-genet-de-hadrien-laroche.html' title='&quot;Le dernier Genet&quot; de Hadrien Laroche'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-8yXQbWXW3MY/TigAZ0D5m_I/AAAAAAAAADA/kYD9qTyQY3A/s72-c/hadrien+laroche.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-5963780614322229565</id><published>2011-07-02T00:59:00.000-07:00</published><updated>2011-07-02T01:00:18.450-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>La révolte: évènement du refus politique irréductible... Walter Benjamin, une illustration</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-pY_WdIZb8iY/Tg7PIU4PFAI/AAAAAAAAAC8/hm6k0V93ZfE/s1600/walter+benjamin.gif" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://1.bp.blogspot.com/-pY_WdIZb8iY/Tg7PIU4PFAI/AAAAAAAAAC8/hm6k0V93ZfE/s320/walter+benjamin.gif" width="213" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;Dans la rubrique «&amp;nbsp;prise de position&amp;nbsp;», cette belle et forte lettre de Walter Benjamin, de mars 1915, adressée à Gustav Wyneken qui, auparavant, lors d’une conférence, avait exhorté la jeunesse allemande à n’être plus cette jeunesse bourgeoise, choyée par les pédagogues, mais à devenir protagoniste de la guerre en cours et un véritable moteur de l’histoire du XXe siècle.&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: 'Courier New', Courier, monospace; text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;Cher Monsieur Wyneken,&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: 'Courier New', Courier, monospace; text-align: justify;"&gt;Je vous prie de recevoir les lignes qui suivent par où je me détache de vous totalement et sans réserves comme la dernière preuve de ma fidélité et seulement comme telle. Fidélité – parce qu’il me serait impossible de ne rien dire à l’homme qui a écrit ces pages sur la guerre et la jeunesse et parce que néanmoins je veux vous parler, vous à qui jamais encore, je le sais, je n’ai pu dire en toute franchise que vous m’avez le premier introduit à la vie de l’esprit. […] La theoria est en vous frappée de cécité, vous avez commis la redoutable, monstrueuse trahison, vous avez trahi les femmes qui aiment vos élèves. C’est à l’Etat, à l’Etat qui vous a tout pris que finalement vous avez sacrifié la jeunesse. Mais la jeunesse n’appartient qu’aux voyants qui l’aiment et qui en elle aiment par-dessus tout l’idée. La jeunesse a échappé à vos mains trompeuses et sans avoir de nom elle continuera de souffrir. Je vous arrache le legs de vivre avec elle.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;Il y a la dette intellectuelle («&amp;nbsp; vous à qui jamais encore&amp;nbsp;») et la reconnaissance de ce qui est dû.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;Mais il y a aussi cet arrachement qui commence par un détachement à l’autre et se poursuit, sublimement (l’ultime preuve de fidélité qui n’est en rien larmoyante), par une extraction , à la fois folle, démesurée (le «&amp;nbsp;je vous arrache le legs de vivre avec elle&amp;nbsp;», où le «&amp;nbsp;je&amp;nbsp;» est le «&amp;nbsp;elle&amp;nbsp;», le «&amp;nbsp;je&amp;nbsp;» parle au nom de ce «&amp;nbsp;elle&amp;nbsp;», masse indéfinie, mais incarnée), et absolue, exclusive parce que pensée («&amp;nbsp;&lt;i&gt;La theoria&lt;/i&gt; est en vous frappée de cécité, vous avez commis la redoutable, monstrueuse trahison&amp;nbsp;»). Cette pensée («&amp;nbsp;&lt;i&gt;l’idée&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;) qui perce les ténèbres de la cécité (celle de la posture emblématique), qui rend visible, perceptible parce que pensable ce qui, dans le flux de l’histoire et du fait même de l’urgence de l’action, ne se devrait pas penser, ce qui ne se peut penser. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-5963780614322229565?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/5963780614322229565/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=5963780614322229565' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5963780614322229565'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5963780614322229565'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/07/la-revolte-evenement-du-refus-politique.html' title='La révolte: évènement du refus politique irréductible... Walter Benjamin, une illustration'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-pY_WdIZb8iY/Tg7PIU4PFAI/AAAAAAAAAC8/hm6k0V93ZfE/s72-c/walter+benjamin.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-3000097464207390053</id><published>2011-06-12T01:59:00.000-07:00</published><updated>2011-06-12T01:59:56.281-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>La révolte: évènement du refus politique irréductible... bien plus que l'indignation</title><content type='html'>&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;L’Être-révoltant (II)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;«&amp;nbsp;L’objectif principal du pouvoir qui gouverne l’économie-monde, et qui est aussi la cause du régime de guerre actuel, est la tentative – je le dis simplement et synthétiquement car il s’agit d’un destin que nous avons sous les yeux – d’instituer à l’échelle globale la domination de l’&lt;i&gt;homo democraticus&lt;/i&gt; comme modèle absolu de l’homme juste en tant que tel. Dans la révolte, on a affaire à un mouvement qui esquive toute énonciation et toute revendication, tout en posant, sans aucune médiation linguistique, le problème de la situation catastrophique où la vie est généralement jetée&amp;nbsp;: la simple volonté de vivre. La révolte naît sans raison précise et sans objectif spécifique&amp;nbsp;; elle recueille en elle l’insubordination d’une existence enchaînée à l’inéluctable. Voilà pourquoi elle est un geste dans lequel s’exprime une hétérogenèse des fins. Pour être plus clair, elle réitère l’une des qualités indéchiffrables que Stefan Zweig attribue au jeu d’échecs (Le Joueur d’échecs)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Un art qui ne laisse pas d’œuvre.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» La vocation de la révolte se matérialise dans la dispersion de l’œuvre et dans l’absence d’un objectif spécifique&amp;nbsp;: elle ne supprime pas le monde&amp;nbsp;; elle tourmente l’évidence de la réalité telle qu’elle apparaît par une exubérance événementielle. La nature de la révolte – son désordre intentionnel et son imprévisibilité congénitale – en fait une menace pour l’&lt;i&gt;ordre&lt;/i&gt; en ce qu’elle est un phénomène qui habite l’absence&amp;nbsp;; elle est l’invocation d’un ailleurs capable de détruire ce monde afin d’en faire un lieu à vivre. Elle est le spectre politique de l’infraction de l’être. Comme tous les fantômes, elle incarne une obsession plus que présente dans le présent&amp;nbsp;: elle demeure invisible jusqu’à l’instant qui précède celui de son explosion. La révolte est un fantôme parce qu’elle évoque une forme de la politique radicale et invisible – une politique &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; l’existence – située au-delà de toute politique fondée sur la médiation juridique. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-BLrL9mI9SZU/TfR_4dbN2vI/AAAAAAAAACY/SUfr_lXZ8lU/s1600/Les-r%25C3%25A9voltes-arabes-pourraient-r%25C3%25A9ussir-%25C3%25A0-condition-que...-250x150.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-BLrL9mI9SZU/TfR_4dbN2vI/AAAAAAAAACY/SUfr_lXZ8lU/s1600/Les-r%25C3%25A9voltes-arabes-pourraient-r%25C3%25A9ussir-%25C3%25A0-condition-que...-250x150.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;&lt;i&gt;La révolte est un événement politique. Même si une politique de l’événement, c’est-à-dire une politique à la hauteur de son événement, échappe à sa décision. &lt;/i&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;Les révoltes urbaines françaises sont biopolitiques parce qu’elles mettent en cause la relation politique entre les revendications singulières et leur dimension consciente, collective, souveraine. Si elles critiquent tout ce qui existe, ce n’est pas dans le but de quelque revendication particulière. Le pressentiment qui s’y fait jour – au-delà de tout signe et de tout énoncé linguistique – concerne la situation d’un monde en tant qu’intolérable ( l’intolérable, pour ceux qui vivent au ban, n’est pas une figure métaphysique qui se traduirait dans une opinion sur le monde, mais une réalité terriblement concrète). Dans cette hypothèse, la réaction furieuse du bio-pouvoir global contre ces mouvements inconcevables et sauvages devient compréhensible&amp;nbsp;: la peur qu’ils éveillent en lui est due à ce qu’il y a en eux de laconique. Le pouvoir a probablement compris que – comme on ne peut pas la représenter symboliquement – la condition révoltante est le présupposé d’une explosion immodérée &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; monde. Lorsqu’on en a fini avec l’idée d’une transformation de sa propre condition, se révolter sans rien demander signifie tout vouloir, &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt;, c’est-à-dire aspirer à la création d’un monde où &lt;i&gt;résister&lt;/i&gt;. L’événement révoltant consiste alors en un refus politique irréductible à ce qui se passe ici et maintenant. Soit tout le contraire de ce que pensent ceux qui font de la revendication consciente, de l’organisation et de la prise de responsabilité, des préalables à toute activité politique.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;L’insurrection de la banlieue française permet d’ajouter une précision philosophique au discours d’ordre général&amp;nbsp;: la révolte n’est un événement effectif que si son déploiement est tel qu’aucun mobile hétérodoxe n’existe en elle. Sitôt qu’il est possible d’invoquer une &lt;i&gt;raison&lt;/i&gt; susceptible d’en expliquer la cause originaire, on voit aussitôt s’évanouir la &lt;i&gt;chance &lt;/i&gt;d’un événement politique de révolte.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"&gt;Pierandrea Amato, &lt;i&gt;La Révolte&lt;/i&gt;, édition Lignes, 2011, pp.62-64&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-3000097464207390053?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/3000097464207390053/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=3000097464207390053' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/3000097464207390053'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/3000097464207390053'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/06/la-revolte-evenement-du-refus-politique.html' title='La révolte: évènement du refus politique irréductible... bien plus que l&apos;indignation'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-BLrL9mI9SZU/TfR_4dbN2vI/AAAAAAAAACY/SUfr_lXZ8lU/s72-c/Les-r%25C3%25A9voltes-arabes-pourraient-r%25C3%25A9ussir-%25C3%25A0-condition-que...-250x150.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-4939915011737056483</id><published>2011-06-11T00:44:00.000-07:00</published><updated>2011-06-12T01:03:03.669-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>L'être-Révoltant</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-nmpqLesy7GA/TfMcVDC2eFI/AAAAAAAAACM/tEmNJBMK5Gk/s1600/pierandrea+amato.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/-nmpqLesy7GA/TfMcVDC2eFI/AAAAAAAAACM/tEmNJBMK5Gk/s320/pierandrea+amato.jpg" width="191" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;"L’être-révoltant est l’expression d’une passion pour le monde qui se conjugue à une passion pour l’&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;absence&lt;/i&gt;. Cette «&amp;nbsp;vérité discordante&amp;nbsp;» constitue l’aspect typiquement aporétique d’un concept dont la manifestation est indissociable de la concrétude désordonnée de l’existence. Dans l’optique de l’être-révoltant, la complicité avec ce qui n’existe pas se superpose à une affection particulière pour l’existence impure de monde, car la vie – ce qui nous entraîne dans le monde – est une modalité de la &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;rupture&lt;/i&gt; en tant qu’infidélité à soi-même. L’adhésion au monde propre à la révolte au monde a la forme de la lacération. Elle est traversée par une disjonction irrémédiable, comme ces baisers qui marquent la distance.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La passion pour l’absence que cultive la révolte fait aussi comprendre pourquoi, après son éruption, l’anonymat inquiétant de la singularité se lie politiquement à d’autres singularités, sans être animée par le besoin d’un leader ou de quelque hiérarchie. pour le pouvoir politique, cette «&amp;nbsp;invisibilité manifeste&amp;nbsp;» de la singularité révoltante est ce qu’il ya de plus dangereux en elle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-PENHWJjbbpo/TfMcazUkf7I/AAAAAAAAACQ/b_OQZgu5gEI/s1600/revolte.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="240" src="http://4.bp.blogspot.com/-PENHWJjbbpo/TfMcazUkf7I/AAAAAAAAACQ/b_OQZgu5gEI/s320/revolte.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La révolte est une insurrection locale qui ne vise pas le pouvoir en général – une idéation métaphysique -, elle évoque plutôt, sans manifester une vision partielle du monde (l’être-révoltant est, d’ailleurs, la &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;vérité &lt;/i&gt;de la finitude que nous sommes pour nous-mêmes) le lieu de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;résistance&lt;/i&gt; de la vie, au sens propre du terme. En ce sens l’être-révoltant est le nœud anthropologique de ce qui en soi est dénoué&amp;nbsp;: les révoltes infinies qui tourmentent le bio-pouvoir global partout dans le monde. sa charge politique condense en elle la complicité indéchiffrable qui relie des événements séparés dans le temps et l’espace et divisés par d’innombrables particularités. Pour qui en observe l’existence énigmatique et multiple, la perception perturbante d’un lien entre des révoltes globales, à un moment qui coïncide avec l’épuisement du projet politique moderne à l’échelle du monde (que l’on pense par exemple à l’agonie des Nations Unies), est celle de la marque universelle d’une condition singulière qui concerne tout le monde&amp;nbsp;: l’être-révoltant. C’est un fil qui unifie les diverses révoltes destituantes au moment où il est désormais impossible de vivre dans le monde autrement que dans la honte. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Dans l’instant révoltant, et donc dans la rupture du lien entre la nature révoltante de l’homme et sa condition révoltante dans le monde, ceux qui n’adhèrent pas au mouvement abyssal/catastrophique du monde deviennent des ennemis de l’événement (il s’agit de figures mortelles, puisqu’elles visent à conserver le monde tel qu’il est, en dépit de ce qu’il présente de quotidiennement intolérable). Ils ne demeurent toutefois tels que dans la mesure où, tandis que la révolte a lieu, ils nient leur disposition à la révolte et, affolés par la peur d’ébranler ce qui est, deviennent des incarnations de l’ordre, à l’instant impétueux et événementiel de l’insurrection. &amp;nbsp;Au fond, néanmoins, les révoltés n’ont pas d’ennemi universel. celui qui se révolte ne connaît pas d’antagonistes biologiques – tout homme est &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;naturellement&lt;/i&gt; un être-révoltant – ni adversaires que caractériseraient des motivations spirituelles absolues.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’être-révoltant n’est pas le référent d’une conception ontologique totalisante&amp;nbsp;: son pli dans le monde, la révolte, a beau représenter une potentialité de l’être concernant tout le monde, il n’est en rien l’expression d’une loi de l’histoire qui commanderait la conduite de chacun.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-UjKZFcdLm5M/TfMcd8IkKFI/AAAAAAAAACU/IgH_l1FHNVA/s1600/revolte+du+Caire+du+21+octobre+1798.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="213" src="http://2.bp.blogspot.com/-UjKZFcdLm5M/TfMcd8IkKFI/AAAAAAAAACU/IgH_l1FHNVA/s320/revolte+du+Caire+du+21+octobre+1798.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;L’être-révoltant rompt la fascination de la marginalité et indique une chance mondaine pour qui n’a pas de monde. En faisant voler en éclats la rationalité de la frustration des victimes, il montre à toutes les singularité un mouvement inouï de l’être. Même un moine bouddhiste peut devenir un révolté et lutter&amp;nbsp; pour dénoncer l’illégitimité du pouvoir constitué. Même une tranquille institutrice, partout dans le monde, peut devenir une figure inquiétante pour le bio-pouvoir pastoral.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;La révolte permet de se soustraire au ressentiment intérieur&amp;nbsp;: elle est une ouverture au/du monde."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Verdana, sans-serif;"&gt;Pierandrea Amato, &lt;i&gt;La Révolte&lt;/i&gt;, éditions Lignes, 2011, pp.46-49&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-4939915011737056483?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/4939915011737056483/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=4939915011737056483' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4939915011737056483'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4939915011737056483'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/06/letre-revoltant.html' title='L&apos;être-Révoltant'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-nmpqLesy7GA/TfMcVDC2eFI/AAAAAAAAACM/tEmNJBMK5Gk/s72-c/pierandrea+amato.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-4289033646759423380</id><published>2011-04-15T23:56:00.000-07:00</published><updated>2011-04-15T23:58:23.483-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>L’espace public oppositionnel.</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Comment penser la contestation au sein même de l’espace public ?&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Ce que Habermas, en retraçant l’émergence de l’espace public , n’avait pu entrapercevoir, Negt, dans sa tentative définitionnelle de l’espace public, l’aménage.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Les deux premiers essais, qui ouvrent le recueil paru aux éditions Payot, caractérisent cet espace oppositionnel, non pas tant comme un ailleurs de la théorie politique, un horizon et une utopie, mais comme une production de l’espace public lui-même. Encore faut-il s’entendre sur cette notion, mais aussi se dégager de la perspective habermassienne, ou en tout cas, relire Habermas contre Habermas.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;b style="mso-bidi-font-weight:normal"&gt;Ce que révèle Habermas&lt;/b&gt;, c’est tout le mouvement de la bourgeoisie anglaise, qui, à partir du XVIIe siècle, détentrice de la presse écrite, discute des décisions du Parlement. Par là, la critique s’institutionnalise, et le jeu politique devient celui du Pouvoir confronté à un Contre-Pouvoir. Face à cela, s’organisent, du côté du pouvoir, les conditions et modalités de publicité de la décision politique. Mais cet espace public est d’abord le « lieu » où se règlent les conflits d’intérêt de la classe dirigeante. [ cf habermas]&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Or cet espace public est un espace de domination et d’aliénation. Car toutes les procédures mises en œuvre montrent qu’il y a bien une volonté d’accaparement de la décision politique et d’encadrement de la pensée. L’exigence démocratique et l’idéal de liberté sont non seulement vidés de leur contenu mais aussi et surtout, tout est fait pour maintenir et s’assurer des moyens de domination et d’oppression. C’est le propre du capitalisme bourgeois et de la dynamique de valorisation marchande à la fois des productions et des actes/forces de production.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;« La valorisation marchande impose ses abstractions de valeur à toute la réalité sociale, établissant un schéma qui oriente autant le degré d’attention que les tabous qui affectent la perception. L’espace public bourgeois se sert de ces filtres pour diriger la perception de la réalité dans différentes directions. » (132) Et ce que met en valeur Negt c’est tout de même bien que chaque « espace », « segment » ou topos de la vie quotidienne, qu’il soit privé ou public, est assimilé et incorporé par cette logique même de la consommation sous-tendue par celle de la valorisation. Ainsi, même les formes de contestation sont-elles « prévues » et « incorporées » dans cette dynamique monopolisatrice de l’espace public bourgeois. Au point d’en exclure toute possibilité d’émancipation, comme si l’alternative n’était qu’entre le capitalisme bourgeois et la chaos anarchique. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Pour Negt, s’il y a une alternative, elle n’est pas entre le capitalisme et son antonyme, qui serait la bureaucratie socialiste, dans sa version stalinienne et totalitaire, mais bien &lt;b style="mso-bidi-font-weight: normal"&gt;entre la démocratie véritable et radicale et l’absence de démocratie&lt;/b&gt;. En effet, la première nous laisse penser que le capitalisme est indépassable, quand la seconde nous fait comprendre que l’espace public est, en lui-même, indispensable. C’est notamment ce qu’il suggère quand il souligne combien les mouvements contestataires tout à fait autonomes ou indépendants, plutôt que d’inscrire leurs revendications dans une logique d’émancipation, ne font que rejouer les rapports concurrentiels déjà existants et courent ainsi à l’échec (139).&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Aussi Negt reste-t-il très sévère sur ce qui paraît n’être, en somme, que des revendications de classe, sans volonté d’étendre la revendication à d’autres catégories et, par là, à reconstituer un espace démocratique émancipé de toute forme de domination. « L’espace public prolétarien ne peut s’instaurer parmi ces groupes, parce qu’ils échouent à prendre pour références d’autres groupes que le leur, afin de mesurer, d’interpréter et de corriger leurs attentes et leurs besoins » (139) Or, il n’y a et ne peut y avoir de revendication, en autonomie et émancipation, que dans et par l’espace public. « &lt;b style="mso-bidi-font-weight: normal"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Seul le déploiement de l’espace public est susceptible de dépasser de telles contradictions ainsi que la domination formelle de l’espace public bourgeois&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Chaque groupe qui tente sa chance en dehors de l’espace public – ou qui tente de s’organiser sur la base d’une publicité étiolée, celle du groupe – sera amené à perdre ou à déformer la substance de son propre travail révolutionnaire. » (136) Il y a là quelque chose d’illusoire, tout comme est illusoire l’espace public bourgeois : l’un et l’autre s’auto-alimentent et la critique du premier à l’égard du second n’est plus qu’une consécration du second.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-4289033646759423380?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/4289033646759423380/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=4289033646759423380' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4289033646759423380'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4289033646759423380'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/04/lespace-public-oppositionnel.html' title='L’espace public oppositionnel.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-5273364722568573557</id><published>2011-01-16T06:26:00.000-08:00</published><updated>2011-01-16T07:37:20.044-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>La générosité du vicaire savoyard, critique des Lumières</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TTMAonEMPZI/AAAAAAAAABU/8kEnDBhWzZg/s1600/descartes_003.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 274px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TTMAonEMPZI/AAAAAAAAABU/8kEnDBhWzZg/s320/descartes_003.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5562790662414024082" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;« Je n’enseigne point, j’expose mon sentiment », ne cessera de répéter le vicaire savoyard. Il ne s’agit pas que d’une simple précaution de langage. Et je ne peux m’empêcher de saisir le sens de cette intention dans le même mouvement qui conduit ce vicaire à renverser l’édifice du savoir (notamment dans l’entreprise de la critique cartésienne), sans pour autant en abandonner la perspective existentielle qui, telle qu’elle s’exprime dans les &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Passions de l’âme&lt;/i&gt;, élabore une définition de la générosité. Ce revirement épistémique rencontre et complète la conception de l’espace public qu’a pu développer Koselleck.&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Les lecteurs de Rousseau ont pu remarquer combien, dans la conception du système monde que propose le vicaire, celui-ci s’affirme en empruntant la même voie que celle de Descartes, mais pour s’en démarquer considérablement. Cette démarcation n’a rien que de très philosophique. Comme Descartes, le vicaire dit, en effet, partager le même souci de vérité.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Si, après une crise morale et personnelle dont il retrace l’histoire, tout comme Descartes, enfermé dans son poêle raconte la sienne (tout en affichant, pour son propre compte, une volonté de fonder un système de connaissances), il s’engage dans un scepticisme quant au savoir transmis ; si le doute est, là aussi, une perspective que s’offre provisoirement&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;la réflexion, il s’agit bien de se donner une vision renouvelée du monde. Mais à la différence notable de Descartes,&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;du Descartes de la science et de l’arbre de la connaissance, le vicaire épouse, plutôt que la vérité,&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;la « profonde ignorance ». Non pas qu’il n’y ait point de vérités auxquelles se référer , mais il convient de s’en méfier (en tout cas de se méfier de toutes les procédures qui visent à l’instituer), comme il convient de se prémunir contre toutes ces incertitudes que nous laissent raisonneurs et autres docteurs en savoir, « inspirés ». Cette « profonde ignorance », qui est la marque d’une décision assumée, est, pour aussi contradictoire que cela paraisse, un rempart ou une bouée de sauvetage pour nous éviter toute noyade dans le flux des opinions. Il faut entendre la leçon et saisir la conduite du vicaire non pas comme un renoncement à tout savoir et/ou à toute croyance, mais comme une détermination à ne pas se laisser entraîner dans une logorrhée du savoir qui, par les oppositions dont elle se nourrit, porte atteinte à l’intelligence et au cœur humain. Or cette logorrhée du savoir, plus soucieuse de paraître plutôt que d’être, de réfuter plutôt que de démontrer, d’étaler et de subsumer plutôt que de s’approprier un ordre du monde qui est aussi un ordre consenti, autorise tous les sectarismes, tous les obscurantismes, et les âmes innocentes qui s’y rallient ne peuvent se prémunir contre les effets dévastateurs de ce cynisme ainsi déployé.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;« Je n’enseigne point, j’expose mon sentiment », c’est, pour le vicaire, opposer à la raison de la philosophie que les philosophes prétendent mettre en œuvre, l’autonomie pleine et entière du jugement . En guise d’illustration, les dernières minutes de la profession sont autant un aveu de modestie et d’humilité qu’une consécration de cette autonomie. Le vicaire ne décidera pas pour son jeune protégé, et à sa place. Il le laissera se convaincre lui-même ou bien se détourner du brave savoyard et tenter d’autres routes. La conversion s’impose ainsi : non par un acte et par une expression hégémonique du savoir, mais par une décision toute personnelle, révocable aussi, de donner ou non son assentiment. Ainsi, ultime mais essentielle recommandation du vicaire à son jeune protégé :&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:70.8pt;text-align:justify;text-indent: 35.4pt"&gt;« &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Maintenant, c’est à vous de juger&lt;/i&gt; : vous avez pris du temps ; cette précaution est sage et me fait bien penser de vous. Commencez par mettre votre conscience en état de vouloir être éclairée. Soyez sincère avec vous-même. Appropriez-vous de mes sentiments ce qui vous aura persuadé, rejetez le reste. Vous n’êtes pas encore dépravé par le vice pour risquer de mal choisir. Je vous proposerai d’en conférer entre nous ; mais sitôt qu’on dispute, on s’échauffe ; la vanité, l’obstination s’en mêlent, la bonne foi n’y est plus. &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Mon ami ne disputez jamais, car on n’éclaire par la dispute ni soi ni les autres&lt;/i&gt;. Pour moi, ce n’est qu’après bien des années de méditation que j’ai pris mon parti : je m’y tiens ; ma conscience est tranquille, mon cœur est content. si je voulais recommencer un nouvel examen de mes sentiments, je n’y porterais pas un plus pur amour de la vérité ; et mon esprit, déjà moins actif, serait moins en état de la connaître. je resterai comme je suis, de peur qu’insensiblement le goût de la contemplation, devenant une passion oiseuse, ne m’attiédit sur l’exercice de mes devoirs, et de peur de retomber dans mon premier pyrrhonisme, sans retrouver la force d’en sortir. plus de la moitié de ma vie est écoulée ; je n’ai plus que le temps qu’il me faut pour en mettre à profit le reste, et pour effacer mes erreurs par mes vertus. Si je me trompe, c’est malgré moi. Celui qui lit au fond de mon cœur sait bien que je n’aime pas mon aveuglement. Dans l’impuissance de m’en tirer par mes propres lumières, le seul moyen qui me reste pour m’en sortir est une bonne vie ; et si des pierres même &lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:70.8pt;text-align:justify;text-indent: 35.4pt"&gt;Dieu peut susciter des enfants à Abraham, tout homme a droit d’espérer d’être éclairé lorsqu’il s’en rend digne. Si mes réflexions vous amènent à penser comme je pense, que mes sentiments soient les vôtres, et que nous ayons la même profession de foi, voici le conseil que je vous donne : N’exposez plus votre vie aux tentations de la misère et du désespoir ; ne la traîner plus avec ignominie à la merci des étrangers, et cessez de manger le vil pain de l’aumône. Retournez dans votre patrie, reprenez la religion de vos pères, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;suivez-la dans la sincérité de votre cœur&lt;/i&gt;, et ne la quittez plus : elle est très simple et très sainte ; je la crois de toutes les religions qui sont sur la terre celle dont la morale est la plus pure er dont la raison se contente le mieux. Quant aux frais du voyage, n’en soyez point en peine, on y pourvoira. Ne craignez pas non plus la mauvaise honte d’un retour humiliant ; il faut rougir de faire une faute, et non de la réparer. Vous êtes encore dans l’âge où tout se pardonne, mais où l’on ne pèche plus impunément. Quand vous voudrez écouter votre conscience, mille vains obstacles disparaîtront à sa voix. »&lt;a style="mso-footnote-id:ftn1" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftn1" name="_ftnref1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character:footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family: Calibri;mso-fareast-theme-font:minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;On le comprend bien : la direction qu’empruntent le vicaire et son protégé est celle d’une évaluation, par recours à ce qu’il nous en semble (« la sincérité de votre cœur »), de la pensée, et non pas une consécration de ce qu’il nous faut penser. Or cette évaluation, qui s’expose et qui n’impose point, n’est nullement un renoncement au savoir (« je n’aime pas mon aveuglement »), à tout type de savoir. Elle est tout autant une critique qu’une invitation au salut de notre pensée, emmêlée par ou dans des opinions ou conjectures que nous ne saurions faire nôtres et qui ne nous laissent guère de choix. Attitude de recul, certes, mais surtout, volonté de ne pas se laisser détourner de cette sincérité sur laquelle le vicaire fonde son éthique.&lt;/p&gt;&lt;img src="http://3.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TTMBNEYlYsI/AAAAAAAAABc/S82fo0sZBdk/s320/j.j.rousseau.jpg" style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 263px; height: 320px;" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5562791288759476930" /&gt;« Je n’enseigne point, j’expose mon sentiment » énonce&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt; très certainement l’attitude anti-cartésienne du vicaire. Pour autant, il ne l’annule pas complètement pour autant. Et c’est du côté des &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Passions de l’âme&lt;/i&gt; que le vicaire, sans le dire expressément, se tourne, notamment dans la troisième partie du traité cartésien, qui aborde les « Passions ordinaires ». L’une des premières remarques que lance Descartes (il faut rappeler aussi que ce traité est très largement inspiré de la correspondance intime du philosophe avec la princesse Elisabeth, comme, à chaque occasion épistolaire, une confession ou une profession de foi), concerne l’estime et le mépris, toutes deux espèces de l’admiration. Evoquant la cause pour laquelle on peut s’estimer, Descartes affirme : « Je ne remarque en nous qu’une seule chose qui nous puisse donner juste raison de nous estimer, à savoir l’usage de notre libre arbitre, et l’empire que nous avons sur nos volontés. Car il n’ y a que les seules actions qui dépendent de ce libre arbitre, pour lesquelles nous puissions avec raison être loués ou blâmés. » (art. 152) Autrement dit, c’est bien par recours à ce qu’il nous en semble que nous trouvons des raisons d’estime ou de blâme. Or ce recours est aussi essentiel au rationaliste cartésien qu’au vicaire : c’est par lui que s’affirme l’autonomie du jugement. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Ces légitimes raisons de s’estimer soi-même définissent l’éthique cartésienne qui ne détermine pas la vertu par l’exposé d’une autorité, extérieure au sujet qui, en nous commandant un conduite, nous exposerait à la sanction si nous nous en détournions. L’évaluation morale, l’évaluation de la vertu est ici l’œuvre propre du sujet. Et c’est aussi ce qui&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;manifeste sa générosité (art. 153) :&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:70.8pt;text-align:justify;text-indent: 35.4pt"&gt;« Ainsi je crois que la vraie générosité, qui fait qu’un homme s’estime au plus haut point &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;qu’il se peut légitimement estimer&lt;a style="mso-footnote-id:ftn2" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftn2" name="_ftnref2" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character:footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;b style="mso-bidi-font-weight:normal"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, consiste seulement, partie en ce qu’il connaît qu’il n’y a rien qui véritablement lui appartienne, que cette libre disposition de ses volontés, ni pourquoi il doive être loué ou blâmé sinon pour ce qu’il en use bien ou mal&lt;a style="mso-footnote-id:ftn3" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftn3" name="_ftnref3" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character:footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family: Calibri;mso-fareast-theme-font:minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ; et partie en ce qu’il sent en soi-même une ferme et constante résolution d’ne bien user, c’est-à-dire de ne manquer jamais de volonté pour entreprendre et exécuter toutes les choses qu’il jugera être les meilleures. Ce qui est suivre parfaitement la vertu. »&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Et si cette générosité « empêche qu’on ne méprise les autres », même ceux « qui font paraître leur faiblesse » (art.154), elle rend possible une humilité vertueuse :&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:70.8pt;text-align:justify;text-indent: 35.4pt"&gt;« Ainsi les plus généreux ont coutume d’être les plus humbles, et l’humilité vertueuse ne consiste qu’en ce que la réflexion que nous faisons sur l’infirmité de notre nature, et sur les fautes que nous pouvons autrefois avoir commises, ou sommes capables de commettre, qui ne sont pas moindres que celles qui peuvent être commises par d’autres, est cause que nous ne nous préférerons à personne, et que nous pensons que les autres ayant leur libre arbitre aussi bien que nous, ils en peuvent aussi bien user. » (art.155)&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;On reconnaît bien là encore la profession de foi du vicaire. Cette sincérité vis-à-vis de soi-même, cette humilité vis-à-vis des formes hégémoniques du savoir doivent nous détourner d’un amour-propre&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;qui nous mésestime (« Entraîné par les préjugés de l’éducation et par ce dangereux amour-propre qui veut toujours porter l’homme au-dessus de sa sphère, ne pouvant élever mes faibles conceptions jusqu’au grand Être, je m’efforçais de le rabaisser jusqu’à moi »&lt;a style="mso-footnote-id:ftn4" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftn4" name="_ftnref4" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character:footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family: Calibri;mso-fareast-theme-font:minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;). Elles doivent au contraire nous rappeler à cette légitime estime de soi, qui est, dans l’ordre de l’éthique rousseauiste, la première vertu.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:70.8pt;text-align:justify;text-indent: 35.4pt"&gt;« En suivant toujours ma méthode, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;je ne tire point ces règles des principes d’une haute philosophie&lt;/i&gt;, mais je les trouve eu fond de mon cœur écrites par la nature en caractères ineffaçables. Je n’ai qu’à me consulter sur ce que je veux être : tout ce que je sens être bien est bien, tout ce que je sens être mal est mal : le meilleur de tous les casuistes est la conscience ; et ce n’est que quand on marchande avec elle qu’on a recours aux subtilités du raisonnement. Le premier de tous les soins est celui de soi-même : cependant combien de fois la voix intérieure nous dit qu’en faisant notre bien aux dépens d’autrui nous faisons mal ! Nous croyons suivre l’impulsion de la nature, et nous lui résistons ; en écoutant c e qu’elle dit à nos sens, nous méprisons ce qu’elle dit à nos cœurs ; l’être actif obéit, l’être passif commande. la conscience est la voix de l’âme, les passions sont la voix du corps. Est-il étonnant que souvent ces deux langages se contredisent ? et alors lequel faut-il écouter &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;? trop souvent la raison nous trompe, nous n’avons que trop acquis le droit de la récuser&lt;/i&gt; ; mais la conscience ne trompe jamais ; elle est le vrai guide de l’homme : elle est à l’âme ce que l’instinct est au corps ; qui la suit obéit à la nature, et ne craint point de s’égarer.&lt;br /&gt;[…]&lt;br /&gt;Toute la moralité de nos actions est dans le jugement que nous en portons nous-mêmes. S’il est vrai que le bien soit bien, il doit être au fond de nos cœurs comme dans nos œuvres, et le premier prix de la justice est de sentir qu’on la pratique. Si la bonté morale est conforme à notre nature, l’homme ne saurait être sain d’esprit ni bien constitué qu’autant qu’il est bon. Si elle ne l’est pas, et que l’homme soit méchant naturellement, il ne peut cesser de l’être sans se corrompre, et la bonté n’est en lui qu’un vice contre nature. »&lt;a style="mso-footnote-id:ftn5" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftn5" name="_ftnref5" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Ceci étant dit de la morale cartésienne du vicaire, n’oublions pas ce qui en fait l’élément moteur, à savoir la critique de la critique.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;« Je n’enseigne point, j’expose mon sentiment » doit aussi s’entendre comme une volonté de ne pas participer aux tumultes des opinions, des déclarations de guerre philosophique, des polémiques qui désavouent ces lumières qu’une raison autonome pourrait découvrir d’elle-même si elle n’était entraînée par ces vétilles philosophiques, qui conduisent au fanatisme en tout cas à l’hypocrisie de l’homme éclairé. C’est bien ainsi qu’il faut entendre le bilan qui clôt la profession de foi :&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:70.8pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-tab-count:1"&gt;                &lt;/span&gt;« Ainsi le fanatisme, quoique plus funeste dans ses effets immédiats que ce qu’on appelle aujourd’hui l’esprit philosophique, l’est beaucoup moins dans ses conséquences. D’ailleurs il est aisé d’étaler de belles maximes dans les livres ; mais la question est de savoir si elles tiennent bien à la doctrine, si elles en découlent nécessairement ; et c’est ce qui n’a point paru clair jusqu’ici. Reste à savoir encore si la philosophie, à son aise et sur le trône, commanderait bien à la gloriole, à l’intérêt, à l’ambition, aux petites passions de l’homme, et si elle pratiquerait cette humanité si douce qu’elle nous vante la plume à la main. »&lt;a style="mso-footnote-id: ftn6" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftn6" name="_ftnref6" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character:footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family: Calibri;mso-fareast-theme-font:minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[6]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Ce divorce entre l’esprit philosophique et la voix/voie de la conscience, il le dénonce aussi et encore plus fortement dans ce qu’il est convenu d’appeler la 4&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;lettre morale &lt;/i&gt;:&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:70.8pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-tab-count:1"&gt;                &lt;/span&gt;« Quelle est donc la première leçon de la sagesse, ô Sophie ? L’humilité ! L’humilité, dont le chrétien parle et que l’homme connaît si peu, est le premier sentiment qui doit naître en nous de l’étude de nous-mêmes. Soyons humbles de notre espèce pour pouvoir nous enorgueillir de notre individu. »&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Et cette humilité nous conduit à renoncer, dans le conflit des facultés et des savoirs, à postuler l’hégémonie d’un système, d’une philosophie, d’une raison discourante ou d’un discours raisonneur.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:70.8pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-tab-count:1"&gt;                &lt;/span&gt;« Tous les livres nous parlent du souverain bien, tous les philosophes nous le montrent, chacun enseigne aux autres l’art d’être heureux, nul ne l’a trouvé pour lui-même. Dans ce dédale immense des raisonnements humains vous apprendrez à parler du bonheur sans le connaître, vous apprendrez à discourir et point à vivre, vous vous perdrez dans les subtilités métaphysiques, les perplexités de la philosophie vous assiégeront de toutes parts, vous verrez partout des objections et des doutes, et à force de vous instruire, vous finirez par ne rien savoir. Cette méthode exerce à parler de tout, à briller dans un cercle ; elle fait des savants, des beaux esprits, des parleurs, des disputeurs, des heureux au jugement de ceux qui écoutent, des infortunés sitôt qu’ils sont seuls. »&lt;a style="mso-footnote-id:ftn7" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftn7" name="_ftnref7" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character:footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family: Calibri;mso-fareast-theme-font:minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[7]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;S’énonce donc ainsi un véritable procès contre les Lumières. La générosité rousseauiste ne peut s’affirmer que contradictoirement à l’édifice de tout savoir hégémonique. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Or ce procès se fait dans un contexte bien particulier, que Habermas et Koselleck décrivent comme celui de l’émergence de l’espace public. Encore faut-il noter que l’espace public, tel que Habermas en retranscrit l’émergence, est un espace de la conflictualité de la Raison et du Pouvoir. Il naît de sa confrontation avec le pouvoir, se dessine dans cette conflictualité même. Mais c’est justement une confrontation que Rousseau ne veut pas mener. Non qu’il veuille abdiquer et démissionner des Lumières, mais parce qu’il entend dénoncer cette hypocrisie qu’il suspecte trop chez ceux qui détiennent les clés du savoir éclairé. Par là, Rousseau pressent ce que Koselleck s’efforcera de montrer quand il évoquera la figure du « philosophe hypocrite des Lumières »&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:70.8pt;text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-tab-count:1"&gt;                &lt;/span&gt;« Une fois franchi le pas de la République des lettres vers l’Etat, les positions dualistes ne servaient plus qu’à mettre le souverain dans son tort, à supprimer toutes les différences. C’est se mettre dans le droit au prix d’une injustice. Ce n’est plus le roi, mais le critique, qui est le véritable usurpateur. Que cette usurpation soit dans son droit, là est l’illusion. Sans le vouloir, mais pas involontairement tout de même, à force de démasquer on se fait illusion. Le sujet qui tutoie le roi se transforme en représentant de la nation, en un instrument de la vérité, de la vertu et de l’humanité. Démasquer sans cesse les autres conduit à l’aveuglement de celui qui démasque. »&lt;a style="mso-footnote-id:ftn8" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftn8" name="_ftnref8" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character:footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family: Calibri;mso-fareast-theme-font:minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[8]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Contre cette usurpation des rôles et des pouvoirs, contre cette illusion de la critique, « je n’enseigne point, mais j’expose mon sentiment », répondra le vicaire. Autrement dit, ne pas prendre les Lumières pour argent comptant. (fin toute provisoire)&lt;/p&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote-list"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;   &lt;hr align="left" size="1" width="33%"&gt;  &lt;!--[endif]--&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn1"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn1" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftnref1" name="_ftn1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Profession de Foi&lt;/i&gt;, éd. G.F., pp. 124-125. Je souligne.&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn2"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn2" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftnref2" name="_ftn2" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Ici, il n’est pas tant question de réputation et d’estime publique que de l’évaluation de soi par soi (la légitimité renvoie au sujet « pathétique », à ce qui lui en semble). Je souligne.&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn3"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn3" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftnref3" name="_ftn3" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Le Vicaire : « Ne craignez pas non plus la mauvaise honte d’un retour humiliant ; il faut rougir de faire une faute, et non de la réparer. Vous êtes encore dans l’âge où tout se pardonne, mais où l’on ne pèche plus impunément. Quand vous voudrez écouter votre conscience, mille vains obstacles disparaîtront à sa voix. »&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn4"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn4" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftnref4" name="_ftn4" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; op. citée, p.99.&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn5"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn5" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftnref5" name="_ftn5" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; op. citée, p.83-84 ; c’est moi qui souligne.&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn6"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn6" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftnref6" name="_ftn6" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[6]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; op.citée, p.127&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn7"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn7" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftnref7" name="_ftn7" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[7]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; 2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; lettre morale, édition de poche, j’ai lu, pp.136-137&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn8"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn8" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/recherches%20philo%20master/doctorat/articles%20%C3%A9crits/La%20g%C3%A9n%C3%A9rosit%C3%A9%20du%20vicaire%20savoyard%20et%20la%20critique%20de%20l.docx#_ftnref8" name="_ftn8" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-ascii-theme-font:minor-latin;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-fareast-theme-font: minor-latin;mso-hansi-theme-font:minor-latin;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US; mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[8]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; R Koselleck&lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;, Le règne de la critique&lt;/i&gt;, éditions de Minuit, 1972, p.101.&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-5273364722568573557?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/5273364722568573557/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=5273364722568573557' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5273364722568573557'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5273364722568573557'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2011/01/la-generosite-du-vicaire-savoyard.html' title='La générosité du vicaire savoyard, critique des Lumières'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TTMAonEMPZI/AAAAAAAAABU/8kEnDBhWzZg/s72-c/descartes_003.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-4481985371930455683</id><published>2010-12-29T21:42:00.000-08:00</published><updated>2010-12-30T10:11:01.736-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Au cartel sémantique du néo-libéralisme, imposer un contre-réalisme</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TRweyOfLZ1I/AAAAAAAAABE/CYr7u0m3L5s/s1600/avis%2Baux%2Bnaufrag%25C3%25A9s.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 108px; height: 160px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TRweyOfLZ1I/AAAAAAAAABE/CYr7u0m3L5s/s320/avis%2Baux%2Bnaufrag%25C3%25A9s.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5556349888499509074" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Les conflits sociaux sont toujours aussi une lutte sur les concepts, sur le « pouvoir de définition », c’est-à-dire sur la façon dont les problèmes sont perçus. On pourrait également dire que les problèmes sont définis quasi spontanément en fonction de la logique du système dominant. Et les concepts prennent alors la couleur adéquate, à l’instar du caméléon. Il n’est besoin d’aucune interdiction consciente ni d’aucune censure ; le mécanisme de formation des concepts et le processus de définition sont au contraire plus subtils. Une façon de parler particulière se manifeste en quelque sorte après avoir hérité certains caractères, et soudain tout le monde se met à parler le même langage, apparemment avec une profonde conviction. C’est tout particulièrement au point de vue socio-économique que s’impose, dans la recherche scientifique, les médias et la classe politique, une réglementation générale du discours, une &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;« langue de consensus »&lt;/i&gt; qui a un aspect d’autant plus rigide qu’elle n’est pas prescrite de façon directement administrative.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Cet état de choses vient de ce que science, médias et politique ne peuvent agir de façon aussi silencieuse et automatique que la main invisible du marché. Ils sont le côté &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;« subjectif »&lt;/i&gt; face aux lois &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;« objectives »&lt;/i&gt; du système. Ainsi, la conformité avec les impératifs capitalistes n’est pas donnée par elle-même mais doit toujours d’abord se faire à travers un discours. Une fonction essentielle de ce discours consiste en ce que les participants se condamnent mutuellement aux exigences imposées par la situation générale du capitalisme, auxquelles il est nécessaire d’adopter toutes les relations sociales et culturelles. C’est pourquoi il faut des conventions de langage. Et c’est en ce sens que science, médias et classe politique forment une sorte de cartel qui veille à ce que personne ne s’écarte du bon chemin. On établit un cadre général à l’intérieur duquel chaque clientèle concernée doit être baratinée selon les lois du marketing et en même temps menée à la baguette.&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Domine la sémantique de contrôle idéologique, celui qui détient le pouvoir élémentaire de définir ce qu’est la « réalité » et par conséquent ce qu’est &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;la Realpolitik&lt;/i&gt;. Le cartel sémantique aujourd’hui dominant a érigé en principe de réalité les exigences de l’administration capitaliste de crise, redéfinissant le concept de réforme en fonction de ces exigences. L’ancien &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;« pathos »&lt;/i&gt; social et émancipateur réformateur, tel qu’il s’était constitué au cours du développement historique à travers les conventions collectives, l’ « Etat providence » et le service public, est désormais, à l’inverse, instrumentalisé pour les besoins de la &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;contre-réforme&lt;/i&gt;. Les campagnes de privatisation et de restrictions sociales sont placées sous le mot d’ordre &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;: « Nous sommes les temps nouveaux .»&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Plus c’est privé, meilleur marché c’est, meilleur c’est.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Et tout le monde de se demander qui va l’emporter, des &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;« réformateurs »&lt;/i&gt; ou des « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;nostalgiques du passé »&lt;/i&gt;. On en appelle à des « compromis » réformateurs en matière d’ « aménagement de la société par tous et pour tous ». Par exemple : faut-il réduire les dépenses de 5 ou 10% ? fermer l’hôpital ou la crèche ? Eliminer les aides aux malades du cancer ou celles aux handicapés moteurs ? &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Donner une augmentation de 1% ici, mais tripler les charges ailleurs ? « Des améliorations pour le citoyen », c’est ainsi que l’on nomme à présent le niveau de détérioration pour lequel on se « bat » en se donnant des airs de réformateur. La lutte politique ne doit plus avoir qu’un seul enjeu : s’imposer comme le plus habile à vendre les coupes claires de plus en plus massives. Et l’on menace la gauche politique de sombrer dans l’insignifiance su elle ne fait pas des « réformes convaincantes ». La « volonté des électeurs » (c’est ce qu’annonce la sémantique de contrôle ) déborde tellement de « réalisme » et de « maturité citoyenne » qu’on dirait presque qu’elle est avide de bas salaires, de démantèlement des acquis sociaux et de privatisations.&lt;/p&gt;&lt;img src="http://3.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TRwf9YgzXGI/AAAAAAAAABM/6QmB_NONTPw/s320/avis%2Baux%2Bnaufrag%25C3%25A9s2.jpg" style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 259px;" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5556351179680865378" /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Mais cette réglementation dominante du discours est aussi cousue de fil blanc que la promesse, rabâchée depuis des années, d’une reprise prochaine. Au train où vont les choses, le mot &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;« réformateur »&lt;/i&gt; , auparavant respectable, risque de devenir une vulgaire insulte par laquelle &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;« nos concitoyens »&lt;/i&gt; désigneront un mauvais voisin ou un chien méchant. Cependant, le lavage de cerveau ne marche pas toujours. Le pouvoir dominant de définition de la réalité pourrait être brisé par un contre-réalisme social. Ainsi, une campagne de grande envergure contre le projet de bas salaires représenterait bien plus qu’une simple politique sociale dans les limites de l’arithmétique politique : ce serait un &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Kulturkampf&lt;/i&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn1" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/id%C3%A9es/Contre-realisme.doc#_ftn1" name="_ftnref1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character:footnote"&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-bidi-font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language: AR-SA"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, une offensive pour un niveau de civilisation de base. Une telle contre-&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;Realpolitik&lt;/i&gt;, qui traquerait impitoyablement toutes les ramifications, toutes les subtilités et les bassesses de la gestion en matière de travail et de politique sociale, aurait de grandes chances d’avoir un large impact.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Cela vaut à plus forte raison pour une lutte sérieuse en faveur des services publics en tant qu’éléments essentiels du niveau de vie. C’est que les gens en ont assez des chemins de fer cotés en Bourse, du courrier coté en Bourse et de la menace de la distribution d’eau cotée en Bourse, tout comme de la médecine à deux vitesses et des systèmes de non-enseignement à bon marché. A cet égard, le &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;« contre-feu »&lt;/i&gt; (Pierre Bourdieu) n’a pas à renouer &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;« de façon nostalgique »&lt;/i&gt; avec la tradition bureaucratico-étatique. On peut concevoir un service public qui se présenterait sous forme de sociétés à but non lucratif auto-administrées prenant en charge le côté matériel des infrastructures. Certes, l’orientation vers une valeur d’usage publique n’irait pas au-delà de la forme-valeur, mais elle constituerait un moment de la transformation émancipatrice, qui ferait sens.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Si le capitalisme est incapable de maintenir un niveau de civilisation, nous n’avons pas non plus à l’ « accepter » avec des courbettes. Il faut au contraire comprendre que le capitalisme, de son côté, « accepte » de moins en moins de gens&lt;a style="mso-footnote-id:ftn2" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/id%C3%A9es/Contre-realisme.doc#_ftn2" name="_ftnref2" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:11.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-fareast-font-family:Calibri;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Le besoin de formes de représentation organisée qu’éprouvent les personnes « socialement déplacées » ne s’effacera pas doucement ( à l’inverse de ce qui s’est passé avec les réfugiés de la Seconde Guerre Mondiale qui furent absorbés par le « miracle économique »), il augmentera au contraire de façon massive (et pas seulement en Allemagne de l’Est). L’arithmétique du cartel sémantique et politique dominant ne peut leur donner la parole, elle peut seulement diriger leur parole vers les mécanismes du ressentiment nationaliste et raciste. C’est vrai : ce n’est pas la croyance en l’Etat qui est requise, mais l’auto-responsabilité. Une auto-responsabilité au sens non bureaucratique d’un contre-mouvement social autonome, et non pas au sens d’une croyance hyper-autoritaire dans le marché auquel « on adhère dans la joie ». &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Robert Kurz, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;Avis aux naufragés&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;"Contre-réalisme"&lt;/i&gt;, 2002, éditions Lignes et Manifestes, 2005, pp. 91-95.&lt;/p&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote-list"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Consolas"&gt;Le néo-libéralisme dominant impose une police des mots. Cette perspective, Orwell l’avait déjà bien en tête dans 1984. La linguistique devient instrument de pouvoir qui impose une Re-signification, elle-même nous détournant de la signification première et convenue. Qui entend parler d’ « expérimentation » doit entendre « préfiguration » ; « autonomie », comme celle des universités et établissements scolaires, « contrôle de gestion et évaluation » ; « qualité » des soins, « nombre d’actes et traçabilité » ; « proximité », « recentralisation » ; etc. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-family:Consolas"&gt;Mais on ne doit pas s’en étonner &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;tant que ça ! Le pouvoir est, par définition, en représentation, et la langue est une des représentations du pouvoir. Par là, la neutralisation de la langue commune est un moyen pour assurer les échanges et pour déposséder les locuteurs dans les possibilités mêmes d’intervention. Dans son œuvre de re-signification, la marge de manœuvre est faible, à moins de procéder à une contre-re-signification même des mots du pouvoir. Faible, parce qu’il n’est pas certain qu’elle puisse être audible et acquérir l’audience suffisante. Elle reste toutefois essentielle, parce que c’est bien par elle que passe une re-possession de soi.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;div style="mso-element:para-border-div;border:none;border-bottom:solid windowtext 1.5pt; padding:0cm 0cm 1.0pt 0cm"&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;border:none;mso-border-bottom-alt: solid windowtext 1.5pt;padding:0cm;mso-padding-alt:0cm 0cm 1.0pt 0cm"&gt;&lt;span style="font-family:Consolas"&gt;De Robert Kurz, à lire aussi : &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Manifeste contre le travail&lt;/i&gt; ; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Les habits neufs de l’Empire&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;border:none;mso-border-bottom-alt: solid windowtext 1.5pt;padding:0cm;mso-padding-alt:0cm 0cm 1.0pt 0cm"&gt;&lt;span style="font-family:Consolas"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Site: &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://palim-psao.over-blog.fr/"&gt;http://palim-psao.over-blog.fr/&lt;/a&gt; , sur la critique radicale de la valeur  (Wertkritik)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;  &lt;hr align="left" size="1" width="33%"&gt;  &lt;!--[endif]--&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn1"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn1" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/id%C3%A9es/Contre-realisme.doc#_ftnref1" name="_ftn1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-fareast-font-family:Calibri;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; « combat pour la civilisation ».&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;div style="mso-element:footnote" id="ftn2"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="mso-footnote-id:ftn2" href="file:///C:/Users/Utilisateur/Documents/Alb%C3%A9ric/id%C3%A9es/Contre-realisme.doc#_ftnref2" name="_ftn2" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="mso-special-character: footnote"&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size:10.0pt;line-height:115%;font-family:&amp;quot;Calibri&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;; mso-fareast-font-family:Calibri;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US;mso-bidi-language:AR-SA"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Il parle même d’ « apartheid capitaliste »&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-4481985371930455683?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/4481985371930455683/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=4481985371930455683' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4481985371930455683'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4481985371930455683'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/12/au-cartel-semantique-du-neo-liberalisme.html' title='Au cartel sémantique du néo-libéralisme, imposer un contre-réalisme'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TRweyOfLZ1I/AAAAAAAAABE/CYr7u0m3L5s/s72-c/avis%2Baux%2Bnaufrag%25C3%25A9s.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-483304026877395308</id><published>2010-10-25T09:31:00.000-07:00</published><updated>2010-10-25T09:40:44.195-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>Pourquoi désobéir en démocratie ?</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TMWxlYYFSdI/AAAAAAAAAAM/_TkkQTyKxPM/s1600/henry-david-thoreau.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 260px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TMWxlYYFSdI/AAAAAAAAAAM/_TkkQTyKxPM/s320/henry-david-thoreau.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5532022973051259346" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;« L’autorité du&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt; gouvernement, même si elle est telle que j’accepte de m’y soumettre – car j’obéirai volontiers à ceux qui en savent plus que moi et font mieux que moi, et à plusieurs égards, même à ceux qui n’en savent pas autant et font moins bien –, reste &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;impure : pour être strictement juste, elle doit posséder l’agrément et le consentement des gouvernés. Elle ne peut avoir le droit absolu sur ma personne et ma propriété sinon celui que je lui concède. Passer d’une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle, d’une monarchie con&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;stitutionnelle à une démocratie, c’est un progrès vers le vrai respect pour l’individu. Même le philosophe chinois fut assez sage pour tenir l’individu comme le fond&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;ement de l’empire. La démocratie, telle que nous la connaissons, est-elle la dernière amélioration possible à un gouvernement ? N’est-il pas possible d’aller plus loin dans la reconnaissance et l’organisation des droits de l’homme ? Il n’y aura jamais d’Etat vraiment libre et éclairé &lt;b&gt;&lt;i&gt;tant qu’il ne reconnaîtra pas l’individu comme un pouvoir plus altier et indépendant, d’où dérivent son propre pouvoir et son autorité, et qu’il ne le traitera pas en conséquence.&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Il me plaît à imaginer un Etat qui puisse se permettre d’être juste envers tous les hommes et qui traite l’individu avec respect comme un voisin ; qui ne jugerait pas sa propre quiétude menacée si quelques uns s’installaient à l’écart, ne s’y mêlant pas, en refusant l’étreinte, sans pour autant s’abstenir de remplir tous les devoirs de bons voisins et de compatriotes. Un Etat qui porterait ce genre de fruit, et le laisserait tomber aussi vite qu’il a mûri, ouvrirait la voie à un Etat encore plus glorieux et parfait, que j’ai également imaginé sans le voir nulle part. »&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Henry David Thoreau, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;La Désobéissance civile&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;« Chaque lutte se développe autour d’un foyer particulier (l’un de ces innombrables petits foyers que peuvent être un petit chef, un gardien de H.L.M., un directeur de prison, un juge, un responsable syndical, un rédacteur en chef de journal). E&lt;b&gt;t si désigner les foyers, les dénoncer, en parler publiquement, c’est une lutte, ce n’est pas parce que personne n’en avait pris conscience, mais c’est parce que prendre la parole à ce sujet, forcer le réseau de l’information institutionnelle, nommer, dire qui a fait quoi, désigner la cible, c’est un premier retournement de pouvoir, c’est un premier pas pour d’autres luttes contre le pouvoir.&lt;/b&gt; Si des discours comme ceux, par exemple, des détenus ou des médecins de prison sont des luttes, c’est parce qu’ils confisquent au moins un instant le pouvoir de parler de la prison, actuellement occupé par la seule administration et ses compères réformateurs. Le discours de lutte ne s’oppose pas à l’inconscient : il s’oppose au secret »&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;Michel Foucault, avec Gilles Deleuze, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;« Les intellectuels et le pouvoir »&lt;/i&gt;, mars &lt;/p&gt;&lt;img src="http://4.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TMWx9yUdfiI/AAAAAAAAAAU/SBd2pmX6V0M/s320/deleuze_foucault_sartre.jpg" style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 210px;" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5532023392332250658" /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;1975, Dits et Ecrits, I, p.1181&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-483304026877395308?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/483304026877395308/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=483304026877395308' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/483304026877395308'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/483304026877395308'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/10/pourquoi-desobeir-en-democratie.html' title='Pourquoi désobéir en démocratie ?'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03658259394415191578</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://1.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TUAU3T41UmI/AAAAAAAAABo/EZoFgwIkbFM/s220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_x4Mdrk79-Mc/TMWxlYYFSdI/AAAAAAAAAAM/_TkkQTyKxPM/s72-c/henry-david-thoreau.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-1339925257347087977</id><published>2010-10-03T03:03:00.000-07:00</published><updated>2010-10-03T03:17:10.944-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses vues'/><title type='text'>La Roumanie ou le « génie de l’échec ».</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/TKhVnrNjxpI/AAAAAAAABV8/4-t5DosDN7k/s1600/IMGP0314.JPG"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/TKhVnrNjxpI/AAAAAAAABV8/4-t5DosDN7k/s400/IMGP0314.JPG" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5523759083072767634" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;C’est une parole de Cioran qui, dans un entretien en 1991, évoque la situation de la Roumanie, après la chute de Ceaucescu. Cette phrase&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt; m’a poursuivi dans chacune de mes visites des campagnes de Transylvanie. Rares furent nos hôtes à ne pas la suggérer explicitement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Et pourtant ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Quand il s’est agi d’aller à la rencontre des locaux, c’est à bras ouverts que nous fûmes accueillis : des grands-mères alertes, malgré leur grand âge, nous proposant de visiter leur intérieur traditionnel, décoré d’assiettes, d’icones et de foulards qu’elles ont-elles-mêmes tissés ; l’autre, la fabrication de fromage de buffle ; l’autre, la dégustation de salaison maison ou de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;tsuika&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;, eau de vie de prunes qui, de 50 à 70°, se sert en apéritif de 10h du matin à 20h le soir même ; l’autre, enfin, nous invitant à manger à sa table, notre arrivée annoncée, le repas avait été préparé tout spécialement pour nous. Des braves gens, tant leur simplicité émerveille et vaut bien des philosophies de vie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Quand il s’est agi d’échanger sur les pratiques, l&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;es moyens de subsistance de cette agriculture pas encore de montagne mais de terres reculées, souvent en friche, familiales et parfois travaillées par de vieux paysans (les jeunes ont tous quitté ces contrées perdues, traversées de chemins chaotiques, pour la ville ou le reste de l’Europe), au sens vrai et terrien du terme, et malgré la barrière linguistique, les gestes furent loquaces et les conversations, soutenues sur leur vie à eux, comme sur la nôtre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;img src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/TKhWJn_VoUI/AAAAAAAABWE/2uyWvmCZjVY/s400/IMGP0437.JPG" style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5523759666323366210" /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Quand, enfin&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana; "&gt;, &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;dans nos vir&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana; "&gt;ées en ville, les fastes architecturaux du XIXe contrastent avec les prétentions, déglinguées ou de guingois, des bâtiments grisonnants de style communiste (ces grands ensembles urbains de l’ère communiste, comme signe de la réussite sociale et d’un prétendu modernisme) ; quand dans ces vallées, sur ces plateaux verdoyants sous le soleil chaud de septembre, à chaque pause que nous prenions, l’immensité des paysages, leur diversité, tout autant que le charme de ces bourgs qui s’étendent sur plusieurs kilomètres, plantés de petites maisons carrées, en bois ou en pierre, se découvraient à nos yeux apaisés, comment alors ne pas penser à la grandeur du pays.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Pays de contrastes, la Roumanie semble s’être arrêtée à ce XIXe siècle européen avide de justice, de progrès et de liberté éclairée. Cluj offre, dans ses vieux quartiers et sur les murs de ses vieilles bâtisses, l’impression surannée d’une ambition démesurée et dépassée. Signe d’autres temps, pourtant plus récents : cet enchevêtrement anarchique de fils et autres câbles électriques qui barrent le ciel. Et pourtant ! Rien d’oppressant. Juste le sentiment de quelque chose d’inachevé, comme le fut aussi cette malheureuse aventure révolutionnaire du communisme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Et pourtant !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;« C’est un pays malade ! » J’avais cru entendre : « un pays de malades ». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Terrible mais tenace impression du désespoir, non pas d’une ou de deux personnes, mais de la société dans son ensemble.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;D’abord, au sujet d’une Europe qui ouvre ses portes, mais qui édifie, à l’intérieur même du territoire de son extension, des frontières et des murs. A discuter de cette ouverture, on sent bien que le miracle européen est un mirage qui, très facilement, abandonne sur le côté celles et ceux qui se sont raccrochés tardivement. Le développement de l’Espagne, du Portugal ou de la Grèce, au moment de leur adhésion et pendant quelques décennies, est, la crise en atteste, une illusion. La lucidité roumaine en prend, désespérément, acte. Cette ouverture n’est pas nouvelle, et très tôt, dans le siècle, nombreux furent celles et ceux qui, œuvrant à la libre circulation, prirent leur envol pour la partie occidentale du continent. Ils le font toujours. Et la Roumanie institue le nomadisme de ses bras comme de ses cerveaux. 6 mois, loin de leur maison, toujours en chantier, pour des travaux saisonniers, un salaire de misère que nous dénoncerions, nous autres, de ce côté-ci de l’Europe, mais que tous considèrent comme une aubaine (le chantier repartira à leur retour). Le pays n’est pas/plus la terre promise, mais une terre de transit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;« &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;J’ai fui notre splendeur de patrie parce qu’elle avait sur moi un effet dissolvant. Mais pour être juste, l’Occident ne m’a guère mieux réussi. Je le déteste pour ce qu’il est, et surtout pour ce qu’il espère… Le bilan de mon séjour ici (35 ans !) est, comme tu vois, plutôt négatif&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt; » (Lettre de Cioran à Constantin Noïca, 02/01/1973)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;« &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Sur notre peuple, plus que jamais je pense qu’aucune illusion n’est permise. J’éprouve à son égard une sorte de mépris désespéré. Je dois reconnaître néanmoins que le fatalisme valaque m’a marqué comme vous marque une maladie ou une… illumination. On n’échappe pas à ses origines, aux nôtres tout spécialement&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt; » (Lettre de Cioran à son frère,  Aurel Cioran, 30/08/1979)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Une jeunesse en transit, qui vise et lorgne sur un Eldorado et laisse, celles et ceux que le communisme avait occupé (tous ont pu nous dire, avec quelque nostalgie, en dissociant la répression politique de toute l’activité sociale, combien l’ère Ceaucescu leur garantissait, à défaut d’une réussite, un statut et une position sociale qu’ils ne retrouvent plus aujourd’hui). L’ouverture et l’intégration européenne est une promesse d’installation  ailleurs, mais pas de retour au pays. Un nomadisme comme une nécessité, un devoir être.  Je peux alors saisir ce qui, dans le parcours de Cioran, lui fait renoncer à Sibiu et à la Transylvanie de son enfance. Il n’y retournera pas et fera de l’exil le moteur de sa pensée. Rompre avec une identité, mais sans pouvoir échapper à ce terreau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Ce chef d’entreprise dont tout le discours disqualifie la main d’œuvre roumaine, sans préciser que les conditions de rétribution sont telles qu’il serait bien ridicule d’en faire plus pour si peu (350€/mois de revenu moyen). Ce patron, en entrepreneur libre, à la mode libérale qui conçoit ses hôtes comme autant de futurs, potentiels investisseurs !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Et les Rroms qui n’inspirent aucune confiance, alimentent une répulsion physique, une haine virulente (j’ai cru entendre un de mes interlocuteurs parler, à leur sujet, de « déportation dans des camps »).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Et la révolution de décembre 1989. Un coup d’Etat ! Que nenni ! La vieille recette de la Roumanie : &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Pleacà ai nostri, vin ai nostri&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt; – « &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Ce sont les nôtres qui s’en vont, ce sont les nôtre qui viennent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt; ». Les arcanes de l’ancien régime, les us et coutumes publiques : tout indique, malgré le vernis de démocratisation, que rien n’a été démantelé, que tout demeure, dans l’inachevé autant que dans la corruption de ses édiles. Une révolution sans le peuple ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;Et malgré l’échec, reste le génie, cette vitalité à l’œuvre. Le soleil de Septembre évoquait toutes ces possibilités à venir. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1339925257347087977?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1339925257347087977/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1339925257347087977' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1339925257347087977'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1339925257347087977'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/10/la-roumanie-ou-le-genie-de-lechec.html' title='La Roumanie ou le « génie de l’échec ».'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/TKhVnrNjxpI/AAAAAAAABV8/4-t5DosDN7k/s72-c/IMGP0314.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-7015818037760146490</id><published>2010-08-17T23:00:00.000-07:00</published><updated>2010-08-17T23:02:10.995-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Des promesses démocratiques non tenues</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;« Des promesses non tenues. Mais pouvaient-elles l’être ? Je crois que non. Même sans tenir compte de l’écart naturel, dont je parlais au début, entre ce qui était conçu pour être « noble et élevé » et « la matière brute », le projet politique démocratique a été imaginé par une société beaucoup moins complexe que celle d’aujourd’hui. Les promesses n’ont pas été tenues à cause d’obstacles qui n’avaient pas été prévus ou qui sont intervenus à la suite des transformations de la société civile. J’en indiquerai trois. Premièrement : au fur et à mesure que les sociétés sont passées de l’économie familiale à l’économie de marché, de l’économie de marché à une économie protégée, réglementée, planifiée, le nombre de problèmes politiques qui exigent des conséquences techniques n’a cessé d’augmenter. Les questions techniques nécessitent des experts, une foule innombrable de spécialistes. Saint-Simon l’avait déjà noté il y a plus d’un siècle quand il prévoyait que le gouvernement des savants remplacerait un jour celui des juristes. avec le progrès des instruments de calcul que Saint-Simon ne pouvait même pas imaginer et que seuls des experts sont à même d’employer, l’exigence du gouvernement des techniciens a démesurément augmenté.&lt;br /&gt;Technocratie et démocratie sont antithétiques : si le héros de la société industrielle est l’expert, ça ne peut pas être le citoyen ordinaire. La démocratie repose sur l’hypothèse que tous peuvent décider de tout. La technocratie, au contraire, prétend que seul le petit nombre de ceux qui s’y connaissent doivent prendre les décisions. A l’époque de l’absolutisme, le vulgaire devait être tenu éloigné des arcana imperii parce qu’on le trouvait trop ignorant, mais ce sont les problèmes qui sont plus compliqués : la lutte contre l’inflation, le plein emploi, la juste répartition des revenus… Ne sont-ce pas là des questions qui supposent des connaissances scientifiques et techniques hors de portée de l’homme moyen d’aujourd’hui (même s’il est plus instruit) ?&lt;br /&gt;Le second obstacle imprévu a été l’expansion continue de l’appareil bureaucratique organisé hiérarchiquement du sommet à la base, et donc diamétralement opposé au système de pouvoir démocratique. Si l’on représente un système politique comme une pyramide en supposant que la société comporte plusieurs échelons, dans la société démocratique le pouvoir va de la base au sommet et dans une société bureaucratique, du sommet à la base.&lt;br /&gt;Etat démocratique et Etat bureaucratique sont historiquement plus liés l’un à l’autre que ce que leur différence de structure pourrait laisser penser. Tous les Etats qui sont devenus plus démocratiques sont devenus en même temps plus bureaucratiques : le processus de bureaucratisation a été en grande partie une conséquence du processus de démocratisation. La preuve, c’est que ceux qui proposent de démanteler l’Etat-providence qui exigeait un appareil bureaucratique sans précédent ont pour objectif caché, je ne dis pas de démanteler, mais de réduire dans des limites bien circonscrites le pouvoir démocratique. Comment se fait-il que démocratisation et bureaucratisation, comme d’ailleurs l’avait prévu Max Weber, soient allés de pair ? Quand seuls les propriétaires avaient le droit de vote il était naturel qu’ils ne demandent au pouvoir politique d’exercer qu’une seule fonction : la protection de la propriété. De là est née la doctrine de l’Etat limité, de l’Etat gendarme ou, comme on dit aujourd’hui, de l’Etat minimal, et la représentation de l’Etat comme association de propriétaires pour défendre ce droit naturel et suprême qu’était pour Locke le droit de propriété. A partir du moment où le droit de vote fut étendu aux analphabètes, il était inévitable que ceux-ci demandent à l’Etat d’instituer des écoles gratuites et donc de se charger d’une dépense inconnue de l’Etat des oligarchies traditionnelles et de la première oligarchie bourgeoise. Quand le droit de vote fut étendu aussi aux non-propriétaires, à ceux qui ne possédaient rien d’autre que leur force de travail, la conséquence en fut que ces derniers demandèrent à l’Etat une protection contre le chômage puis, progressivement, des assurances sociales contre la maladie, contre la vieillesse, les aides en faveur de la maternité, les habitations bon marché, etc. Qu’on le veuille ou non, l’Etat-providence, l’Etat social, a été la réponse à une demande venue d’en bas, une demande démocratique au plein sens du terme.&lt;br /&gt;Le troisième obstacle est étroitement lié au rendement du système démocratique dans son ensemble : un problème qui a suscité le débat sur l’ingouvernabilité de la démocratie. De quoi s’agit-il ? Synthétiquement, l’Etat libéral d’abord, puis son élargissement en Etat démocratique ont contribué à émanciper la société civile du système politique. Ce processus d’émancipation a fait que la société civile est devenue une source inépuisable de demandes adressées au gouvernement, lequel, pour bien remplir sa fonction, doit donner des réponses adéquates. Mais comment le gouvernement peut-il répondre si les demandes qui proviennent d’une société libre et émancipée sont toujours plus nombreuses, plus pressantes, plus onéreuses ? La condition nécessaire à tout gouvernement démocratique, je l’ai dit, est la protection des libertés civiles. Or, si la liberté de la presse, la liberté de réunion et d’association sont autant de voies par lesquelles le citoyen peut s’adresser à ses gouvernants pour réclamer des avantages, des bénéfices, des aides, une distribution plus équitable des ressources. Ces requêtes s’accumulent si rapidement qu’aucun système politique, si efficace soit-il, n’est en mesure de s’y adapter. La surcharge est telle que le système politique est obligé de faire des choix. Mais un choix en exclut un autre et les choix non satisfaits créent des mécontentements.&lt;br /&gt;Alors que les demandes des citoyens sont formulées de plus en plus vite, les procédures complexes du système politique démocratique font que la classe politique met beaucoup de temps à prendre les décisions adéquates. Il se crée ainsi un décalage toujours plus grand. C’est exactement l’inverse qui se passe dans un système autocratique capable de contrôler les demandes, puisqu’il a étouffé l’autonomie de la société civile, et capable aussi de répondre plus vite, puisqu’il n’est pas tenu d’observer des procédures de décision complexe comme dans un système parlementaire. En bref, la démocratie a la demande facile et la réponse difficile, l’autocratie au contraire peut rendre la demande plus difficile et a plus de facilités à donner la réponse. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;in Noberto Bobbio, &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Le futur de la démocratie&lt;/em&gt;, pp 125-129, édition Seuil (2007) &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-7015818037760146490?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/7015818037760146490/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=7015818037760146490' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7015818037760146490'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7015818037760146490'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/08/des-promesses-democratiques-non-tenues.html' title='Des promesses démocratiques non tenues'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-7460774861368947618</id><published>2010-08-17T22:55:00.000-07:00</published><updated>2010-08-17T23:00:02.473-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>La revanche des intérêts.</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/TGt2H6ENTsI/AAAAAAAABVs/jU9vtnPswd0/s1600/le+futur+de+la+democratie.bmp"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 269px; FLOAT: left; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5506624847608630978" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/TGt2H6ENTsI/AAAAAAAABVs/jU9vtnPswd0/s400/le+futur+de+la+democratie.bmp" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Bobbio énumère ici sur les promesses non tenues de la Démocratie.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« La démocratie moderne, née comme démocratie représentative par opposition à la démocratie des Anciens, aurait dû être caractérisée par la représentation politique, c’est-à-dire par une forme de représentation dans laquelle le représentant, appelé à poursuivre les intérêts de la nation, ne peut être lié par un mandat impératif. La représentation politique se fonde sur un principe qui est l’exact opposé de celui de la représentation des intérêts dans laquelle le représentant est lié par son mandat ( ce qui est le propre du contrat de droit privé qui prévoit la révocation pour abus de contrat). Un débat essentiel eut lieu à l’Assemblée constituante française qui donna naissance à la constitution de 1791 : celui où triomphèrent ceux qui soutenaient que le député, une fois élu, devenait représentant de la nation et non le représentant de ses électeurs – dès lors, il n’était lié par aucun mandat. Le mandat libre avait été une prérogative du roi, lequel, en convoquant les états généraux, avait décidé que les délégués des trois ordres ne seraient pas envoyés à l’Assemblée avec des pouvoirs restrictifs. Expression de la souveraineté, le mandat libre fut transféré de la souveraineté du roi à celle de l’assemblée élue par le peuple. Depuis lors, l’interdiction du mandat impératif est devenue une constante de toutes les Constitutions de démocraties représentatives. Ceux qui défendent la démocratie représentative contre toute tentative de la remplacer ou de la compléter par une représentation des intérêts ont toujours soutenu à outrance la représentation politique et donc le mandat libre.&lt;br /&gt;Pourtant, jamais norme constitutionnelle n’a été plus souvent violée que l’interdiction du mandat impératif. Dans une société composée de groupes relativement autonomes qui luttent pour la suprématie, pour faire prévaloir leurs intérêts contre ceux d’autres groupes, une telle norme avait-elle une chance d’être appliquée ? En dehors du fait que chaque groupe tend à assimiler l’identité nationale à ses intérêts propres, existe-t-il un quelconque critère qui permette de distinguer l’intérêt général de l’intérêt particulier de tel ou tel groupe ou de la combinaison d’intérêts particuliers de groupes qui s’accordent entre eux au détriment des autres ? Ceux qui représentent des intérêts particuliers ont toujours un mandat impératif. Mais où trouver un représentant qui ne soit pas celui d’intérêts particuliers ? Certainement pas dans les syndicats dont dépend la signature des accords nationaux sur l’organisation et le coût du travail qui ont une très grande importance politique. Au parlement ? Mais la discipline de parti est-elle autre chose qu’une violation flagrante de l’interdiction du mandat impératif ? D’ailleurs ceux qui transgressent parfois la discipline de parti à la faveur du vote secret sont traités de « francs-tireurs » et comme tels désignés à la réprobation publique. L’interdiction du mandat impératif est surtout une règle sans sanction. La seule sanction qu’ait à redouter un député dont la réélection dépend du soutien de son parti provient en réalité de la transgression de la règle opposée, celle qui impose de se sentir lié au mandat qu’il a reçu de son parti.&lt;br /&gt;La meilleure preuve de la revanche, que je crois définitive, de la représentation des intérêts sur la représentation politique réside dans le type de rapport qui s’est instauré dans la plupart des démocratie européennes entre les groupes d’intérêts (industriels et ouvriers) et le Parlement, qui a donné lieu à un nouveau système qu’on appelle à tort ou à raison néo-corporatif. Ce système se caractérise par des relations triangulaires dans lesquelles le gouvernement qui dans l’idéal représente l’intérêt national intervient uniquement comme médiateur entre les partenaires sociaux et comme garant généralement impuissant du respect de l’accord. Ceux qui ont élaboré ce modèle qui est aujourd’hui au centre du débat sur les « transformations » de la démocratie ont défini la société néo-corporative comme une forme de résolution des conflits sociaux qui emploie une procédure – l’accord entre grandes organisations – qui n’a rien à voir avec la représentation politique, mais est en revanche l’expression même de la représentation des intérêts. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;in&lt;em&gt; Le futur de la démocratie&lt;/em&gt;, pp.115-117, édition Seuil &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-7460774861368947618?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/7460774861368947618/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=7460774861368947618' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7460774861368947618'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7460774861368947618'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/08/la-revanche-des-interets.html' title='La revanche des intérêts.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/TGt2H6ENTsI/AAAAAAAABVs/jU9vtnPswd0/s72-c/le+futur+de+la+democratie.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-3598412910945623477</id><published>2010-05-16T01:40:00.000-07:00</published><updated>2010-05-16T01:44:14.858-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><title type='text'>Le refus</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Deux textes de Maurice Blanchot, de 1958.&lt;br /&gt;Quelle actualité !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« A un certain moment, face aux événements publics, nous savons que nous devons refuser. Le refus est absolu, catégorique. Il ne discute pas, ni ne fait entendre ses raisons. C’est en quoi il est silencieux et solitaire, même lorsqu’il s’affirme, comme il le faut, au grand jour. Les hommes qui refusent et qui sont liés par la force du refus, savent qu’ils ne sont pas encore ensemble. Le temps de l’affirmation commune leur a précisément été enlevé. Ce qui leur reste, c’est l’irréductible refus, l’amitié de ce Non certain, inébranlable, rigoureux, qui les tient unis et solidaires.&lt;br /&gt;Le mouvement de refuser est rare et difficile, quoique égal et le même en chacun de nous, dès que nous l’avons saisi. Pourquoi difficile ? C’est qu’il faut refuser, non pas seulement la pire, mais un semblant raisonnable, une solution qu’on dirait heureuse. En 1940, le refus n’eut pas à s’exercer contre la force envahissante (ne pas l’accepter allait de soi), mais contre cette chance que le vieil homme de l’armistice, non sans bonne foi ni justifications, pensait pouvoir représenter. Dix-huit ans plus tard, l’exigence du refus n’est pas intervenue à propos des événements du 13 Mai (qui se refusaient d’eux-mêmes), mais face au pouvoir qui prétendait nous réconcilier honorablement avec eux, par la seule autorité d’un nom.&lt;br /&gt;Ce que nous refusons n’est pas sans valeur ni sans importance. C’est bien à cause de cela que le refus est nécessaire. Il y a une raison que nous n’accepterons plus, il y a une apparence de sagesse qui nous fiat horreur, il y a une offre d’accord et de conciliation que nous n’entendrons pas. Une rupture s’est produite. Nous avons été ramenés à cette franchise qui ne tolère plus la complicité.&lt;br /&gt;Quand nous refusons, nous refusons par un mouvement sans mépris, sans exaltation, anonyme, autant qu’il se peut, car le pouvoir de refuser ne s’accomplit pas à partir de nous-mêmes, ni en notre seul nom, mais à partir d’un commencement très pauvre qui appartient d’abord à ceux qui ne peuvent pas parler. On dira qu’aujourd’hui il est facile de refuser, que l’exercice de ce pouvoir comporte peu de risques. c’est sans doute vrai pour la plupart d’entre nous. Je crois cependant que refuser n’est jamais facile, et que nous devons apprendre à refuser et à maintenir intact, par la rigueur de la pensée et la modestie de l’expression, le pouvoir de refus que désormais chacune de nos affirmations devrait vérifier. »&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Texte publié dans le n°2 de la revue du &lt;em&gt;14 Juillet&lt;/em&gt; (25/10/58), &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;dont l’article d’ouverture est &lt;em&gt;« La France sans peuple ? ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« C’est ainsi que derrière la souveraineté de forme religieuse (et anachronique) s’annoncent ou s’affirment les manifestations beaucoup plus modernes de l’activisme politique, allant des intrigues permanentes des factions à la menace de prétoriens […], en passant par le réseau déjà serré du contrôle policier, pour descendre jusqu’au pur et simple gangstérisme politique. De même, nous voyons les puissances du néocapitalisme utiliser la mystique de l’unité souveraine, la détourner de son sens idéal pour la faire répondre aux exigences de la domination économique, qui a besoin d’un pouvoir centralisé, au service des plans et en vue de l’efficacité technocratique. Ici, le Souverain n’est plus le Sauveur qu’appelle le désespoir des foules instinctives ; il n’est pas le chef de guerre que souhaite l’armée, et capable de prendre le pouvoir au nom de la guerre et au nom de l’armée ; il est le Directeur, un être de caractère impersonnel, qui dirige, surveille et décide selon les nécessités de l’organisation capitaliste moderne. »&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;M. Blanchot,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt; article de clôture du N°3 de la revue 14 Juillet (18/06/59),&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt; intitulé : &lt;em&gt;« La Perversion essentielle »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Textes parus in Maurice Blanchot – &lt;em&gt;Ecrits politiques 1953-1993&lt;/em&gt;, éd. Gallimard, coll. &lt;em&gt;« Les cahiers de la NRF » &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-3598412910945623477?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/3598412910945623477/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=3598412910945623477' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/3598412910945623477'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/3598412910945623477'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/05/le-refus.html' title='Le refus'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-2603849477259515325</id><published>2010-05-15T02:04:00.000-07:00</published><updated>2010-05-15T02:20:21.448-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>Etat des lieux d’un Etat sans plus d’espace.</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Il y aurait certes à définir précisément l’espace public ; ce qu’est l’espace public devenu. Il y aurait nécessité à retrouver, dans l’acte instituteur du droit, la notion de la frontière qui opère à la manière d’une dynamique et d’un principe d’articulation de la multitude. Il y aurait urgence à savoir ce qui se peut dans cet espace (et donc de saisir le système de la légalité, comme principe de cette articulation de la multitude).&lt;br /&gt;Mais il est utile de commencer déjà par l’idée que nous ne sommes pas là dans une caractérisation géométrique du public, ni dans une pure et simple circonscription de cet espace. Une première intuition : la notion de frontière n’est pas celle d’une limite et encore moins celle d’une détermination formelle de notre représentation. A cet égard, s’il est bien une intuition, il n’est pas/plus une condition de notre représentation sensible. Il est devenu une condition de la souveraineté dépassée de l’Etat.&lt;br /&gt;Il y aurait à chercher ce que cet espace crée. Il y aurait à saisir ce qui fonctionne et dysfonctionne dans cet espace-là. Mais il y a aussi à reconnaître combien, par une sorte d’inflation et de surenchère d’un certain type de représentation, notamment en fonction d’intérêts « publics » déclarés ou inavoués, cet espace est mouvant, et d’une forme universelle dans la géométrie, il est, du point de vue politique, une forme hégémonique et « impériale ». Au sens déjà où cet espace peut être celui d’un espace publiquement dépossédé… à moins qu’il ne soit investi par une frénésie de souveraineté institutionnelle qui souffre de n’être plus que délocalisée/ non localisée. Frénésie qui ne sait plus comment contenir  – si tant est que tel soit son objectif et sa finalité ultime – la mise en voix comme la prise de parole(s), et que l’institution, pourtant,  n’a de cesse de favoriser, de préserver.&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;Il y aurait à en faire l’articulation. Le lien. A vérifier qu’ un tel lien puisse exister, surtout comme une forme d’excroissance pathologique de souveraineté. Pour autant, évoquer l’espace public comme je le fais ici,  c’est aussi  interroger ce qui, à l’encontre du système légal, caractérise l’exception, qui est à la fois l’arme du souverain mais aussi la dépossession de souveraineté.&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;« La forme nationale d’un Etat s’articule autour d’une frontière qui est le lieu où est suspendu l’ordre juridique normal. Chez Schmitt, la frontière est dans l’Etat moderne la « condition antidémocratique de la démocratie ». Comme l’interprète Etienne Balibar, elle est « le lieu où le monopole de la violence légitime prend la forme de la contre-violence préventive ». La gestion des mouvements de populations, à travers les politiques migratoires et d’asile, en est une parfaite illustration.&lt;br /&gt;Si la souveraineté de l’Etat national s’exerce sur un territoire déterminé, l’Etat américain échappe à cette limite. Il est le seul à s’affranchir de la frontière comme borne de son pouvoir. En matière de lutte contre le terrorisme, les tribunaux américains se sont donné une compétence extraterritoriale qui échappe au droit international. Cette auto-attribution de compétences est une opération  de légalisations d’opérations policières à l’extérieur des Etats-Unis ou d’opérations militaires conduites sans déclaration de guerre.&lt;br /&gt;L’accord sur l’extradition et l’entraide judiciaire entre les Etats-Unis et l’UE donne une nouvelle dimension aux compétences extraterritoriales des Etats-Unis. La possibilité de se faire remettre un ressortissant européen, de le juger en dehors de toute contrainte spécifiant un Etat de droit, donne à l’appareil judiciaire américain une place particulière dans le maintien de l’ordre mondial. L’ensemble de cet accord enregistre dans le droit le rôle spécifique de l’Etat national américain comme gendarme du monde. Si la forme nationale de l’Etat répond à la fonction du maintien de l’ordre, l’Etat américain a, à ce niveau, un rôle directement impérial.&lt;br /&gt;Ainsi, l’Etat national des Etats-Unis occupe une place particulière. Sa structure exécutive reste intégrée et ne s’efface pas au profit d’un de ses appareils tel que la police. La police fédérale américaine a, quant à elle, une fonction internationale d’organisation des polices nationales des autres pays. »&lt;br /&gt;Jean-Claude Paye, &lt;em&gt;La fin de l’Etat de droit – La lutte antiterroriste de l’état d’exception à la dictature&lt;/em&gt;, éd. La Dispute, 2004, pp.153-154.&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;Ce qui est dit de la lutte antiterroriste, au regard de la menace, diffuse à l’échelle d’un monde globalisé, vaut pour un Etat de droit qui ne sait plus qui il vise et ce qui le vise. Un Etat de droit qui ne se sait plus/ ne se sent plus souverain, au point que, par une sorte de redite – apparemment rassurante pour les opinions publiques –, il se dote d’outils juridiques qui répètent ceux déjà existants. Diffuse, cette menace rend confuse toute idée de frontière. L’en-dedans comme l’en-dehors ne se déterminent plus dans le cadre d’affirmations nationales ou d’entre-nations, pas plus que, comme dans l’espace géométrique, par pure extériorité des éléments les uns avec les autres, par positions respectives. Il ya là comme quelque chose de perdu, et l’inflation comme la surenchère juridictionnelles manifestent une sorte de pathologie en souveraineté.&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;Il y aurait nécessité à voir si le seul acte de souveraineté, acte auto-instituteur de l’autorité, est celui de la frontière.&lt;br /&gt;Il y a toutefois quelque chose qui manifeste cette pathologie : la même urgence et frénésie, pour l’institution d’Etat, de répondre à tout ce qu’elle considère comme menace en étouffant le privé de l’espace public, tout comme cette institution est elle-même étouffée par le privé (l’intérêt privé… comme si le privé, qu’il soit celui de la bulle financière qui s’auto-génère elle-même, ou qu’il soit celui de l’affirmation de soi, de nos identités propres et marques distinctives revendiquées comme étendard d’exclusivité, soit lui-même l’objet de la spéculation;…), qu’elle favorise pourtant – mais  c’est aussi en le marginalisant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Cette pathologie s’affiche dans une volonté d’absolue régulation. Mais loin d’être inclusive, elle est d’exclusion du privé dans le public.  Or comment un espace public, qui ne peut se vouloir/se valoir comme uniformité, ne pourrait-il plus se caractériser par le privé qui s’y exprime ? Comment concevoir un espace public privé de ce qui est privé (et ne relève que du privé)?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le mouvement, dans les années 90, des Free parties, comme celui des Apéros géants de Faceboock, se voulait une extension du privé sur le public. La surenchère juridictionnelle et sécuritaire est une extinction, par sa reconfiguration, sa redéfinition, du privé dans le public. Et comme dans cette pathologie en souveraineté, il n’est d’autre acte d’autorité que liberticide, le sentiment de dépossession qu’éprouve(nt) la/les multitude(s) est symptôme de cet état des lieux d’un Etat sans plus d’espace public.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-2603849477259515325?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/2603849477259515325/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=2603849477259515325' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/2603849477259515325'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/2603849477259515325'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/05/etat-des-lieux-dun-etat-sans-plus.html' title='Etat des lieux d’un Etat sans plus d’espace.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-4811614740612456044</id><published>2010-02-26T07:31:00.000-08:00</published><updated>2010-02-26T07:36:50.297-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>fascisme et démocratie... questions d'hier et de notre temps</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Georges Orwell, dans une tribune parue en février 1941, notait que la contestation et le dénigrement de la démocratie était, dans la Grande-Bretagne en guerre, « un des passe-temps les plus faciles du monde » mais il précisait aussitôt : « Dans ce pays, personne n’est plus vraiment obligé de se préoccuper des arguments simplement réactionnaires contre un gouvernement populaire ; mais, au cours des vingt dernières années, la démocratie « bourgeoise » a été attaquée de manière bien plus subtile à la fois par les fascistes et par les communistes, et il est tout à fait significatif que ces ennemis apparents l’aient tous deux attaquée pour les mêmes raisons . » Puis, plus loin, remarquant qu’il est bien plus facile de critiquer ici que dans l’Espagne franquiste ou l’Italie fasciste, que les camps de concentration sont des productions nazies et que les libertés politiques, mises à mal, ne sont pas pour autant annulées en Grande-Bretagne, il regrette l’absence d’un parti socialiste qui, ne renonçant pas aux idéaux des Lumières et de la Révolution française de 1789, serait, contrairement au bolchévisme anglais, une bien meilleure arme politique et morale contre les desseins internationalistes de Hitler et consorts (Staline, aussi et pourquoi pas). « La démocratie bourgeoise ne suffit pas, mais elle vaut bien mieux que le fascisme, et travailler contre elle revient à scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Les gens ordinaires le savent, même si les intellectuels l’ignorent. Ils s’accrocheront fermement à l’ "illusion " de la démocratie et à la conception occidentale de l’honnêteté et de la décence commune. Il est inutile de chercher à les séduire avec le « réalisme » et la politique du pouvoir, en prêchant les doctrines de Machiavel avec le jargon de Lawrence &amp;amp; Wishart. Le mieux auquel on puisse aboutir de cette façon, c’est à une confusion du type de celle que Hitler désire. Tout mouvement qui veut rassembler la masse du peuple anglais doit avoir comme idée-force les valeurs démocratiques que le marxisme doctrinaire élimine somme n’étant qu’ "illusion " et « suprestructure ». Soit nous produirons une version du socialisme plus ou moins en accord avec le passé du peuple, soit nous serons conquis de l’extérieur, avec des résultats imprévisibles mais certainement horribles. Quiconque tente de saper la foi du peuple en la démocratie, de tailler dans le code moral qu’il a puisé dans les siècles de protestantisme et dans la Révolution française, ne s’approchera pas du pouvoir mais permettra à Hitler de s’en approcher – un processus que nous avons si souvent vu se répéter en Europe qu’il n’est plus excusable de se tromper sur sa nature. »&lt;br /&gt;In &lt;em&gt;« Fascisme et démocratie »,&lt;/em&gt; publié dans les &lt;em&gt;Ecrits politiques ( 1928-1949),&lt;/em&gt; édition Agone,  &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-4811614740612456044?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/4811614740612456044/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=4811614740612456044' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4811614740612456044'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4811614740612456044'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/02/fascisme-et-democratie-questions-dhier.html' title='fascisme et démocratie... questions d&apos;hier et de notre temps'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-7794109477553406312</id><published>2010-01-16T00:26:00.000-08:00</published><updated>2010-01-16T00:37:18.208-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>L'OMS, OCEAN DE CORRUPTION ET D'INEFFICACITÉ</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;font-size:85%;"&gt;Article de Sylvie Simon [Journaliste, auteur de "Les dix plus gros mensonges sur les vaccins" (Ed. Dangles), "Ce qu’on nous cache sur les vaccins" (Ed. Delville).]Documenté et étayé, il fournit quelques éléments de réflexion qui ne lèvent aucunement mes doutes sur cette vaste entreprise de manipulation des foules. Je ne m'estime pourtant pas partisan de la "théorie du complot"!!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Courier New;font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;" La manipulation actuelle des medias aux États-Unis est &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;plus efficace qu’elle ne l’était dans l’Allemagne nazie, &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;car ici nous prétendons avoir toute l’information nécessaire. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;Cette erreur empêche les gens d’accéder à la vérité. "&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Mark Crispin MillerPr. de journalisme à l’université de New York&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;     L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) fait la pluie et le beau temps sur notre planète en matière de santé publique et la plupart des gouvernements se réfèrent à ses nombreuses recommandations.&lt;br /&gt;     Or, il y a quelques années, Bertrand Deveaud, journaliste, et Bertrand Lemennicier, professeurs agrégés d’économie, ont enquêté à travers le monde sur cet organisme et ont consulté de nombreux rapports officiels et confidentiels pendant deux ans. Ils en ont conclu que l’OMS ne serait plus que le bateau ivre de la santé publique et naviguerait « sans maître à bord ni objectifs clairs sur un océan de corruption et d’inefficacité » (cf. L’OMS : Bateau ivre de la santé publique, Ed. L’Harmattan). Une série d’articles publiés à la même époque dans The British Medical Journal et dans The Lancet décrivaient l’Organisation Mondiale de la Santé comme une institution corrompue et à bout de souffle.&lt;br /&gt;     À l’origine, l’OMS était censée ne recevoir ses fonds que des gouvernements des Nations Unies, mais depuis quelques années, afin d’augmenter ses capitaux, l’OMS a mis en place ce qu’il appelle un « partenariat privé » qui lui permet de recevoir des aides financières d’industries privées. Mais quelles industries ? Bien évidemment la Mafia pharmaceutique et ses amis qui bénéficient à présent de ce que l’on nomme « une porte ouverte sur un tapis rouge » à Genève.&lt;br /&gt;     Depuis lors, sa crédibilité, sérieusement entamée, ne s’est guère améliorée, et son indépendance est plus que controversée à cause de son manque total de transparence sur les preuves scientifiques étayant ses recommandations et sa collusion avec les multinationales industrielles. Il est évident qu’au niveau mondial les affaires et la politique influencent fortement la santé.&lt;br /&gt;     Le 22 janvier 2007, Alison Katz, une chercheuse qui a passé 17 ans à l’OMS, a adressé une Lettre ouverte à la nouvelle directrice de l’agence, la Chinoise Margaret Chan, accusant l’organisation de « corruption, népotisme, violation des statuts et inefficacité du contrôle interne », et concluant que « l’OMS est devenue une victime de la mondialisation néo-libérale ». Elle dénonce « la commercialisation de la science et les liens étroits entre l’industrie et les institutions académiques » et la science « corporatiste » privée, et estime que « l’OMS doit être le leader d’un mouvement pour transformer la façon dont est conduite la recherche scientifique y compris ses sources de financement, ainsi que l’acquisition et l’utilisation des connaissances » et que les fonctionnaires internationaux n’ont pas le droit de « ne pas savoir ».&lt;br /&gt;     Les Docteurs Andrew Oxman et Atle Fretheim, du Centre norvégien de la connaissance des services de santé, et le Dr John Lavis, de l'Université McMaster au Canada, ont interviewé des responsables de l'OMS et analysé ses différentes recommandations. Andrew Oxman estime qu’il « est difficile de juger de la confiance qu'on peut avoir dans les recommandations de l'OMS si on ne sait pas comment elles ont été élaborées ».&lt;br /&gt;     « Nous savons que notre crédibilité est en jeu » , a admis le Dr Tikki Pang, directeur de la recherche de l'OMS. « Le temps qui presse et le manque d'information et d'argent peuvent parfois compromettre le travail de l'OMS ». Des responsables de l'organisation ont aussi reconnu que, dans bien des cas, la preuve censée être à l'origine d'une recommandation n'existait pas.&lt;br /&gt;     Le Dr Oxman a critiqué l'OMS d’avoir son propre contrôle de qualité. Quand ses avis de 1999 sur le traitement de l'hypertension artérielle ont été critiqués, notamment pour le prix élevé des médicaments recommandés sans preuve d'un bénéfice supérieur à celui de produits moins chers, l'Organisation a publié des « recommandations pour la rédaction des recommandations » qui ont conduit à revoir les conseils concernant l'hypertension. Il est probable que dans cette affaire comme dans bien d’autres, l’industrie pharmaceutique avait discrètement graissé la patte des fonctionnaires de l’OMS. Mais l’affaire s’est aggravée depuis le début de la « pandémie » de la grippe porcine.&lt;br /&gt;      Le Dr Margaret Chan, nouvelle directrice générale de l'OMS, va devoir répondre à ces critiques, comme elle va devoir répondre aux accusations de l’épidémiologiste Tom Jefferson, de la Collaboration Cochrane, organisation de scientifiques indépendants qui a évalué toutes les études réalisées sur la grippe, et a pu mettre en valeur les diverses implications de la privatisation de l’OMS, ainsi que de la commercialisation de la science.&lt;br /&gt;     Lors d’une interview réalisée le 21 juillet 2009 par le magazine allemand Der Spiegel, qui lui a demandé si l’OMS avait délibérément déclaré l’état d’urgence pour la pandémie afin de pouvoir créer un gigantesque marché pour les vaccins H1N1, ainsi que pour les médicaments, Jefferson a répondu : « Ne pensez-vous pas  qu’il y a quelque chose de remarquable dans le fait que l’OMS ait modifié sa définition de la pandémie ? La définition classique parlait d’un nouveau virus qui se répandait rapidement, pour lequel n’existait aucune immunité et qui provoquait un taux élevé de morbidité et de mortalité. Aujourd’hui les deux derniers points ont été supprimés, mais c’est de cette manière que la grippe porcine a pu recevoir la définition de pandémie. »&lt;br /&gt;     Pour lui, l’OMS et des officiels de Santé Publique et des compagnies pharmaceutiques ont construit de toutes pièces cette pandémie imminente. « Des sommes colossales d’argent sont en cause, de même que des carrières et des institutions entières ! ».&lt;br /&gt;     Depuis 2005, le directeur du SAGE (Comité consultatif mondial sur la sécurité vaccinale à l’OMS) est le Dr David Salisbury, responsable du groupe de vaccination et des maladies infectieuses au Ministère de la santé du gouvernement britannique. Au cours des années 80, le Dr Salisbury avait déjà été sévèrement critiqué à la suite de très nombreux effets secondaires chez les enfants vaccinés avec le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) fabriqué par le prédécesseur de GlaxoSmithKline. Ce vaccin fut retiré de la circulation en Suède, après que des scientifiques aient établi le lien entre le vaccin et la maladie de Crohn, ainsi qu’au Japon, où le gouvernement a été obligé de payer d’importantes indemnités aux victimes. Cet ardent défenseur de Big Pharma a été accusé par le groupe britannique de citoyens défenseurs de la santé « One Click »  de dissimuler les liens avérés entre les vaccins et la montée explosive de l'autisme chez l’enfant, ainsi que les liens entre le vaccin Gardasil® et la paralysie et même la mort.&lt;br /&gt;     Mais ces « accidents »  n’ont guère perturbé le Dr Salisbury, qui a participé très activement à la promotion du vaccin H1N1, non testé et également produit par GlaxoSmithKline.&lt;br /&gt;    En outre, le 28 septembre 2009, ce même Salisbury a osé déclarer : « Il y a un avis très clair dans la communauté scientifique sur le fait que l'inclusion de thimérosal n’est pas dangereuse ». Cette déclaration correspondait au fait que le vaccin utilisé contre le H1N1 en Grande-Bretagne, produit par GlaxoSmithKline, contient du thimérosal. Étant donné que ce conservateur à base de mercure pourrait être lié à l'autisme chez l’enfant aux États-Unis, en 1999, l'American Academy of Pediatrics et le Public Health Service ont exigé qu'il soit retiré des vaccins.&lt;br /&gt;     Les réunions des « scientifiques indépendants »  du SAGE – dont le Dr Arnold Monto, autre membre du SAGE à l'OMS qui a, lui aussi, des liens financiers étroits avec les fabricants de vaccins MedImmune, Glaxo et ViroPharma – regroupent des « observateurs », incluant les producteurs de vaccins, tels GlaxoSmithKline, Novartis ou Baxter. Il est évident qu’ils sont non seulement des observateurs, mais des participants. Il en est de même pour un autre collègue du SAGE et ami proche d’Osterhaus, le Dr Frederick Hayden, du Wellcome Trust britannique, qui reçoit aussi de l'argent de Roche et de GlaxoSmithKline, deux laboratoires pharmaceutiques impliqués dans la production de produits liés à la panique du H1N1, pour des services « consultatifs ».&lt;br /&gt;     Quant au « Dr Grippe », le Pr Albert Osterhaus, de l’université Erasme à Rotterdam, conseiller de l’OMS pour la grippe A, il est au centre de cette « pandémie » hystérique. Certains l’accusent, non sans raisons, de faire partie de la « mafia pharmaceutique »  et d’être l’un des heureux bénéficiaires de la plus importante vaccination mondiale qui se chiffre en milliards d’euros.&lt;br /&gt;     Au point que cette année, la Seconde Chambre du Parlement Néerlandais a initié une investigation sur ses liens d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique. Mais le ministre néerlandais de la Santé, Ab Klink, qui serait un ami personnel d’Osterhaus, a par la suite publié un communiqué sur le site Internet du ministère déclarant qu’Osterhaus n'était qu'un des nombreux conseillers scientifiques du ministère sur les vaccins contre l’H1N1, et que le ministère « était au courant »  des intérêts financiers d’Osterhaus. Comme ses pairs, il reste « impartial » malgré ses liens, et son gouvernement le couvre.&lt;br /&gt;     Le 16 Octobre 2009, le très respecté journal Science publiait une brève note sur le sujet : « Depuis 6 mois, on ne pouvait allumer la télévision sans voir le visage du fameux chasseur de virus, Albert Osterhaus, nous parler de la pandémie porcine. […] Mais la semaine dernière, sa réputation en a pris un coup après qu’il a été accusé d’avoir répandu des craintes de pandémie pour la promotion de ses propres intérêts dans les ventes de vaccins. »&lt;a href="http://www.rense.com/general88/megawho.htm" target="_blank"&gt;http://www.rense.com/general88/megawho.htm&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;     Une investigation plus poussée sur les agissements de ce personnage suggère qu’il est au centre d’une imposture qui, non seulement concerne des milliards d’euros, mais aussi la prise en otage de millions de consommateurs en tant que cobayes pour un vaccin pratiquement non expérimenté. Il faut dire à sa décharge qu’il a été largement suivis par de nombreux gouvernements, tout aussi responsables mais pas coupables.&lt;br /&gt;     Le 8 décembre 2009, le Washington Post publiait un article sur la « gravité » de la « pandémie mondiale » du H1N1 : « […] Avec la deuxième vague d'infections du H1N1 parvenue à son apogée aux États-Unis, les principaux épidémiologistes prédisent que la pandémie pourrait se retrouver au rang des plus bénignes depuis que la médecine moderne a commencé à documenter les poussées de grippe ».&lt;br /&gt;     D’après la banque Morgan de Wall Street, grâce à cette déclaration de l’état pandémique par l’OMS, les entreprises pharmaceutiques géantes, qui financent aussi le travail de l’ESWI d’Osterhaus, se préparent à engranger entre 7,5 et 10 milliards de dollars de bénéfices.&lt;br /&gt;    Non seulement le Dr Osterhaus était bien placé à l’OMS pour faire la promotion de cette pandémie, mais il est également le directeur de l’ESWI (Groupe scientifique européen de la grippe) qui se dit lui-même être le lien entre l’OMS à Genève, l’Institut Robert Koch de Berlin et l’Université du Connecticut, aux États-Unis. Il faut savoir que ce groupe est entièrement financé par les mêmes compagnies mafieuses qui ont déjà gagné des milliards avec cette pandémie. Ses fondateurs sont Novartis, Baxter Vaccines, GlaxoSmithKline, Sanofi Pasteur, fabricants du vaccin, Hofmann-La Roche, distributeur du Tamiflu®, et MedImmune, racheté par AstraZeneca, qui fabrique le vaccin FluMist contre la grippe saisonnière et a reçu en septembre 2009 l’approbation de la FDA pour son vaccin intranasal contre la grippe H1N1.&lt;br /&gt;     Mais le Dr Osterhaus n’en est pas à son coup d’essai. Depuis une dizaine d’années, il est au centre de paniques virales bien organisées. Il en a été ainsi avec le mystérieux virus du SARS (Severe Acquired Respiratory Syndrome) de Hong Kong, où Margaret Chan a débuté sa carrière en tant qu’officiel local. Osterhaus a été engagé en avril 2003 à l’apogée de la panique créée par cette maladie respiratoire. Après la disparition aussi subite qu’inattendue de ce syndrome, Osterhaus dénonça les risques de contact avec les oiseaux et parcourut l’Europe, clamant sur tous les toits que le virus avait dangereusement muté et qu’il était le premier scientifique à signaler qu’il avait franchi la barrière d’espèce et menaçait les humains. Il alerta les politiciens et les journalistes, annonçant que 30 % des oiseaux étaient porteurs du virus mortel H5N1, et que ceux qui venaient de l’Est asiatique transportaient le virus jusqu’en Ukraine, ignorant que les oiseaux ne migraient pas d’est en ouest mais plutôt du nord au sud.&lt;br /&gt;    Selon le New Scientist du 14 janvier 2004, la vaccination massive des poulets de batteries est soupçonnée d'avoir favorisé la dissémination massive du virus H5N1 : « Ce pourrait avoir été une erreur » , conclut le journal. Encore une « erreur » qui a pourtant été considérée comme une trouvaille lorsqu’on a décidé de la mettre en pratique. Plus de 150 millions de volailles, gazées, étouffées, brûlées et parfois même enterrées vivantes dans l'indifférence générale, ont fait les frais de cette « erreur ».&lt;br /&gt;     À cette époque, de Journal télévisé en Journal télévisé, les médias s’étaient déjà relayés pour distiller la panique. Nous l’avons sans doute oublié, mais les « experts de l'OMS » nous avaient annoncé 320 millions de morts en un an, alors que le 31 décembre 2008, après 10 ans de « pandémie aviaire » – imputée aux oiseaux migrateurs, parfaits boucs émissaires –, on dénombrait à peine 248 morts comptabilisés en dix ans, sur la planète entière.&lt;br /&gt;     Aucun oiseau capturé lors des contrôles n'a été déclaré porteur du virus, et tous les scientifiques sérieux savent bien que, étant donnée la violence du virus H5N1, aucun oiseau porteur n’aurait eu la force suffisante pour entamer une migration, d’autant que les oiseaux sont bien plus raisonnables que les hommes.&lt;br /&gt;     Des dizaines de milliers d'oiseaux d'eau ont été testés négatifs au H5N1 cette dernière décennie, et si les oiseaux sauvages avaient répandu la maladie à travers les continents, il y aurait des traces d'apparition d'épidémies le long des voies de migration. Rien de tel n’a été observé et les épidémies n’ont jamais correspondu aux mouvements des oiseaux sauvages, alors qu’elles ont souvent jalonné les routes principales des échanges commerciaux. Mais les politiques, relayés par les médias, ont toujours occulté ce genre d’information.&lt;br /&gt;     Il est vrai qu’il est plus facile d’accuser les oiseaux sauvages que les techniques modernes d'élevage, et les agences gouvernementales ont demandé de prendre des mesures drastiques contre les populations d'oiseaux sauvages, ce qui a ainsi mis en péril certaines espèces, mais n’a eu aucun effet sur l'épizootie.&lt;br /&gt;     Comme on le sait trop bien, les laboratoires répandent la peur pour mieux vendre leurs produits avec la complicité de certains responsables des instances de santé ou de l’OMS.&lt;br /&gt;     Le Directeur général de l'OMS a affolé les populations avec ce qu'il estimait être « la menace connue la plus grave pour la santé à laquelle le monde soit aujourd'hui confronté, à savoir la grippe aviaire ». Et, « si nul ne peut prédire quand elle frappera, une propagation internationale rapide est absolument certaine dès l'apparition d'un virus pandémique », ce qui représente « un grave danger pour tous les peuples » . Aussi, devons-nous être prêts afin de « réagir immédiatement, globalement et efficacement ».&lt;br /&gt;     Ainsi, le mercredi 15 septembre 2004, à l'ONU, on a beaucoup parlé des risques d'une pandémie de grippe humaine d'origine aviaire. Le président Bush et le Premier ministre français Dominique de Villepin ont appelé à une mobilisation internationale contre la grippe aviaire. « Si rien n'est fait, ce virus pourrait provoquer la première pandémie du XXIe siècle », a averti G. Bush devant l'Assemblée générale de l'ONU. « L'ampleur de la menace nous impose de réagir sans délai », a renchéri Dominique de Villepin, invitant à « conjurer le risque de pandémie ». De la part de Bush, étant habitués à ses excès et ses mensonges – entre autres la peur irraisonnée du virus de la variole qu'il a propagée afin de faire vacciner des milliers de militaires –, nous ne pouvons être surpris.&lt;br /&gt;     À la fin de 2004, Klaus Stijhr, coordinateur du programme de l'OMS contre la grippe, avait affirmé, dans la revue américaine Science, qu'une pandémie de grippe pourrait rendre malade 20 % de la population mondiale, que près de 30 millions de personnes auraient besoin d'être hospitalisées et un quart d'entre elles mourraient. Il avait appelé chaque pays à se préparer. Quant au directeur régional de l'OMS Shigeru Omi, lors d'une visite à Hong Kong en novembre 2004, il avait terrorisé les foules en annonçant que « les évaluations les plus prudentes font état de sept à dix millions de morts, mais le maximum pourrait être de cinquante millions ou même, dans le pire des scénarios, cent millions ».&lt;br /&gt;     Pour ces experts, la question n'était donc plus de savoir s'il y aurait une pandémie, mais quand elle aurait lieu.&lt;br /&gt;     En France, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a alors commandé plusieurs dizaines de millions de vaccins H5N1 mutant et deux millions de doses du vaccin pré-pandémique qui n’ont servi qu’à creuser encore le « trou de la Sécu » . Personne n’a songé à le lui reprocher.&lt;br /&gt;     À son tour, en octobre, le président G. Bush a appelé à une mobilisation internationale contre la grippe aviaire, annonçant que 200 000 personnes au moins allaient en mourir, mais que ce chiffre risquait d’atteindre 2 millions rien qu’aux États-Unis. Il demanda au Congrès d’accorder 7,1 milliards de dollars pour faire face à cette menace.&lt;br /&gt;     De nombreux scientifiques s’interrogeaient alors ouvertement sur l’ampleur réelle de la menace d’une nouvelle pandémie humaine d’origine aviaire de type H5N1 et sur le bien-fondé de l’achat massif de Tamiflu®. « Je sens comme une sorte d’hystérie sur la question du H5N1 », déclara Peter Palese, virologue à la Mount Sinaï School of Medicine de New York, dans le numéro du 18 novembre 2005 de la très sérieuse revue américaine Science.&lt;br /&gt;     À cette époque, la mort d’une oie ou d’un canard sauvage provoquait un reportage au JT.Le laboratoire Sanofi-Pasteur, du groupe Sanofi-Aventis, était alors « en discussions avancées avec les gouvernements et autorités européens pour la production de vaccin H5N1 et d'options de production de vaccin pandémique ». Il a alors conclu un contrat de 100 millions de dollars  avec le ministère de la santé américain pour la production d'un vaccin pré-pandémique, servant à prévenir une éventuelle grippe aviaire. Le vaccin prototype concernait la souche actuelle du virus de la grippe du poulet H5N1.&lt;br /&gt;     Pour sa part, le laboratoire suisse Novartis a proposé à la firme californienne Chiron 4,5 milliards de dollars pour prendre possession de 100 % de son capital, mettant ainsi la main sur ses usines. Quant à la firme britannique GlaxoSmithKline, elle a acheté ID Biomedical, laboratoire canadien, pour 1,4 milliard de dollars, afin de « répondre à la demande croissante de vaccins antigrippe » et de « préparer la menace d'une pandémie ».&lt;br /&gt;     Les ministères, qu’ils soient de l’agriculture ou de la santé, devraient se poser de vraies questions sur la santé : pourquoi les pays qui n'ont pas développé d'élevages intensifs ont-ils été épargnés ? pourquoi cette grippe aviaire a-t-elle éclaté en même temps dans les élevages industriels d'Indonésie, de Thaïlande, de Chine et du Japon, qui nourrissent 7 milliards de poulets et exportent 40 % de la volaille mondiale ? Dans ces pays, où les élevages atteignent des tailles gigantesques – on a signalé 5 millions d'oiseaux dans une seule exploitation –, les conditions d’élevage sont effroyables, et les pollutions de l'air et de l'eau à peine imaginables.&lt;br /&gt;     La polémique a débuté dans un article publié par le journal anglais The Times au sujet des supermarchés Tesco qui possèdent d’immenses poulaillers industriels en Thaïlande et incitent les éleveurs d'Asie à produire des oiseaux au plus bas prix. Et, dans son numéro de décembre 2005, le magazine anglais &lt;a href="http://www.theecologist.org/investigations/health/268830/avian_flu_the_ecology_of_an_epidemic.html" target="_blank"&gt;The Ecologist&lt;/a&gt; a aussi publié des accusations précises sur ce sujet.&lt;br /&gt;     À son tour, en mars 2006, le GRAIN (organisation internationale non gouvernementale pour la promotion, la gestion et l'utilisation durables de la biodiversité agricole) a publié un rapport qui montre comment l'industrie avicole multinationale est à l'origine du problème et devrait être au centre des actions menées pour maîtriser le virus. Le GRAIN signale que, depuis des siècles, la grippe aviaire coexiste plutôt paisiblement avec les oiseaux sauvages, les élevages de volaille à petite échelle et les marchés de volaille vivante. Mais la vague de souches extrêmement pathogènes de grippe aviaire qui a décimé la volaille et tué quelques personnes à travers la planète ces dix dernières années est sans précédent, comme l'est actuellement l'industrie multinationale avicole.&lt;br /&gt;     Lorsqu’un virus, comme celui de la grippe aviaire, pénètre dans des élevages industriels surpeuplés, il peut rapidement devenir mortel et se développer. L'air vicié par la charge virale est transporté sur des kilomètres à partir des fermes infectées, pendant que les réseaux d'échanges commerciaux intégrés répandent la maladie par les nombreux transports d'oiseaux vivants, de poussins d'un jour, de viande, de plumes, d'œufs, de fumier de volaille et d'alimentation animale.&lt;br /&gt;    « Il apparaît de plus en plus évident, comme on l'a vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare dans les grosses fermes industrielles et qu'ensuite elle se propage », explique Devlin Kuyek du GRAIN. Pour lui, les oiseaux migrateurs et les poulets de basse-cour ne sont pas les vecteurs effectifs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. « Le virus les tue, mais il est peu probable que ce soit eux qui le propagent. »&lt;br /&gt;     En France, la première et seule contamination de volaille domestique s'est déclarée dans un gros élevage industriel de dindes, à Versailleux dans l'Ain, où 11 000 volatiles étaient confinés, totalement séparés des oiseaux sauvages.&lt;br /&gt;     Birdlife International a alors demandé qu'une enquête indépendante sur la propagation du H5N1 soit conduite, étudiant le rôle de l'industrie globale de l'élevage de volailles, et établissant des cartes des élevages, officiels ou non, ainsi que les routes du commerce de volailles en liaison avec l'éruption des épidémies.&lt;br /&gt;     En 1996, 1997 et 2002, on a retrouvé le virus H5N1 sur des poulets en Chine, à Hong- Kong. Il est possible qu’il ait touché d'autres oiseaux, qu’ils soient de basse-cour ou migrateurs sauvages, car un virus peut rester dormant et passer inaperçu chez les porteurs sains, mais il ne les a pas tués par milliers.&lt;br /&gt;     Depuis 1959, l'infection humaine par un virus grippal aviaire n'a été établie qu'à dix reprises. Parmi les centaines de souches de virus de la grippe aviaire, seulement quatre auraient infecté l'homme (H5N1, H7N3, H7N7 et H9N2), n'entraînant généralement que des symptômes légers ou une maladie bénigne, à l'exception notable du virus H5N1, précise l'OMS.&lt;br /&gt;     Cependant, certaines des organisations qui essaient de surveiller et contrôler la grippe aviaire comme la FAO semblent réticentes à mettre en évidence le rôle joué par l'élevage intensif, à cause de l'impact sur les économies nationales et sur l'accès à des protéines bon marché. Ainsi, la FAO se garde bien d’enquêter sur la manière dont les fermes industrielles propagent le virus avec leurs sous-produits, tels que l'alimentation animale et le fumier. Au contraire, ces organismes profitent de la crise pour industrialiser davantage le secteur avicole. Les initiatives se multiplient pour évincer les petits producteurs et interdire la volaille en plein air, et pour réapprovisionner les fermes avec des poulets génétiquement modifiés. Les complicités avec une industrie meurtrière se multiplient de toute part.&lt;br /&gt;     En conséquence : « Les agriculteurs perdent leurs moyens d'existence, les poulets locaux sont éliminés et quelques experts déclarent que nous sommes à l'aube d'une épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes » , conclut Devlin Kuyek. « Quand les gouvernements réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les protéger contre l'industrie avicole mondiale ? »&lt;br /&gt;     En matière de santé, il serait urgent de se pencher sur la façon dont le monde se nourrit et de mesurer les conséquences que cela peut entraîner pour la santé humaine et la biodiversité de la planète. Et cela, non seulement au sujet de l'industrie avicole mondiale, mais de toute l’industrie animale, car nous ne devons pas oublier la « vache folle », ni toutes les maladies qui ont frappé ces derniers temps les animaux d’élevage intensif.&lt;br /&gt;     Cette piste est bien plus réaliste que la multiplication d’achat de Tamiflu® ou la fabrication de vaccins illusoires, mais il est certain qu’elle ne profiterait pas aux laboratoires pharmaceutiques et nuirait à l’industrie alimentaire mondiale. Et cela est inacceptable pour tous ceux qui nous gouvernent.&lt;br /&gt;     Pour rappel également, le 29 novembre 2009, l'OMS comptabilisait à peine 8 768 morts de la grippe H1N1 en 8 mois (alors qu'habituellement, la grippe ordinaire est censée tuer 250 000 à 500 000 personnes chaque année). Dans le même temps, plusieurs pays de l'hémisphère nord annoncent une décroissance des cas de grippe H1N1. On est donc en droit de se demander : mais où est donc passée cette pandémie ? Et pourquoi avoir dépensé des milliards de dollars et des milliards d'euros pour une maladie aussi peu meurtrière (en comparaison non seulement avec la grippe saisonnière, mais aussi avec les autres maladies mortelles) ? On nous avait tout de même annoncé une pandémie susceptible de faire autant de morts que la grippe espagnole (soit 40 à 100 millions de morts).&lt;br /&gt;     Malgré la publication par le Lancet de deux études qui prouvent que les vaccins sont bien moins efficaces qu’on ne le croyait, et que les virus grippaux ont développé une forte résistance aux antiviraux utilisés pour traiter les patients déjà malades, tous les gouvernements se sont entêtés à stocker des antiviraux et des millions de doses de vaccins contre la grippe aviaire.&lt;br /&gt;     « Notre rapport a eu un grand impact sur les agences de santé et les gouvernements qui comptaient stocker ces médicaments pour les épidémies de grippe », avait pourtant annoncé le Dr Rick Bright, du CDC. Ce « grand impact » ne semble cependant pas avoir été ressenti par les trente pays qui ont commandé du Tamiflu®, le plus nouveau et le plus cher des médicaments antiviraux. Martina Rupp, porte-parole de Roche le laboratoire suisse qui le fabrique, a annoncé que le Ministre de la Santé de Hollande a commandé 5 millions de doses, assez pour traiter un tiers de la population, et le Royaume-Uni 15 millions.&lt;br /&gt;     Bruno Lina, du Centre national de référence de la grippe de Lyon qui sévit toujours sur nos ondes au sujet du virus H1N1 sans avoir en face de lui un seul détracteur, considérait que « tout va dépendre des migrations des oiseaux sauvages porteurs du H5N1. Ils ont atteint la Russie et le Kazakhstan. Ce virus pourrait toucher l'Europe l'année prochaine, par le biais des oiseaux qui empruntent les couloirs africains », et Pierre Dellamonica, spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Nice proclamait : « Si c'est une petite pandémie, nous n'aurons pas trop de problèmes. Si le virus est très pathogène, personne ne sait vraiment ce qui va se passer » (cf. Les Échos, Libération, 13 septembre 2005). Il est permis de se demander comment une pandémie peut être « petite » puisqu’elle concerne toute la planète ? Dans ce cas, l’actuelle est « minuscule ».&lt;br /&gt;     En mai 2006, au Congrès de l’OIE (World Organization for Animal Health), Osterhaus et ses collègues de l’Erasmus ont dû admettre qu’en vérifiant 100 000 échantillons des fientes de leurs volatiles, ils n’avaient pu découvrir un seul cas de virus H5N1.&lt;br /&gt;     Et lors d’une conférence de l’OMS à Vérone en 2008 appelée « Avian influenza at the Human-Animal Interface », Osterhaus dut admettre devant ses collègues scientifiques bien moins impressionnés par l’idée d’une pandémie que le public non scientifique que, selon les informations dont il disposait, l’on ne pouvait accuser le virus H5N1 de causer une nouvelle pandémie.&lt;br /&gt;     Cependant, en avril 2009 leur recherche parut récompensée lorsqu’un cas de grippe porcine fut signalé chez un enfant à La Gloria, un petit village mexicain de Veracruz. Le bulletin médical annonçait « l’étrange irruption d’une infection respiratoire aiguë »  dont les symptômes étaient la fièvre, une toux sévère et un rejet de mucus, ce qui semblait plus ou moins « normal » à proximité de la plus grande concentration de porcs de batteries appartenant à la firme américaine Smithfield Farms, où les résidents s’étaient déjà souvent plaints de problèmes respiratoires. Cette considération n’arrêta pas Osterhaus et ses collègues conseillers de l’OMS. On attendait une « pandémie » de grippe aviaire. Or, c’est la grippe porcine qui est arrivée, mais la pandémie tant attendue et annoncée depuis si longtemps était enfin à leur portée, ils n’avaient pas l’intention de la laisser passer. Et le 11 juin 2009, avec une hâte plus qu’indécente, le Dr Margaret Chan, directeur général de l’OMS annonça la Phase 6 d’une pandémie qui pouvait ressembler à la fameuse grippe dite « espagnole »  de 1918.&lt;br /&gt;     Igor  Barinow, parlementaire russe et Président de la Douma (Comité de Santé Publique) a interpellé l’ambassadeur russe auprès de l’OMS à Genève pour qu’une enquête officielle soit lancée par rapport aux témoignages et preuves qui se multiplient sur une corruption massive au sein de l’organisation. « Il est urgent qu’une commission internationale d’enquête puisse être mise sur pied ».&lt;br /&gt;     En 1976, le gouvernement des États-Unis a été confronté à un virus de grippe porcine. Le président Ford s’était alors fait vacciné à grand renfort de publicité devant les caméras de la télévision américaine, ce qui avait entraîné la vaccination de plus de 40 millions de personnes. Cependant, on dénombra très rapidement sept cents morts, dont 30 « inexpliqués » chez des gens âgés dans les heures qui suivirent l’injection, et plus de 565 cas de paralysie type Guillain-Barré, 1 300 réactions adverses telles que de sévères complications neurologiques, des maladies de Parkinson, des inflammations articulaires et de multiples scléroses. La campagne, qui avait duré dix semaines, fut aussitôt suspendue, mais les dommages se sont élevés à 3,5 milliards de dollars.&lt;br /&gt;     Tout le monde ou presque a oublié ce scandale.&lt;br /&gt;     Pour éviter que cette situation ne se reproduise, le gouvernement américain a pris des mesures pour empêcher tout procès intenté par les milliers de citoyens américains qui souffriront des sévères complications dues aux vaccins non testés.&lt;br /&gt;     Aussi, le 25 juin 2009, Kathleen Sebelius, ministre de la Santé et des Services sociaux des États-Unis, a signé un document fédéral qui garantit l’impunité aux officiels de la Santé, aux fabricants du Tamiflu® et du Relenza® ainsi qu’aux laboratoires qui ont commercialisé les vaccins contre la grippe et les adjuvants qui leur sont associés. Cela laisse supposer qu’elle sait qu’il y aura des dégâts, comme elle sait également que la plupart des grandes compagnies d’assurances refusent de couvrir les accidents qui pourraient découler de cette campagne.&lt;br /&gt;     Cependant, elle a avoué que « La grippe porcine est moins dangereuse que ce qu’on pouvait penser ». Rien de plus normal puisqu’on s’attendait à 70 % de décès et que le pourcentage est de 0,03 %.&lt;br /&gt;     Mais peu importe, puisque les dégâts ne sont jamais reconnus, et que l’OMS a nié en décembre 2009 la responsabilité du vaccin dans les quelque 40 morts officielles ainsi que dans la douzaine de syndromes de Guillain-Barré, advenus tout de suite après l’injection.&lt;br /&gt;     Ainsi, tout décès qui se produit chez un patient qui manifeste des symptômes similaires à ceux de la grippe est forcément dû au virus, bien que l’OMS ait abandonné depuis quelque temps de recenser les vraies grippes H1N1, et tout décès qui survient après le vaccin est d’évidence d’origine étrangère, même si la victime était en parfait état de santé avant la vaccination. Ce constat concerne aussi les très nombreuses fausses couches qui adviennent par « le plus grand des hasards »  chez des femmes saines récemment vaccinées.&lt;br /&gt;     Heureusement, les populations ne sont plus dupes comme elles l’ont été trop longtemps et refusent en masse ce vaccin. Comme l’ont annoncé Fox News et bien d’autres médias américains, ce vaccin est un tel fiasco que, dans certains États, les services de santé l’offrent à qui le désire et bien peu l’acceptent. Par exemple, au Montana, la demande est si rare que les autorités essaient de se débarrasser de leurs lots en parcourant les routes et proposant le vaccin à ceux qu’ils rencontrent sous le prétexte qu’une autre vague d’épidémie risque de se produire.&lt;br /&gt;     Le seul problème qui peut résulter de ce flop est, comme dans l’histoire du « petit garçon qui criait au loup » , personne ne s’inquiètera si un virus mute un jour dangereusement, ce qui pourrait très bien se produire étant donné les mélanges et expériences que font nos « experts mondiaux »  sur des sujets aussi graves que les mutations virales.&lt;br /&gt;     Et pour l’instant, selon l’EMEA qui est à la botte de l’OMS, le rapport bénéfice/risque des vaccins et des antiviraux contre la pandémie reste positif. « À ce jour, aucun problème de sécurité grave et inattendu n’a été identifié. Les effets indésirables les plus fréquents sont prévus et bénins ».&lt;br /&gt;Sylvie Simon   &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;(c) &lt;a href="http://www.infovaccin.fr/oms_corruption.html"&gt;http://www.infovaccin.fr/oms_corruption.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-7794109477553406312?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/7794109477553406312/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=7794109477553406312' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7794109477553406312'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7794109477553406312'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/01/loms-ocean-de-corruption-et.html' title='L&apos;OMS, OCEAN DE CORRUPTION ET D&apos;INEFFICACITÉ'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-4127591620800601110</id><published>2010-01-10T03:23:00.000-08:00</published><updated>2010-01-10T03:24:48.129-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Faites suivre ce message: coup de gueule d'Eva Joly contre la suppression du juge d'instruction</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Monsieur le Président, Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique. Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les  enquêtes.Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie,  porte la marque du stratagème politique.  Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant.  Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire.La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques.Vous pensez que la légitimité  politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs.John Locke l'a observé  justement : "C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il  trouve des limites."Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat en France peut en témoigner. Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ?Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus  puissant de France, c'est vous.Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à  un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;LE SPECTACLE DE L'IMPUNITÉ &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;A de rares exceptions, en matière financière, il n'y a plus que des enquêtes  préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs.La liste des  enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à  l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans  les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa. La justice aurait dû  enquêter pour crever l'abcès.Elle ne l'a pas fait,  laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l'impunité.Une justice dépendante, c'est une justice qui n'ouvre pas d'enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir.Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n'y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun. Est-ce cette face-là de la justice qu'il faut faire ressortir au XXIe siècle ?  Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire.Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l'œuf. Vous voulez confier les enquêtes au parquet ?Cela se peut, mais il faut alors  rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n'a guère été votre choix.Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il  est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux  avocats un pouvoir d'enquête. Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine. En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et  l'inégalité.Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Eva Joly, ancienne magistrate   16/02/09&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-4127591620800601110?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/4127591620800601110/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=4127591620800601110' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4127591620800601110'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4127591620800601110'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2010/01/faites-suivre-ce-message-coup-de-gueule.html' title='Faites suivre ce message: coup de gueule d&apos;Eva Joly contre la suppression du juge d&apos;instruction'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-1369028581405381962</id><published>2009-12-30T03:01:00.000-08:00</published><updated>2009-12-30T03:14:33.087-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='théâtre en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>Quelques thèses de Badiou sur le Théâtre</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;1)« S’il y a du cinéma partout, c’est sans doute qu’il ne requiert nul spectateur, seulement les murs d’un public. Disons qu’un spectateur est réel, un public n’étant qu’une réalité, dont le manque est aussi plein que le plein, puisqu’il ne s’agit que de compter. Le cinéma compte le public, le théâtre compte sur le spectateur, et c’est au défaut de l’un et de l’autre, par un paradoxe ruineux, que la critique invente le spectateur d’un film et le public d’une pièce. » (p.8)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;2)« Posons qu’il y a théâtre dès lors qu’on peut énumérer : premièrement un public rassemblé dans l’intention d’un spectacle ; deuxièmement des acteurs physiquement présents, voix et corps, sur un espace à eux dévolu, où le rassemblement du public les considère ; troisièmement un référent, textuel ou traditionnel, tel que le spectacle en puisse être dit la représentation. » (p.14)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;3)« Il y a en revanche un &lt;em&gt;« théâtre »&lt;/em&gt; qui comble, un &lt;em&gt;« théâtre »&lt;/em&gt; des significations établies, un &lt;em&gt;« théâtre »&lt;/em&gt; auquel rien ne fait défaut, et ce &lt;em&gt;« théâtre »,&lt;/em&gt; abolissant le hasard, induit chez ceux qui haïssent la vérité une satisfaction conviviale. Ce « &lt;em&gt;théâtre&lt;/em&gt; », inversion du Théâtre, est reconnaissable à ce que ceux qui viennent y exhiber leur jouissance, salace ou confite, sont marqués d’un signe identitaire, qu’on le nomme de classe, ou d’opinion. Le vrai public du vrai Théâtre est en revanche générique je veux dire indiscernable prélèvement atypique sur ce que Mallarmé nomme la Foule. Seule une foule peut faire un Spectateur. » (p.34)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;4)« Le « &lt;em&gt;théâtre&lt;/em&gt; » est de l’Etat, n’en soufflant mot. Il perpétue et organise la subjectivité bonasse et ronchonneuse dont l’Etat a besoin.&lt;br /&gt;Le Théâtre, lui, dit toujours quelque chose de l’Etat, et finalement de l’état (de la situation). Il y a bien des raisons de ne pas vouloir écouter ce dire. » (p.40) &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 300px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5420985919724561746" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Szs1-O2TpVI/AAAAAAAABU8/8dMh9mRyWTA/s400/IMG_0784.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;5)« Ce qui est dit au théâtre, même dans un préau d’école avec deux lumignons, est dit en majesté. Si c’est scandaleux, c’est que l’Etat ne se surveille pas assez lui-même : il ne surveille pas Ses paroles. » (p.47)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;6)« Le texte de théâtre est un texte exposé à la politique, forcément. Du reste, de l’&lt;em&gt;Orestie&lt;/em&gt; aux &lt;em&gt;Paravents&lt;/em&gt;, il articule des propositions qui ne sont complètement claires que du point de la politique. Car ce à quoi le texte de théâtre ordonne son incomplétude est toujours la béance du conflit. Un texte de théâtre commence quand deux « &lt;em&gt;personnages&lt;/em&gt; » ne sont pas d’accord. Le théâtre inscrit la discordance.&lt;br /&gt;Or, il n’y a que deux discords majeurs : celui des politiques, et celui des sexes, dont la scène est l’amour.&lt;br /&gt;Deux uniques sujets, donc, pour le texte de théâtre : l’amour et la politique.&lt;br /&gt;Le théâtre : que ces deux sujets n’en fassent qu’un ; tout est dans le nœud de cet un. Et tout le point du théâtre d’aujourd’hui, que ni l’amour ni la politique ne soient des forces que l’époque soit prête, vraiment prête, à clarifier. » (p. 76)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;7)« Le mauvais théâtre, que j’appelle depuis le début le « &lt;em&gt;théâtre&lt;/em&gt; », fait de l’acteur le professionnel stabilisé d’un réseau de signes vocaux et gestuels à quoi se reconnaît que quelque chose existe. Il suscite une complicité de reconnaissance. Il évite au spectateur ce travail attentif de la pensée, qui consiste à partir de présences scéniques incalculables, à accéder aux conventions universelles de la différence sans objet. Le « &lt;em&gt;théâtre &lt;/em&gt;» nous propose une mise en signes des substances supposées. Le Théâtre, un procédure qui exhibe l’humanité générique, c’est-à-dire des différences indiscernables qui ont lieu sur scène pour la première fois. C’est pourquoi il y a quelque chose de douloureux dans l’attention exigée du spectateur de Théâtre, alors qu’aisance et facilité règnent au « &lt;em&gt;théâtre&lt;/em&gt; ». » (p.91)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;8)« L’acteur exhibe sur scène l’évaporation de toute essence stable. La fermeté des signes corporels et vocaux dont il se pare sert avant tout à établir, par surprise et délice, que rien ne coïncide avec soi-même. L’éthique du jeu est celle d’une &lt;em&gt;échappée&lt;/em&gt;, on pourrait dire : l’échappée belle. En particulier, l’acteur opère contre toute théorie naturelle des différences, et en particulier de la différence des sexes. Il officialise ce que nous croyons le plus évidemment donné, conjoint ce que nous imaginons depuis toujours séparé, sépare ce dont l’unité semblait acquise. Le jeu de l’acteur est toujours entre-deux. Cet entre-deux opère dans le pur présent de spectacle, et le public, qui dans la Messe est ployé par la Présence, n’accède à ce présent que dans l’après-coup d’une pensée. Ce que le vrai théâtre présente n’est pas représenté, et « &lt;em&gt;représentation&lt;/em&gt; » est un mot mal placé. &lt;strong&gt;Un spectacle de théâtre est, chaque soir, une inauguration du sens. L’acteur, l’actrice sont, quand texte et mise en scène savent solliciter l’éthique virtuelle du jeu, le pur courage de cette inauguration&lt;/strong&gt;. » (pp. 94-95)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;© Alain badiou, Rhapsodie pour le théâtre, édition Imprimerie nationale, collection « Le Spectateur français », 1990&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1369028581405381962?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1369028581405381962/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1369028581405381962' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1369028581405381962'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1369028581405381962'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/12/quelques-theses-de-badiou-sur-le.html' title='Quelques thèses de Badiou sur le Théâtre'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Szs1-O2TpVI/AAAAAAAABU8/8dMh9mRyWTA/s72-c/IMG_0784.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-724723478230401980</id><published>2009-12-06T07:25:00.000-08:00</published><updated>2009-12-06T07:27:41.211-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>contre le rapt nationaliste de l'idée de nation</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;«Nous exigeons la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;APPEL&lt;br /&gt;«Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de "l’Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger - et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.&lt;br /&gt;«Qu’a fait naître ce ministère? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…&lt;br /&gt;«Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des "dérapages" individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un "débat" sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.&lt;br /&gt;«La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : "Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?" La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.&lt;br /&gt;«C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.&lt;br /&gt;«Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce "ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration", car il met en danger la démocratie.»&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Signataires&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;: Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X) Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière) Serge Slama (juriste, université d’Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d’architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS), Patrick Weil (historien, CNRS).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Deux autres textes :&lt;br /&gt;L’un de &lt;em&gt;Médiapart&lt;/em&gt;, appelant à ne pas participer au débat, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.mediapart.fr/journal/france/021209/lappel-de-mediapart-nous-ne-debattrons-pas"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;ici et à signer&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’autre, de &lt;em&gt;Maître Eolas&lt;/em&gt;, évoquant l’identité nationale du point de vue du droit, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/11/04/Qu-est-ce-qu-%C3%AAtre-fran%C3%A7ais"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;ici&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-724723478230401980?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/724723478230401980/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=724723478230401980' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/724723478230401980'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/724723478230401980'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/12/contre-le-rapt-nationaliste-de-lidee-de.html' title='contre le rapt nationaliste de l&apos;idée de nation'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-748766688993377870</id><published>2009-11-11T02:45:00.000-08:00</published><updated>2009-11-11T02:52:30.825-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='théâtre en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses vues'/><title type='text'>de la vidéo au théâtre - "Sombreros" de découflé et "Paranoïa" des Lucioles</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SvqWGLEh5rI/AAAAAAAABUg/8fpuVQIoEeI/s1600-h/sombrero.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 266px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5402795735779501746" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SvqWGLEh5rI/AAAAAAAABUg/8fpuVQIoEeI/s400/sombrero.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:courier new;font-size:78%;"&gt; Crédit Photo: Laurent Philippe&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Coup sur coup, cette semaine, deux spectacles aussi sophistiqués l’un que l’autre au TNB.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sombreros&lt;/em&gt; de Philippe Découflé et &lt;em&gt;Paranoïa&lt;/em&gt;, nouvel opus du Théâtre des Lucioles.&lt;br /&gt;Quand je dis « sophistiqué », je veux surtout évoqué la débauche de moyens techniques mis en œuvre pour ces deux pièces, aux tonalités différentes, mais qui, d’une certaine manière, se rejoignent toutes deux par le même propos sur la créativité ( comment produire de la fiction ? pour les Lucioles, sur un texte assez déjanté – en tout cas rendu tel – de Rafael Spregelburd ; comment produire un univers mental d’une chorégraphie pour Découflé, à partir du mot et du travail sur les ombres, la couleur), et par l’utilisation de la vidéo, autant la projection que la captation vidéo.&lt;br /&gt;On sent bien ici qu’il s’agit d’un outil à explorer et qui n’a pas livré toutes ses possibilités.&lt;br /&gt;Reste qu’il peut y avoir une &lt;strong&gt;exploration gadgétisée&lt;/strong&gt; de la vidéo, comme s’il s’agissait d’une fin en soi. C’est tout à fait ce que je reproche aux Lucioles : équipés et super-équipés, c’est comme s’ils nous invitaient à voir (et parfois revoir : en ouverture, la même séquence de corps nus ou habillés dans l’eau d’une piscine, déjà vue dans la création de la Tour de la Défense de Copi) toutes les petites trouvailles qu’on ne retrouve pas ailleurs, dans d’autres compagnies (dont beaucoup ne sont pas associées à une scène conventionnée).&lt;br /&gt;Au théâtre, la question des ailleurs, des espaces lointains comme celle des temps différents s’est toujours posée dès lors que l’unité de temps et de lieu ne s’est plus imposée (même si, dans ce cadre-là, la narration convoquait ces ailleurs). Certainement aussi que l’écriture contemporaine s’est ingéniée (au bon sens du terme) à superposer ces ailleurs, à les rendre aussi visibles que dits. Pour la mise en scène, la scénographie, c’est alors un véritable enjeu, un mystère à dénouer, une interrogation à déjouer. Comment amener le spectateur à se confronter à ces temps et espaces qui en sont pas ceux du présent agi par les comédiens, sous les yeux du public ? Cette question est redoublée aussi de ce fait : l’espace de la scène est le seul visible. Comment alors introduire ces ailleurs dans le seul espace visible ? d’où, aussi, cette autre question : multiplier des espaces, dans ce seul espace visible, est-ce produire de l’espace en plus ou continuer l’espace ? Au risque de multiplier des narrations et récits qui, par cette surexposition, entament la crédibilité des uns comme des autres. Dans Paranoïa, on ne joue pas avec et dans l’espace, on se joue des espaces sans rendre l’un plus crédible que les autres. La multiplication de ces ailleurs est, en fait, une accumulation, juxtaposition qui aurait très bien pu ne pas être. Ce sont des espaces « gadgets » (et ils ne le sont assurément pas dans &lt;em&gt;L’Heptalogie&lt;/em&gt; de Bosch qui inspire Spregelburd), et il n’y a pas d’alliance entre eux, si ce n’est un ténu fil conducteur narratif, insuffisant à les faire tenir ensemble.&lt;br /&gt;Chez Découflé, ces espaces ailleurs que la vidéo surexpose sont impliqués déjà dans le mot et le travail autour du mot « ombre ». Impliqués dans les corps. Le devant/derrière, tous les côtés sont engagés dans ce travail. La projection comme la captation vidéo n’ajoutent rien de plus, elles accompagnent, aménagent, font voir ce qu’il en est des corps (de leur visibilité comme de ce qui ne l’est pas, aux yeux du spectateur). Pas un nouveau point de vue sur ces corps, mais un seul et même point de vue, une seule et même focalisation. Et le tour de force, certaines fois assurément poétique de Découflé, c’est de ne pas vouloir en faire trop mais de se concentrer sur la démultiplication des espaces du corps ( espace visible du corps, espaces invisibles du corps). Pour le coup, l’intention initiale est assurée et suivie d’effet.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Quel est le nombre des ombres ?&lt;br /&gt;Il y a les ombres premiers ou décimaux. Il y a les ombres chinoises, les ombres&lt;br /&gt;sombres, les ombres lumineuses. Les ombres portées, les ombres îles du monde.&lt;br /&gt;Les ombres d'un doute...&lt;br /&gt;Je suis comme mon ombre, partout où je vais elle est là, partout où elle va je&lt;br /&gt;suis là ; je ne suis que l'ombre de moi-même ; un corps c'est toujours avec son&lt;br /&gt;ombre, un corps sait qu'une ombre n'est pas un corset.&lt;br /&gt;Tout un chacun a une ombre, toute ombre a un chacun. Que font nos ombres lorsque nous avons le dos tourné ? Ombres, où êtes-vous la nuit ?&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;© Christophe Salengro, d’après Claude Ponti.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-748766688993377870?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/748766688993377870/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=748766688993377870' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/748766688993377870'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/748766688993377870'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/11/de-la-video-au-theatre-sombreros-de.html' title='de la vidéo au théâtre - &quot;Sombreros&quot; de découflé et &quot;Paranoïa&quot; des Lucioles'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SvqWGLEh5rI/AAAAAAAABUg/8fpuVQIoEeI/s72-c/sombrero.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-1958618351113451264</id><published>2009-11-04T02:54:00.000-08:00</published><updated>2009-11-04T02:58:51.512-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Testez votre degré identitaire</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SvFd5sKhnjI/AAAAAAAABUY/gTry3alUQlk/s1600-h/testin.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 400px; FLOAT: left; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5400200673883168306" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SvFd5sKhnjI/AAAAAAAABUY/gTry3alUQlk/s400/testin.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;source &lt;/span&gt;&lt;a href="http://ruminances.unblog.fr/2009/10/28/testez-votre-degre-identitaire/"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;ici&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;, avec les résultats&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1958618351113451264?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1958618351113451264/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1958618351113451264' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1958618351113451264'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1958618351113451264'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/11/source-ici-avec-les-resultats.html' title='Testez votre degré identitaire'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SvFd5sKhnjI/AAAAAAAABUY/gTry3alUQlk/s72-c/testin.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-6592622545740952224</id><published>2009-11-03T03:12:00.000-08:00</published><updated>2009-11-03T03:17:10.234-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>L'extrême droite comme si vous y étiez</title><content type='html'>&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;&lt;em&gt;Il s'agit d'un texte de Serge Portelli, magistrat et vice-président du Tribunal de Paris, paru sur son &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/03/l-extreme-droite-comme-si-vous-y-etiez.html"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;&lt;em&gt;blog&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Que le combat pour la démocratie passe d’abord par les mots; qu’il faille, inlassablement, mener cette lutte, dérisoire, dirait-on, pour conserver son sens au langage que nous partageons et leur réalité à ces valeurs que nous défendons: les jours sombres que nous traversons et qui nous attendent nous rappellent à ce devoir essentiel. Avant de brûler les livres on commence toujours par brûler les mots. *&lt;br /&gt;Le sarkozysme n’est pas la droite classique. L’idéologie qui l’anime n’est pas celle que nous connaissions. Le discours qu’il développe n’est en rien celui que nous entendions, avec tant de variantes pourtant, de De Gaulle à Chirac, en passant par Pompidou ou Giscard d’Estaing. Le vocabulaire qu’il utilise - avec soin - n’est pas celui de la droite républicaine. Son dictionnaire ordinaire emprunte de plus en plus au langage de l’extrême droite et ce langage - qui s’impose insidieusement grâce à l’empire et l’emprise médiatique du système - nous habitue progressivement au pire.&lt;br /&gt;Même si les livres d’histoire et de sciences politiques ne le présente pas ainsi, l’un des actes fondateurs de notre démocratie est, en 1981, la suppression de la peine de mort. Nous avons abandonné pour de bon l’un des derniers oripeaux de la barbarie. Dans sa course éperdue à l’électorat et aux idées lepénistes, Nicolas Sarkozy n’arrête pas de tutoyer cette peine de mort et de jouer avec cette abolition fondatrice. Dans la stratégie ordinaire du discours paradoxal, tout est dit pour nous rapprocher de l’idée que cette peine est envisageable, quitte au dernier moment à se draper vertueusement dans un discours abolitionniste auquel plus personne ne croit. L’utilisation permanente du mot “monstre” pour désigner les auteurs des crimes les plus graves fait partie de cette dérive perverse du vocabulaire. On exclut ainsi ces hommes de l’humanité ordinaire: inutile de chercher à les ramener un jour parmi nous - ce qui, au-delà de la nécessaire sanction, est la mission première de la justice -, nous sommes dans la logique de l’élimination. Dire d’un homme qu’il est un “monstre”, c’est tuer l’homme en lui.&lt;br /&gt;Le traitement de la délinquance sexuelle offre à présent l’occasion d’une nouvelle et très grave dérive. Là aussi, tout commence par les mots. Il existe, parmi toutes les possibilités de traitement de cette criminalité, une option médicale à base de traitement hormonal. Un médecin, peut, dans certains cas bien précis et avec un luxe de précaution - notamment dans le respect absolu du secret médical - le prescrire avec l’accord du patient. Que le patient soit un condamné ne change rien à ces principes. Nicolas Sarkozy se bat depuis des années - bien avant d’être nommé président de la République - pour que ce traitement soit imposé de force à ceux que l’on nomme les délinquants sexuels. Il a été puissamment aidé par ces termes, employés à dessein, de “castration chimique”. Ces mots sont faux. Le traitement est évidemment réversible. Mais le mot “castration” permet de faire le lien immédiat avec la castration dans son sens propre, à savoir l’ablation physique. À la répéter inlassablement, l’idée germe insensiblement qu’une atteinte physique est possible. Et tous ceux qui, en public, essaient de rectifier cette dénomination impropre et dangereuses passent pour des puristes inconséquents. Il n’a pas fallu longtemps pour que Michel Alliot-Marie, le nouveau garde des sceaux, franchisse le pas et évoque franchement la castration physique. “Pour l’instant, reconnaît-elle, la castration physique est interdite en France, mais elle existe ailleurs. Je pense que cela mérite une analyse et qu’aujourd’hui la question de la castration physique peut se poser et être débattue, y compris au Parlement”. Combien de dizaines de milliers de bulletins de vote seront-ils gagnés par ces propos qui donnent la nausée? Dans ce concours d’inhumanité, quelle sera la prochaine idée qui permettrait de satisfaire nos pulsions primaires de vengeance et de mort? Non, rassurez-vous, la peine de mort n’est pas encore là. Pas tout à fait. Nous aurons droit à des dénégations indignées - mais brèves - pour tenter de gagner sur tous les tableaux. Mais l’essentiel est là: l’idée que l’on peut toucher au corps du condamné. Que l’on peut le punir dans sa chair. Qu’il doit expier physiquement. Un germe malsain de plus est déposé dans notre démocratie. Il produira ses effets plus tard, si nous ne réagissons pas vigoureusement en refusant avec la dernière vigueur toute idée de “castration”, en dénonçant le subterfuge des mots et cette noire démagogie.&lt;br /&gt;Eric Besson, lui, avec le zèle touchant des ultimes convertis, tentant de faire oublier ses anciennes et virulentes dénonciations du sarkozysme, avoue sans pudeur qu’en exécution des consignes du président de la République, il cherche à récupérer les voix de l’extrême-droite. Il veut, dit-il, “la mort” du Front National. La paradoxe est que cet homme qui se disait de gauche et se dit à présent de droite, patauge dorénavant non seulement dans les idées mais les pratiques de l’extrême droite. Enfermer des enfants dans des centres de rétention, expulser des jeunes scolarisés, détruire des familles, faire vivre dans l’angoisse des dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, simplement “coupables” de n’avoir pas de papiers, mobiliser en permanence et pervertir l’appareil d’Etat dans des tâches purement électoralistes, renvoyer des étrangers par charters dans des pays en guerre.... voici la réalité de cette politique nauséabonde. Utiliser la souffrance d’êtres humains pour asseoir son pouvoir aujourd’hui et le conserver demain. Dévoyer les valeurs de la République pour fortifier un clan. Mais il faut, là encore, tordre le cou aux mots pour légitimer ce combat déloyal. L’appellation de ce ministère d’ identité nationale est une honte permanente, une opération de grossière propagande qu’il nous faut dénoncer chaque jour. Sans que jamais ne s’installe le renoncement. La dernière trouvaille est d’engager un vaste débat sur ce qu’est l’identité nationale. Les préfets, qui ont pourtant d’autres chats à fouetter, vont être requis pour cette opération de campagne électorale. Il n’est d’autre réponse que de refuser catégoriquement cette dérisoire opération de marketing politique, refuser le piège de ces mots détournés.&lt;br /&gt;Le plus triste est qu’Eric Besson lui-même avait, il y a si peu de temps, en janvier 2007, parfaitement analysé cette imposture qu’il met aujourd’hui en oeuvre. Son livre, “Les inquiétantes ruptures de M. Sarkozy”, était, et reste, une des meilleures descriptions de ce qu’est le sarkozysme. Disséquant le nouveau nationalisme prôné par son adversaire de l’époque, il écrivait: “En fait, sous la fausse bonne idée (reprendre les voix du Front National), les propos de Nicolas Sarkozy renvoient à une période que l’on croyait révolue, celle où la droite républicaine n’était pas au clair avec l’extrême droite”.&lt;br /&gt;Eric Besson veut un débat où l’on ne se paye pas de mots? Qu’il commence par s’y inviter lui-même, qu’il nous explique et nous commente ces pages lumineuses où il dénonçait un populisme inquiétant qui flatte le peuple et attise ses peurs en dérivant chaque jour un peu plus vers la droite extrême. Ou si cette image lui fait trop honte, qu’il parle réellement de ce qu’est et sera l’immigration. Qu’il parte par exemple du rapport 2009 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui vient d’être publié: "Lever les barrières : mobilité et développement humains". Qu’il explique à l’opinion publique que l’immigration profite non seulement au migrant, mais aussi aux pays de départ et d'accueil. Ou qu’il évoque les migrations climatiques qui vont radicalement changer la donne de tous ces problèmes. Ou qu’il parle honnêtement de sa politique en matière d’asile en expliquant que les chiffres qu’il avance pour vanter la générosité de la France ne sont pas de son fait: ils résultent de la jurisprudence des juges de cour nationale du droit d’asile. Chaque année, infirmant les décisions de l’OFPRA, ces juges courageux et consciencieux accordent, à eux seuls, plus d’asiles que l’administration!&lt;br /&gt;Cessons de mêler le mot “France”, les couleurs du drapeau ou le chant d’un hymne de liberté, à ce qui fait chaque jour notre honte et notre souffrance. Si débat il doit y avoir, qu’il soit sur les valeurs de notre démocratie, sur le glissement progressif vers un Etat-limite dans lequel l’appareil d’Etat est mis au service d’une idéologie mortelle pour nos libertés.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-6592622545740952224?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/6592622545740952224/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=6592622545740952224' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6592622545740952224'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6592622545740952224'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/11/lextreme-droite-comme-si-vous-y-etiez.html' title='L&apos;extrême droite comme si vous y étiez'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-4840898340356517478</id><published>2009-11-02T01:17:00.000-08:00</published><updated>2009-11-02T01:28:54.758-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lecture'/><title type='text'>L'être commun c'est ce qui inclut, non ce qui exclut, dans la Respublica</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Su6kMa5lJaI/AAAAAAAABUI/XQXRFVd0z08/s1600-h/social_exclusion1.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 225px; FLOAT: left; HEIGHT: 299px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399433536550020514" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Su6kMa5lJaI/AAAAAAAABUI/XQXRFVd0z08/s320/social_exclusion1.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;"La pensée de la souveraineté est la pensée du peuple comme fondement originaire de l’ordre juridique de la respublica. Elle est pensée de ce qui est commun. En ce sens, la souveraineté est construite et développée, comme forme qui donne l’être à l’Etat, elle n’est pas la politique comme guerre, car elle vise au contraire l’instauration de la politique comme paix. Ce n’est pas dire que la pensée du commun ne requiert pas la détermination de ce qui ne prend pas part au commun. Quant à la guerre elle est un instrument de la politique de la finitude, non son essence. Et si l’être commun suppose ce qui est hors du commun (pour que l’être soit, il faut que le non-être soit), il reste que dans son essence constitutive, l’être commun des modernes pose le commun a priori, et la paix comme son but. Pour l’être commun c’est ce qui inclut, non ce qui exclut, qui est posé d’abord. Et si la fondation de l’être commun passe par la guerre, celle-ci n’est pas pour autant la définition de la souveraineté. Si l’on tient au mot, &lt;strong&gt;la souveraineté commence par poser un principe d’amitié comme condition de possibilité de la respublica, principe d’amitié sans lequel il n’y aurait ni peuple démocratique, ni citoyen libre : est « ami » celui ou celle qui a la même norme du juste en commun. Est ami celui ou celle qui reconnaît ma liberté comme mon bien propre.&lt;/strong&gt; C’est sur un tel fondement que le juste commun d’une république se déploie, dans le cadre particulier des nations historiques – comme pensée de la liberté reconnue. Une telle pensée s’est constituée au cours d’une histoire, comme la pensée d’un peuple, comme la vie du citoyen. "&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;Gérard Mairet, &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;La Fable du monde - enquête philosophique sur la liberté de notre temps.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;édition Gallimard, 2005,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;p.72&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-4840898340356517478?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/4840898340356517478/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=4840898340356517478' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4840898340356517478'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4840898340356517478'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/11/letre-commun-cest-ce-qui-inclut-non.html' title='L&apos;être commun c&apos;est ce qui inclut, non ce qui exclut, dans la Respublica'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Su6kMa5lJaI/AAAAAAAABUI/XQXRFVd0z08/s72-c/social_exclusion1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-2918323956115211116</id><published>2009-10-19T08:19:00.000-07:00</published><updated>2009-10-19T08:26:46.286-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='presse'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>De la légitimité de la violence, à propos du témoignage d'un escorteur de la PAF</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/StyE93c8TGI/AAAAAAAABUA/W-pTuJdHFZs/s1600-h/avion+expulsion.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 218px; FLOAT: left; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5394332652075240546" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/StyE93c8TGI/AAAAAAAABUA/W-pTuJdHFZs/s320/avion+expulsion.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-family:courier new;font-size:85%;"&gt;Yves Cusset, philosophe invité à Kinshasa en décembre 2008 pour un colloque sur «la culture du dialogue et le passage des frontières», a souhaité réagir au récit du policier de la PAF publié sur Mediapart. Sophie Foch-Rémusat et lui s'étaient retrouvés en garde à vue à leur retour. Pierre Lauret avait, lui, été violemment débarqué de l'avion avant le décollage de Paris. Tous les trois avaient posé des questions aux policiers qui escortaient des étrangers faisant l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière. (photo : AFP)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;De la légitimité de la violence, à propos du témoignage d'un escorteur de la PAF&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Une reconduite à la frontière est une décision légitime de l'Etat Français. Si légitime qu'on prend soin de le préciser en ces termes dans le papier qui vous est distribué par un policier affable si vous montez dans un avion où vous risquez de noter la présence légitime de reconduits, ainsi qu'il convient légitimement de les appeler. Si légitime qu'on juge utile de rappeler dans ce papier ce que vous risquez comme poursuites pénales si jamais vous vous opposez à cette décision, et que des agents assermentés se croient en conséquence légitimés à suivre les procédures de neutralisation physique des récalcitrants illégitimes, refusant d'être ramenés chez eux après en être partis au péril de leur vie. Si légitime qu'il paraît presque inutile - voire illégitime - de s'interroger sur cette fameuse différence entre légal et légitime qu'on s'efforce pourtant de nous enseigner en cours de philosophie en terminale. Les fonctionnaires de police à qui l'on confie la «prise en charge» des reconduits semblent d'ailleurs s'appuyer, si l'on en croit le témoignage anonyme publié par Mediapart la semaine dernière, sur la conscience de la légitimité de leur travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premier aspect de la dite légitimité: ces reconduites ne sont que l'application de la loi, et la loi, dans notre doux pays qui se réclame de l'héritage de Rousseau, est l'expression de la volonté générale. Notre policier, rassurons-nous, en est informé: «Il y a une législation sur les étrangers. Forcer le passage, c'est pas très correct». Que l'application de la loi puisse dégénérer en simple respect extérieur et policier de l'ordre public, exprimée en termes euphémistiques de correction ou de politesse, qu'elle puisse être instrumentalisée par la majorité élue, qu'elle puisse conduire au déni de la libre discussion dans l'espace public, bref, qu'une décision de la majorité ne constitue pas nécessairement l'ultime garant de la légitimité démocratique, tout cela c'est très beau, mais c'est assurément de la philosophie, si l'on en croit notre témoin qui ne manque d'ailleurs pas de dénoncer ces philosophes «qui n'y connaissent rien, mais qui veulent faire les nouveaux justes», en entravant la légitime action de la police aux frontières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis nous sommes en démocratie, nous sommes tous à la fois les destinataires et les co-auteurs de la loi. Sauf les reconduits, qui sont étrangement les destinataires d'une loi d'exception dont ils ne peuvent être reconnus comme les co-auteurs légitimes et dont ces co-auteurs ne peuvent pas être eux-mêmes les destinataires. Etrange exception à la règle démocratique, à l'égalité devant la loi et à la symétrie de la reconnaissance juridique, qui pourrait, sait-on jamais, interpeller la conscience politique des citoyens que nous sommes censés être. Qu'on traite comme délinquants ou criminels ceux dont le seul crime est de ne pas faire partie du compte des parts de cette misère du monde que nous voulons bien encore éventuellement accueillir, à condition d'intégrabilité testable, cela n'a visiblement non plus rien à faire avec la légitimité démocratique. La démocratie a parfois ses raisons que la raison démocratique ignore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre aspect de la légitimité: l'humanité avec laquelle on prend soin de traiter les reconduits. La légitimité morale vient donc heureusement compléter la légitimité de la loi et de la démocratie. «On est là pour les ramener, pas pour les emmerder», nous rappelle avec bonhommie notre fonctionnaire débonnaire, insistant sur le fait qu'on ne force pas les malades à partir, et qu'on se contente d'appliquer les mesures de contrainte physique et de coercition appropriées et légitimes prévues par le Manuel des Gestes Techniques Professionnels en Intervention. Ainsi les policiers de la PAF deviennent-ils des spécialistes professionnels des techniques humanitaires de régulation phonique, de sanglage ou de mise au sol qui évitent les coups superflus et les mesures intempestives de pliage. On s'étonnera juste un petit peu de ce que l'homme que notre policier traite avec humanité ne soit jamais envisagé comme un possible sujet de droit, mais tantôt comme un enfant (il faut qu'il comprenne et qu'il soit gentil et tout se passera très bien) tantôt comme un animal (quand il n'est pas docile, il ne proteste pas, non, il se chie dessus, il crie, il crache, il mord): déni d'humanité affiché avec une touchante candeur sous le masque de la légitimité. Pour celui qui représente la voix suprême, l'injonction de la raison d'Etat, le sans-papier est aussi un sans-voix qui tout au plus trouble l'ordre public par ses propos inarticulés, son bruit et son vacarme. C'est ainsi qu'on envisage aussi la légitimité des Droits de l'Homme: régressant bien en-deçà de l'habeas corpus, elle n'est plus envisagée que comme cette limite humanitaire négative qui interdit d'infliger des violences inutiles ou de tuer volontairement. Même la déportation, c'est-à-dire le déplacement forcé de groupes entiers d'individus par l'intermédiaire d'engins spécifiquement affectés à cette tâche (Beechcraft ou Dash 8 qui décollent du Bourget), rentre à l'intérieur de cette limite. Un secrétariat aux Droits de l'Homme n'est que l'écran de fumée d'une bonne conscience obscène qui se contente de vérifier de temps à autre le maintien de cette limite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis il n'y a pas que la question de la légitimité de la tâche accomplie, pourquoi n'en évoquerait-on pas l'agrément? La police n'aurait-elle pas elle aussi le droit d'être un peu décomplexée? En effet, quelle honte y a-t-il à bénéficier un tant soit peu de l'aspect touristique de ces voyages contraints? Est-ce si illégitime que cela? Certes, les frais de mission sont faibles et les salaires permettent difficilement de se payer une Rolex à 50 ans - même si on peut trouver d'excellentes contrefaçons dans les pays visités - mais «on a quand même un boulot sympa parce qu'on voyage beaucoup, on fait la fête, on voit du pays». On peut comprendre là la légitimité de l'argument du fonctionnaire qui, à l'instar de tous les sujets demandant leur part de jouissance du néo-libéralisme, clame le droit à relâcher la vigilance du cortex préfrontal, celle-là même qui continue de lui faire dire que sa mission est «un peu absurde» et que «la plupart des mecs qu'on reconduit sont des victimes». On comprend qu'il ne veuille pas s'engager trop loin dans cette voie, car c'est à partir de là seulement qu'il pourrait peut-être commencer à s'interroger sur la légitimité de sa mission comme de cette politique d'expulsion dont il n'est qu'un banal exécutant sous-payé, à s'interroger du coup sur un possible hiatus entre légalité et légitimité. On ne le lui demandera pas, ce serait rendre sa mission problématique sinon paradoxale, ce serait l'exposer à la dépression lors même que, dans ce service, «on est là pour s'amuser» et que «la liste d'attente est longue». Or il semblerait qu'on ne souffre quand même pas autant de dépression à la PAF qu'à France Télécom. Combien de policiers chargés de reconduite ont-ils démissionné ou demandé une autre affectation? Combien ont attenté à leurs jours? Difficile de le savoir; mais il n'est pas difficile de constater qu'on ne manque pas d'agents pour effectuer ces missions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait au dernier festival d'Avignon une belle pièce, une galerie de héros très ordinaires parmi lesquels apparaissait le personnage d'un policier décidant un beau jour, après avoir été missionné un dimanche matin pour aller interpeller une famille de maliens sans papiers, de quitter sa fonction, retrouvant alors sans s'y attendre l'amour et la fierté de sa femme. N'est-ce que de la douce littérature? Pas nécessairement. Contrairement au constat dressé par le fonctionnaire, il y a assurément dans la police des conflits, des hésitations, des doutes, et très probablement un résidu de honte. On peut même aller jusqu'à espérer bêtement que le doute traverse la conscience de la plupart des agents de la Police aux Frontières. Mais on ne peut faire là-dessus que des conjectures et il est totalement utopique d'attendre des agents de l'Etat qu'ils refusent d'assumer leur propre mission. En revanche, il est du devoir de chacun, pour autant qu'il ne se réduit pas à n'être qu'un élément négligeable de la majorité, de s'interroger publiquement sur la légitimité des missions confiées aux agents de l'Etat. Car ces derniers, dans une démocratie, ne sont pas que les exécutants des ordres du souverain (des agents de la force publique) mais aussi, idéalement, les acteurs d'un service public de paix civile et de sécurité qui doit pouvoir rester soumis au contrôle démocratique de l'ensemble des citoyens. Interroger les policiers sur ce qu'ils font, demander des comptes, manifester son désaccord, cela ne relève ni de la rébellion, ni même de la désobéissance, mais de la plus élémentaire civilité qui veut qu'il n'existe pas de véritable légitimité démocratique sans la possibilité de soumettre la loi, l'ordre public et le pouvoir de la majorité à l'épreuve d'un espace public de discussion et de contestation. Personne n'a l'obligation d'être le complice, même passif, d'une politique qui se drape de la pseudo-légitimité de l'application de la loi pour justifier l'injustifiable, à commencer par le déni des plus élémentaires droits humains, comme ceux de liberté individuelle ou d'égalité devant la loi. Les avions sont peut-être des espaces clos, mais au contraire des dites unités locales d'éloignement, et exception faite des avions spéciaux affectés à la déportation des populations, ce sont des espaces publics et visibles dans lesquels la violence réelle de la politique d'expulsion échappe un temps au secret et à l'invisibilité, échappe pour ainsi dire à sa propre clandestinité, qu'elle voudrait tant pouvoir maintenir d'un bout à l'autre du processus d'éloignement. Ils peuvent du coup devenir aussi des micro-espaces démocratiques, où l'on se ressaisit d'une légitimité dont on est trop souvent dépossédé sans s'en apercevoir. L'opposition au moins verbale aux mesures de reconduite à la frontière n'est pas qu'une affaire de conscience morale mais l'amorce d'un mouvement démocratique de lutte pour les droits civils et politiques comme de réappropriation de la raison publique, contre la triste banalisation de l'exécution des politiques massives d'expulsion menées par les Etats européens, banalisation dont le témoignage de l'escorteur de la PAF est malgré lui la brutale illustration.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:courier new;font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;Yves Cusset est professeur de philosophie, auteur et comédien. Il vient d'achever un essai philosophique sur les politiques de l'accueil à paraître aux éditions des Prairies Ordinaires.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-2918323956115211116?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/2918323956115211116/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=2918323956115211116' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/2918323956115211116'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/2918323956115211116'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/10/de-la-legitimite-de-la-violence-propos.html' title='De la légitimité de la violence, à propos du témoignage d&apos;un escorteur de la PAF'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/StyE93c8TGI/AAAAAAAABUA/W-pTuJdHFZs/s72-c/avion+expulsion.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-888165161330977357</id><published>2009-10-11T08:16:00.000-07:00</published><updated>2009-10-11T08:25:31.837-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Polanski, Mitterrand : le soliloque du dominant</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Entre les positions et prises de bec consacrés à ces deux hommes devenus sujets à part entière de l'actualité, cette prise de position de Mona Chollet [j'en reprends le titre] sur son site &lt;em&gt;Périphériques. &lt;/em&gt;Extraits&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;"La vieille mythomanie du client de la prostitution&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;S’abriter derrière son statut d’artiste pour justifier cet usage consolatoire de plus faible que soi ne va pas sans poser quelques problèmes. « La littérature, ironise &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2009/10/09/1066-eloge-de-la-litterature"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;André Gunthert&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt; sur &lt;em&gt;Recherche en histoire visuelle&lt;/em&gt;, c’est comme la baguette magique de la fée Clochette : ça transforme tout ce qui est vil et laid en quelque chose de beau et de nimbé, avec un peu de poudre d’or, de musique et de grappes de raisin tout autour. Pour les poètes, la prostitution n’est plus la misère, le sordide et la honte. Elle devient l’archet de la sensibilité, l’écho des voix célestes, la transfiguration des âmes souffrantes. La littérature, ça existe aussi au cinéma. Talisman de classe, elle protège celui qui la porte de l’adversité. Que vaut une fillette de 13 ans face à une Palme d’or ? »&lt;br /&gt;Erotisme de ventriloques, et production artistique de ventriloques, aussi, en effet. Frédéric Mitterrand se trouve en position de dominant non seulement parce qu’il paie un jeune Thaïlandais pour que celui-ci se mette au service de son désir (« I want you happy » : comme c’est touchant), mais aussi parce qu’il en fait ensuite un livre, dont la puissance littéraire n’a pas échappé &lt;/span&gt;&lt;a href="http://bravepatrie.com/Les-ouvertures-de-Frederic,1397"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;à nos chevronnés esthètes bravepatriotes&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;, et dans lequel il projette sur le jeune homme les sentiments qui lui conviennent, avec cette étonnante capacité à se raconter des histoires que manifestent les clients de la prostitution (« Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l’intensité de ce que je ressens et je jurerais qu’il en est de même pour lui » - voir les &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/08/extrait-de-la-mauvaise-vie-de-frederic-mitterrand_1251310_823448.html"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;extraits&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt; sur le site du Monde). La tendance actuelle à la délégitimation et à l’effacement de la subjectivité des dominés peut d’ailleurs s’observer &lt;/span&gt;&lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2009-03-11-Les-hors-champ-de-Valse-avec-Bachir-et-Z32"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;dans des domaines très différents&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;font-size:85%;"&gt;Pour l'intégralité, c'est &lt;/span&gt;&lt;a href="http://peripheries.net/article324.html"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;font-size:85%;"&gt;ici&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-888165161330977357?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/888165161330977357/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=888165161330977357' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/888165161330977357'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/888165161330977357'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/10/polanski-mitterrand-le-soliloque-du.html' title='Polanski, Mitterrand : le soliloque du dominant'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-5207835538030351445</id><published>2009-10-10T01:31:00.000-07:00</published><updated>2009-10-10T12:26:53.105-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='théâtre en chantier'/><title type='text'>Les fiancés de Loches - De Georges Feydeau</title><content type='html'>Mis en scène par Jean-Louis Martinelli&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Première séquence : une file d’attente au bureau de placement… dans un décor très contemporain, avec ce côté désubjectivant de l’attente et la froideur du hall de gare. Même tonalité dans l’appartement bling-bling de St-Galmier, le médecin, et à la clinique d’hydrothérapie. Aussi, tout est scéniquement mis en place pour le quiproquo fondateur.&lt;br /&gt;Mais voilà, le début, et tout le premier acte, jusqu’à l’arrivée des Lochois, fonctionne assez mal. Des lenteurs et surtout des interpellations du public qui sont telles que l’effet « sketch » de certaines d’entre elles tombent à plat. On y sent trop la mécanique du jeu. Et si convoquer des non-acteurs relève d’un pari audacieux, le déplacement que souhaitait opérer Martinelli reste trop artificiel (« Je souhaite travailler sur la tension entre la présence de ces êtres que l’on convoque sur le plateau et les espaces dans lesquels ils se trouvent. Ce sont des espaces dans lesquels une partie des corps sont des corps étrangers, des corps déplacés. », a-t-il dit dans un entretien). Il faut attendre le second acte, pour que le jeu, enfin, retrouve une énergie et la fratrie des lochois y est pour beaucoup : les trois comédiens (Zakariya Gouram, Mounir Margoum et Sophie Rodrigues), dans leur costume de zazou, excellent dans leur partition. Ce second acte, un peu aussi le dernier, fait oublier l’absence de rythme du premier. On y sourit et on y rit : on sort de là avec l’impression d’avoir vu quelque chose de plaisant… juste plaisant. Pour une reprise, allons, soyons clément et ne boudons pas son plaisir.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-5207835538030351445?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/5207835538030351445/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=5207835538030351445' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5207835538030351445'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5207835538030351445'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/10/les-fiances-de-loches-de-georges.html' title='Les fiancés de Loches - De Georges Feydeau'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-830999863754408083</id><published>2009-10-03T00:27:00.001-07:00</published><updated>2009-10-03T00:30:30.104-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>Revisiter la démocratie et réhabiliter le sujet de droit (quand la tradition philosophique le dépolitise)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;strong&gt;Revisiter la démocratie (p.92)&lt;/strong&gt; : « La démocratie est la communauté du partage, au double sens du terme : appartenance au même monde qui ne peut se dire que dans la polémique, rassemblement qui ne peut se faire que dans le combat. Le postulat du sens commun est toujours transgressif. Il suppose une violence symbolique à l’égard de soi. Le sujet de droit qu’aucun texte ne suffit à fonder n’existe que dans l’acte de cette double violence. Prouver à l’autre qu’il n’y a qu’un seul monde et qu’on peut y rendre raison de son acte, c’est d’abord se le prouver à soi-même. Hannah Arendt pose comme premier droit le droit à avoir des droits. On peut y ajouter qu’a des droits celui qui peut poser l’obligation rationnelle pour l’autre de les reconnaître. Que l’autre s’y dérobe le plus souvent ne change rien au fond du problème. Celui qui par principe dit que l’autre n’entendra pas, qu’il n’y a pas de langage commun, perd le fondement pour se reconnaître à lui-même des droits. En revanche, celui qui fait comme si l’autre pouvait toujours entendre son discours augmente sa propre puissance et pas simplement sur le plan du discours »&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Repenser le sujet de droit (p.93)&lt;/strong&gt; : « L’existence d’un sujet de droit pose que la phrase juridique est vérifiable dans un espace de sens commun. Cet espace est virtuel, mais cela ne veut pas dire illusoire. Qui prend le virtuel pour l’illusoire se désarme, et tout autant celui qui prend la communauté du partage pour une communauté du consensus. Le chemin étroit de l’émancipation passe entre l’acquiescement aux mondes séparés et l’illusion du consensus. C’est cette tension que caricaturent les analystes opposant le formel au réel ou les repentirs qui échangent une position contre la position contraire. Les analysent de la veille qui opposent la liberté et l’égalité réelle à leur déclaration formelle, les analyses du lendemain qui opposent les bonnes et sages révolutions de la liberté aux utopiques et meurtrières révolutions de l’égalité oublient également ceci : l’égalité et la liberté sont des puissances qui s’engendrent et s’accroissent par leur acte propre. Et c’est cela qu’implique l’idée d’émancipation en affirmant qu’il n’y a pas de liberté ou d’égalité illusoire, que l’une ou l’autre est toujours une puissance dont il convient de vérifier l’effet »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:Verdana;"&gt;Jacques Rancière,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:Verdana;"&gt;&lt;em&gt;Aux bords du politique&lt;/em&gt;,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:Verdana;"&gt;édition Gallimard, Folio&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-830999863754408083?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/830999863754408083/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=830999863754408083' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/830999863754408083'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/830999863754408083'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/10/revisiter-la-democratie-et-rehabiliter.html' title='Revisiter la démocratie et réhabiliter le sujet de droit (quand la tradition philosophique le dépolitise)'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-8141179977908324600</id><published>2009-09-21T10:23:00.000-07:00</published><updated>2009-09-21T12:46:13.273-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lecture'/><title type='text'>Vivre en travaillant ou mourir en combattant</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;« Le 21 novembre 1831, les canuts (ouvriers de la soie) de Lyon, arborant rapidement un drapeau noir sur lequel figure l’inscription « Vivre en travaillant ou mourir en combattant », descendent en armes les pentes de la Croix-Rousse, obligent la garnison à faire retraite et prennent finalement le contrôle de la ville. » S’instaure alors une « véritable » cité ( au sens où les grecs de l’Antiquité employaient ce terme), dirigée par des chefs d’atelier et compagnons en soierie. Le 14 avril 1834, menacée de bombardement par les troupes du Roi, la Croix-Rousse capitule. L’expérience canut aura vécu. Elle aura toutefois suscité l’intérêt de grands noms de la pensée économique (Bentham ou Jean-Baptiste Say), de la philosophie (Marx), des utopies fourrieristes et de la religion saint-simonienne, ici, en France, comme dans toute l’Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre de Ludovic Frobert complète avantageusement celui de Fernand Rude Les révoltes des Canuts (1831-1834) [1]. Il en offre une vision synthétique qui mérite le détour, d’autant plus d’actualité que les idées de « classe sociale », de « luttes de classes » semblent, aujourd’hui, dépassées, au profit d’un management. Se pose aussi les questions de la confrontation avec les principes régulateurs de l’économie, de la contestation alors même que les termes de l’échange semblent forclos.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 150px; FLOAT: left; HEIGHT: 223px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5383974426518058130" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Sre4NyRldJI/AAAAAAAABT4/T6Li8UN5dQQ/s320/canuts+democratie+turbulente.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Le monde ouvrier canut, confronté à la révolution industrielle et à la nécessaire transformation et adaptation des conditions de travail, entend défendre la fabrique&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; comme une solution originale qui mêle économique et politique (les Droits fondamentaux), une expérimentation politique d’affirmation des Droits et de la démocratie. Au point que, pour tous, des ouvriers aux meneurs, la certitude que la démocratie nécessité toujours plus de démocratie est largement partagée. Est-ce là, ce qu’il faudrait entendre par ce que des auteurs contemporains appellent « la démocratie radicale » ?&lt;br /&gt;En tout cas, c’est bien sur ce champ-là de l’expérimentation politique que l’on se trouve. Autant du point de vue de&lt;br /&gt;l’organisation du mouvement, où l’on pensera les principes mêmes de l’idée politique d’association (contre-nature, puisque, dans les faits, négociants, industriels et ouvriers sont associés ; mais aussi plus prometteuse que les corporations et autres guildes professionnelles. Une telle réflexion s’imposera d’autant plus que les pouvoirs politiques locaux comme nationaux chercheront par tous les moyens de dissoudre ces associations de canuts… A trop vouloir interdire, a trop donner de publicité à cette interdiction, il est toujours possible de contourner l’interdit et de le subvertir : alors que la Loi Le chapelier interdit, depuis 1825, les associations à caractère professionnel, les sociétés mutuellistes se développent et acquièrent une véritable autonomie et apportent secours et entraide aux côtisants) : il s’agit de transcender la classe par la visée et la mise en œuvre d’un même intérêt ;&lt;br /&gt;philosophique ( les idées de Saint-Simon, Marx, Fourrier, Proudhon) alimentent les réflexions des principaux protagonistes canuts – notamment dans la critique de la propriété, la théorie de l’impôt (Chastaing, grande figure du mouvement, pense l’impôt en corrélation avec les droits civiques, puisque selon lui, la destination de l’impôt est de maintenir la solidarité et la cohésion sociale, tout en réduisant les aléas et les inégalités) ;&lt;br /&gt;la souveraineté – linguistique, lorsque le journal du mouvement lance un concours pour choisir le vocable se substituant à celui de canut, vécu comme péjoratif ; législative : un mot d’ordre se répand que puisqu’ils ne pouvaient faire la loi, il appartenait aux canuts de vérifier comment les élus du peuple s’acquittaient de leur charge ; démocratique : face à al monarchie compromise avec une aristocratie d’argent, il convenait de dénoncer les droits fondamentaux (Liberté et Egalité) qui étaient déniés aux ouvriers (dans une moindre mesure, aux femmes d’ouvriers : la volonté d’émancipation, si elle était réelle chez certains canuts, restait pourtant une affirmation marginale au mouvement) ;&lt;br /&gt;la publicité : le mouvement des canuts fut couvert par plusieurs feuillets et journaux, dont L’Echo de la Fabrique, sous-titré « journal industriel et littéraire de Lyon ». et c’est un « peuple » instruit, qui revendique son instruction comme une condition nécessaire à la démocratie, qui devient peu à peu véritable organe de presse, marmite intellectuelle et bouillonnement de réflexions politiques et d’économie sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, le mouvement a vécu, été réprimé dans la violence et, par la suite, avec l’insurrection de 1848, mais aussi l’exode des métiers dans les campagnes (afin de mieux isoler les ouvriers les uns des autres) et la mécanisation , s’est éteint (d’autant que l’invention de la soie artificielle donnera le coup de grâce). Mais reconnaissons que cette prise de parole qui s’assume elle-même (en défiant le pouvoir et la centralité des pouvoirs) offre quelque chose de vivifiant quand il semble, aujourd’hui, que la parole du souverain soit de plus en plus minorée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Pour compléter, les sources sont par &lt;a href="http://echo-fabrique.ens-lsh.fr/"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; 1982, La Découverte&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; l'ensemble des industries dont le résultat est la confection des étoffes de soie&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-8141179977908324600?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/8141179977908324600/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=8141179977908324600' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/8141179977908324600'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/8141179977908324600'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/09/vivre-en-travaillant-ou-mourir-en.html' title='Vivre en travaillant ou mourir en combattant'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Sre4NyRldJI/AAAAAAAABT4/T6Li8UN5dQQ/s72-c/canuts+democratie+turbulente.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-6645680418052517337</id><published>2009-08-03T03:10:00.000-07:00</published><updated>2009-08-03T03:13:54.423-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lecture'/><title type='text'>Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Sna4GnV_8ZI/AAAAAAAABTQ/Rn-yFyx6kgo/s1600-h/Sans+titre.bmp"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365678429838504338" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 218px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Sna4GnV_8ZI/AAAAAAAABTQ/Rn-yFyx6kgo/s320/Sans+titre.bmp" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ce qui marque, dès les premières lignes, c’est une sorte de délectation de la langue. Elle y est sensuelle. Et je n’ai guère trouvé, ces dernières années, un tel plaisir à jouer des sens avec les mots. Plaisir dans cet art géographique de la fiction.&lt;br /&gt;Gaspard est une figure classique de l’apprentissage et en même temps celle qui, par trop de conscience, de remords, et de ce passé qui lui revient, échoue dans son initiation. Plus que le parcours, c’est cet échec qui m’a le plus impressionné. Il ne peut aller jusqu’au bout de son éducation. Trop de morsures, autant celles qu’il s’inflige que celles qui le rappellent à ce Quimper honnis, lui barrent la route. Etienne de V., tout à la joie de trouver celui qui portera la marque de son empire, reste maître de son élève, jusque dans la mort-suicide du jeune parvenu.&lt;br /&gt;« A ce jour, personne ne s’inquiète. La noblesse n’est pas de ces institutions qui se préoccupent de leur finitude. Elle estime avoir ce qui lui est dû, se fiche bien du reste du monde, oublie même qu’elle en dépend. L’aristocrate est aveugle et indolent. Ne dit-on pas que chaque chose survient en son temps ? Il faut user de patience. L’homme est lent et rare est son sursaut de lucidité. Il vous semble sans doute que je m’amuse plus que je m’inquiète, étant moi-même des leurs ? Cela tient à ma philosophie. Je m’accommode de tout et en tout temps. Je suis épicurien et peut-être amoral. Quand bien même je serais ruiné demain, je trouverais de quoi me divertir à Paris ou ailleurs. La vie est ainsi faite qu’il y aura toujours des forts et des faibles, des riches et des pauvres. Le tout est de savoir vivre dans son siècle et bénéficier de quelque appui. Dès ma naissance, j’ai été prédisposé à la paresse. Je suis à la fois arrivé et arriviste. Vous verrez ce soir, réunie autour d’un divertissement, la foule superbe des nobles de Paris, de ceux qui n’ont pas à se préoccuper de vivre. La foule des masques. C’est un passionnant sujet d’étude qui vous renseignera sur l’espèce humaine, tout comme il est fascinant d’observer les pauvres. Un être complet est peut-être celui qui fréquente au cours de sa vie tous ces extrêmes, connaît le monde comme il se connaît lui-même. C’est ce que je m’échine à faire et ce vers quoi je compte vous mener. » (169-170)&lt;br /&gt;Mais alors, la figure du libertin s’arrête/ se limite à cette observation du genre humain. Le profit qu’elle en tire est maigre, si ce n’est à assurer un confort matériel et la jouissance du jeu. Elle est un théâtre sans grande audace. A quoi le libertin pourrait s’opposer au dandy. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-6645680418052517337?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/6645680418052517337/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=6645680418052517337' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6645680418052517337'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6645680418052517337'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/08/une-education-libertine-de-jean.html' title='Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Sna4GnV_8ZI/AAAAAAAABTQ/Rn-yFyx6kgo/s72-c/Sans+titre.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-837572231291491689</id><published>2009-07-13T01:59:00.000-07:00</published><updated>2009-07-13T02:04:10.649-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='humeurs'/><title type='text'>Vacances – Programme de lectures……. A moins qu’il n’y ait d’autres perspectives</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Slr3zAyt03I/AAAAAAAABTI/VkXnHBjw85Q/s1600-h/cesson9.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; FLOAT: left; HEIGHT: 240px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357867162468733810" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Slr3zAyt03I/AAAAAAAABTI/VkXnHBjw85Q/s320/cesson9.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Fernand Rude, &lt;em&gt;Les révoltes des Canuts (1831-1834)&lt;/em&gt; ;&lt;br /&gt;Collectif Maurice Florence, &lt;em&gt;Archives de l’infamie&lt;/em&gt; ;&lt;br /&gt;James C. Scott, &lt;em&gt;La domination et les arts de la résistance &lt;/em&gt;;&lt;br /&gt;W.E.B. Du Bois, &lt;em&gt;Les âmes du peuple noir&lt;/em&gt; ;&lt;br /&gt;Gérard Noiriel, &lt;em&gt;Histoire, Théâtre, Politique&lt;/em&gt; ;&lt;br /&gt;Daniel Salvatore Schiffer, &lt;em&gt;Philosophie du dandysme&lt;/em&gt;………..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et côté romans,&lt;br /&gt;Tanguy Viel, &lt;em&gt;Paris-Brest&lt;/em&gt; ;&lt;br /&gt;Jean-Baptiste Del Amo, &lt;em&gt;Une éducation libertine&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je compte parmi les autres perspectives: discussion entre amis, verre de vin, grand air des montagnes, un peu d'air marin, ... DECONNECTE&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-837572231291491689?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/837572231291491689/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=837572231291491689' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/837572231291491689'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/837572231291491689'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/07/vacances-programme-de-lectures-moins.html' title='Vacances – Programme de lectures……. A moins qu’il n’y ait d’autres perspectives'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Slr3zAyt03I/AAAAAAAABTI/VkXnHBjw85Q/s72-c/cesson9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-1629226792753136735</id><published>2009-07-01T01:42:00.000-07:00</published><updated>2009-07-01T01:45:42.987-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>N’être pas tellement gouvernés - Michel Foucault</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Sksh33AKhXI/AAAAAAAABSo/o0sFznFM8Vc/s1600-h/Michel_Foucault_Par23100007_130145833_std.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 240px; FLOAT: left; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353409825601127794" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Sksh33AKhXI/AAAAAAAABSo/o0sFznFM8Vc/s320/Michel_Foucault_Par23100007_130145833_std.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Pour faire l’histoire de cette attitude critique, il y a bien des chemins. Je voudrais simplement vous suggérer celui-ci qui est un chemin possible, encore une fois, parmi bien d’autres. Je proposerai la variation suivante : la pastorale chrétienne, ou l’église chrétienne en tant qu’elle déployait une activité précisément et spécifiquement pastorale, a développé cette idée - singulière, je crois, et étrangère tout à fait à la culture antique - que chaque individu, quels que soient son âge, son statut, et ceci d’un bout à l’autre de sa vie et jusque dans le détail de ses actions, devait être gouverné et devait se laisser gouverner, c’est-à-dire diriger vers son salut, par quelqu’un auquel le lie un rapport global et en même temps méticuleux, détaillé, d’obéissance. Et cette opération de direction vers le salut dans un rapport d’obéissance à quelqu’un doit se faire dans un triple rapport à la vérité : vérité entendue comme dogme ; vérité aussi dans la mesure où cette direction implique un certain mode de connaissance particulière et individualisante des individus ; et enfin dans la mesure où cette direction se déploie comme une technique réfléchie comportant des règles générales, des connaissances particulières, des préceptes, des méthodes d’examen, d’aveu, d’entretien, etc. Après tout, il ne faut pas oublier que ce que, pendant des siècles, on a appelé dans l’église grecque technè technôn et dans l’église romaine latine ars artium, c’était précisément la direction de conscience ; c’était l’art de gouverner les hommes. Cet art de gouverner, bien sûr, est resté longtemps lié à des pratiques relativement limitées, même dans la société médiévale, lié à l’existence conventuelle, lié et pratiqué surtout dans des groupes spirituels relativement restreints. Mais je crois qu’à partir du XVème siècle et dès avant la Réforme, on peut dire qu’il y a eu une véritable explosion de l’art de gouverner les hommes, explosion entendue en deux sens. Déplacement, d’abord, par rapport à son foyer religieux, disons si vous voulez laïcisation, expansion dans la société civile de ce thème de l’art de gouverner les hommes et des méthodes pour le faire. Et puis, deuxièmement, démultiplication de cet art de gouverner dans des domaines variés : comment gouverner les enfants, comment gouverner les pauvres et les mendiants, comment gouverner une famille, une maison, comment gouverner les armées, comment gouverner les différents groupes, les cités, les États, comment gouverner son propre corps, comment gouverner son propre esprit. Comment gouverner, je crois que cela a été une des questions fondamentales de ce qui s’est passé au XVème et au XVIème siècles. Question fondamentale à laquelle a répondu la multiplication de tous les arts de gouverner - art pédagogique, art politique, art économique, si vous voulez - et de toutes les institutions de gouvernement, au sens large qu’avait le mot de gouvernement à cette époque.&lt;br /&gt;Or de cette gouvernementalisation, qui me paraît assez caractéristique de ces sociétés de l’Occident européen au XVIème siècle, ne peut pas être dissociée, me semble-t-il, la question du « comment ne pas être gouverné ? ». Je ne veux pas dire par là que, à la gouvernementalisation, se serait opposée dans une sorte de face à face l’affirmation contraire, « nous ne voulons pas être gouvernés, et nous ne voulons pas être gouvernés du tout ». Je veux dire que, dans cette grande inquiétude autour de la manière de gouverner et dans la recherche sur les manières de gouverner, on repère une perpétuelle question qui serait : « comment ne pas être gouverné comme cela, par cela, au nom de ces principes-ci, en vue de tels objectifs et par le moyen de tels procédés, pas comme ça, pas pour ça, pas par eux » ; et si on donne bien à ce mouvement de la gouvernementalisation, de la société et des individus, à la fois, l’insertion historique et l’ampleur que je crois avoir été la sienne, il semble qu’on pourrait placer de ce côté-là à peu près ce qu’on appellerait l’attitude critique. En face, et comme contrepartie, ou plutôt comme partenaire et adversaire à la fois des arts de gouverner, comme manière de s’en méfier, de les récuser, de les limiter, de leur trouver une juste mesure, de les transformer, de chercher à échapper à ces arts de gouverner ou, en tout cas, à les déplacer, au titre de réticence essentielle, mais aussi et par là même comme ligne de développement des arts de gouverner, il y aurait eu quelque chose qui serait né en Europe à ce moment-là, une sorte de forme culturelle générale, à la fois attitude morale et politique, manière de penser, etc., et que j’appellerais tout simplement l’art de n’être pas gouverné ou encore l’art de ne pas être gouverné comme ça et à ce prix. Et je proposerais donc, comme toute première définition de la critique, cette caractérisation générale : l’art de n’être pas tellement gouverné. »&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;« Qu’est-ce que la critique ? Critique et Aufklärung »,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Bulletin de la société française de philosophie&lt;/em&gt;, 84ème année, n°2, Avril-Juin 1990.&lt;br /&gt;Extrait paru dans &lt;em&gt;Vacarme,&lt;/em&gt; n°29, automne 2004&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1629226792753136735?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1629226792753136735/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1629226792753136735' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1629226792753136735'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1629226792753136735'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/07/netre-pas-tellement-gouvernes-michel.html' title='N’être pas tellement gouvernés - Michel Foucault'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/Sksh33AKhXI/AAAAAAAABSo/o0sFznFM8Vc/s72-c/Michel_Foucault_Par23100007_130145833_std.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-1875635756391786538</id><published>2009-06-20T10:34:00.001-07:00</published><updated>2009-06-20T10:35:17.525-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lecture'/><title type='text'>Raymond Federman - "Chut", éditions Léo Scheer</title><content type='html'>&lt;embed height="256" type="application/x-shockwave-flash" width="320" src="http://www.dailymotion.com/swf/k6FkQMNZHEoIXCyCpQ" allowfullscreen="true"&gt;&lt;/embed&gt; &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/x4wudm_raymond-federman-un-retour-dans-le_creation"&gt;Raymond Federman - Un retour dans le débarras&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Vidéo envoyée par &lt;a href="http://www.dailymotion.com/thqds1"&gt;thqds1&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;A l'occasion de la nouvelle édition de "La Voix dans le débarras" et de la publication de "Chut !" aux éditions Leo Scheer, Les Impressions Nouvelles mettent en ligne une séquence réalisée en 2002 pour l'émission Mic Mac, sur Arte. Raymond Federman avait accepté de retourner avec Benoît Peeters à Montrouge, dans la maison de son enfance, où toute sa famille fut arrêtée lors de la Rafle du Vel d'Hiv.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour parler de Federman, il est incongru de commencer par les mots graves qui rendent compte de la genèse de l’œuvre. Raymond s’en moquerait bien. Tout autant qu’il s’amuse à laisser les voix parasites de son lecteur, de son éditeur/éditrice ou quiconque intervenir dans le texte. Il m’est arrivé de me dire qu’en définitive, il y avait quelque chose du cri que l’on pousse alors même qu’on ne se sait pas écouter. Ou encore, « j’écris pour décoder le grand silence que ma mère m’avait imposé avec son Chut, comme on impose une taxe ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Chut » c’est le dernier mot de sa mère alors que la milice vient chercher les juifs Federman, dénoncés par les voisins de l’immeuble. 16 juillet 1942, 5h36. Rafle du Vél d’Hiv’. Elle l’enferme dans un cagibi, débarras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1875635756391786538?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1875635756391786538/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1875635756391786538' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1875635756391786538'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1875635756391786538'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/06/raymond-federman-un-retour-dans-le.html' title='Raymond Federman - &quot;Chut&quot;, éditions Léo Scheer'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-1710678224491749048</id><published>2009-05-30T04:51:00.000-07:00</published><updated>2009-05-30T04:58:22.171-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>Assumer une politique du trouble - fréquenter Judith Butler</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SiEeKUWjEeI/AAAAAAAABJo/1keh_DbKzu4/s1600-h/suited-for-subversion.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341583795648926178" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 250px; CURSOR: hand; HEIGHT: 250px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SiEeKUWjEeI/AAAAAAAABJo/1keh_DbKzu4/s320/suited-for-subversion.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Assumer une politique du trouble, de l’inquiétude et de l’inconfort, et pourtant faire œuvre commune. S’il nous reste une dernière figure de la subversion à prendre en compte, celle-ci s’énonce dans cette contradiction. Elle en définit le programme de recherche. Certainement aussi l’éventualité d’un engagement militant. Elle en revendique l’urgence. Elle en exige aussi l’humilité. Car elle s’inscrit dans un horizon de contestation « bouché » pour la révolution, c’est-à-dire un horizon pour lequel la seule invocation d’un modèle normatif, en rupture avec celui qu’il conteste, en organiserait l’hégémonie sacrificielle.&lt;br /&gt;La subversion est ici une mise en œuvre de la pensée, quand il semblerait raisonnable, pour un certain ordre établi, de ne point trop l’investir, de crainte que les « repères » ne se perdent. Mais ce que livrent ces figures de la subversion, leur manifestation même, dans la sphère publique – ou bien la manière dont la sphère publique s’en empare, brouillant ainsi le sens de l’intimité de la vie vécue, puisque des codes de sa visibilité s’imposent pour en rendre possible la reconnaissance – n’est pas tant une déviance individuelle, mais un état des choses qui ne se ressemblent/rassemblent plus. Comme si nous perdions, dans cet état de choses et irrémédiablement, le sens de l’humain. Et pour cause. Ce que, à travers sa réflexion, Judith Butler nous livre c’est comment la subversion est impliquée dans ces diverses stratégies de la censure. Qu’il s’agisse de la censure d’Etat, celle du discours comme celle que subit l’existence.&lt;br /&gt;A cet égard, le censeur, présuppose que lui soit reconnue, absolument et indubitablement, une pleine et entière autorité en la matière. Il organise lui-même son propre système de défense et de reproduction. Mais, confronté à la subversion, il se trouve, non pas totalement démuni, mais relativement mis en cause, et les effets de son pouvoir, indéniablement déjoués. Si la subversion, en elle-même, n’acquiert pas la force et l’autorité du pouvoir auquel elle se heurte, elle met à jour, dans ces scènes où ce pouvoir est plus ou moins dépossédé de lui-même, une capacité de détournement. Celle-ci n’est en rien une fondation ou une refondation. Pas plus une alternance, qui assurerait, entre hier et aujourd’hui, une continuité. C’est là, véritablement, la limite de cette capacité d’agir. Le conflit ne se joue pas à armes égales. Ce n’est pour autant qu’il est vain. Car cela voudrait dire, s’il l’était, que la tentative de re-signification échoue à tous les coups. Que la manifestation subversive est éruptive, capricieuse, une sorte de part maudite de l’humain totalement négligeable et qui, décidément, ne dit rien. Une transgression du système que, pour en assurer la régulation et la maîtrise, le système lui-même renverrait à un état du sujet individuel, manifestant par sa transgression, une sorte de surenchère perverse qu’on aurait tôt fait de pathologiser ou criminaliser pour ne point la prendre en compte. Comment réduire au silence, comment disqualifier et rendre non-crédible ; comment organiser le contrôle de cette inflation d’individualités réputées non désirables, comment en maintenir la définition, quitte à en organiser la relégation spatiale et géographique (qu’il s’agisse du camp, du quartier urbain, de tous ces « no man’s land » qui sont en fait des zones de non droit, ou bien des zones que, sous le principe fort louable et totalement légitime de sécurité, on voudra « sanctuariser » en mettant en œuvre et en s’autorisant tous les moyens sécuritaires) : tel est l’office opératoire du système-pouvoir. Et de fait, l’exercice souverain de la norme est ainsi discriminant. Il est à lui-même sa propre référence et il peut, par la même occasion, ne plus se référer à de l’humain.&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341584029230714882" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SiEeX6gyUAI/AAAAAAAABJw/JDYNwLlxXVw/s320/184_10.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Héroïser le temps présent et ses acteurs/actrices, ça n’est pas désigner ou créer des citoyennetés nouvelles ou inédites. C’est s’en prendre à cette part de la citoyenneté qui, de façon inconsciente ou stratégique, et au sein même de la citoyenneté, a été refoulée, oubliée de la sphère politique. La femme, le gay ou la lesbienne, le trans, le Sans, le/la noir-e, le/la musulman-e ne peuvent ni ne doivent être des (sous) citoyens ou des citoyens d’un nouveau type. Si (et puisque) leur revendication à la reconnaissance sociale et politique est légitime, c’est qu’il y a de l’humain à préserver de toute hégémonie que pré-établit, parce qu’il le requiert, tout système de la citoyenneté. Or celui-ci ne peut avoir pour vocation ultime d’unifier ce qui ne peut, de fait, l’être. « Une citoyenneté est-elle soluble dans une philosophie du sujet ? » pose, en définitive, la question d’un syncrétisme qui ne soit pas une uniformisation. Désessentialiser le sujet, n’est pas le réduire à néant. Mettre en crise le concept, n’est pas y renoncer. Comme le suggère Edouard Glissant, la langue du citoyen n’est pas tout le langage de l’humain et ce divorce n’entérine pas non plus une incompatibilité, dans ce règne de l’humain. Il est encore et toujours possible de s’entendre et de se comprendre. Mais il faut alors assumer que dans son procès comme dans sa traduction, l’idiome lui-même ne serve plus à caractériser une totalité introuvable parce que la réalité de l’humain est nécessairement évolutive, non stable, et que les « formes » par lesquelles nous l’appréhendons doivent immanquablement se renouveler sans cesse, sans jamais se fixer à une signification unilatérale et univoque. La langue de la citoyenneté n’est pas une langue morte, mais est vivante et vivifiée de tout ce qui la trouble et l’excède. Le mot, ou le concept, n’est pas premier. Il est un effet de l’échange. Pour le meilleur – parfois, pour le pire – souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SiEevy-mI1I/AAAAAAAABJ4/Dh76oBXIlnU/s1600-h/jean-michel-humeau-mikono-4-pt.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341584439525122898" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 259px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SiEevy-mI1I/AAAAAAAABJ4/Dh76oBXIlnU/s320/jean-michel-humeau-mikono-4-pt.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Et c’est ce « pire » que les figures de la subversion désignent. Face à la censure, la subversion opère la transvaluation du pouvoir du censeur. Elle ne peut être comprise comme une stratégie et il ne s’agit pas de contester comme de détruire un ordre ou d’appeler à un nouvel ordre qui ne se justifierait que par la négation radicale de l’ancien. La démocratie « post-moderne », la conception post-nationale sur laquelle elle s’élabore, ne cherche pas des ruines pour asseoir le socle de sa reconstruction. Si « émancipation », « transformation sociale » ont un sens et caractérisent un horizon politique, ça n’est pas hors de mais à l’intérieur de ce qui les rend possibles et concrètes. C’est ce que la subversion a de positif. L’insubordination nous parle, nous décrit et nous invite à restaurer l’humain dans nos citoyennetés. Reste à savoir et à déterminer quelle peut en être l’audience, alors même qu’elle peut être rendue totalement et terriblement inaudible.&lt;br /&gt;Fréquenter Judith Butler est une propédeutique amenant à penser ce qui, à travers toutes ces manifestations de résistance et de subversion, isolées ou organisées, atomisées et totalement séparées, par la mise en œuvre de la stratégie d’un Etat répressif et/ou coercitif, par confort de pensée ou crainte de l’inconnu, déborde le cadre de nos concepts et les alimente tout autant. Peut-être qu’alors l’indignation, plus ou mois sélective, ne servira plus de prétexte à une réaction compassionnelle ou une riposte politique ponctuelle, nous faisant adopter des postures ou positions qui ne valent que le temps de leur expression. Au contraire ! Peut-être qu’alors l’indignation nous permettra de &lt;em&gt;renouer &lt;/em&gt; avec la pensée de l’égalité.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1710678224491749048?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1710678224491749048/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1710678224491749048' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1710678224491749048'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1710678224491749048'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/05/assumer-une-politique-du-trouble.html' title='Assumer une politique du trouble - fréquenter Judith Butler'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SiEeKUWjEeI/AAAAAAAABJo/1keh_DbKzu4/s72-c/suited-for-subversion.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-3489006805970782632</id><published>2009-05-03T05:09:00.000-07:00</published><updated>2009-05-03T05:12:04.681-07:00</updated><title type='text'>Vive Feydeau et sa "Dame de chez Maxim", millésime 2009</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;font-size:78%;color:#cc0000;"&gt;[ Critique lue dans Le Monde, avec mes ajouts]&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span &gt;Jean-&lt;/span&gt;François Sivadier change de cap. Après Brecht, Büchner et Shakespeare, il aborde pour la première fois le grand répertoire comique, avec Feydeau. Créée fin avril à Rennes, sa mise en scène de La Dame de chez Maxim est partie pour un long tour de France, avec notamment une première étape à Chambéry du 5 au 7 mai, puis un arrêt au Théâtre de l'Odéon, à Paris, avant de reprendre la route, jusqu'à la fin de l'année.&lt;br /&gt;Ce spectacle très attendu, qui arrive après le triomphe du &lt;a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e81d/roi-lear.html"&gt;Roi Lear&lt;/a&gt;, créé à Avignon en 2007, devrait combler les nombreux amoureux du théâtre de Sivadier. Il peut aussi rallier les réticents, agacés par les ajouts pubertaires que le metteur en scène et sa troupe s'offraient, quand ils jouaient Woyzeck ou La Vie de la Galilée.&lt;br /&gt;Avec La Dame de chez Maxim, la troupe se plie aux règles de Feydeau. La première est l'ivresse, cette ivresse qui embarque le docteur Petypon, respectable bourgeois, dans une folie d'aventures, parce qu'il se réveille un matin chez lui avec une inconnue dans son lit, la môme Crevette, cueillie la veille chez Maxim, où Petypon et son ami Mongicourt avaient passé la soirée.&lt;br /&gt;REGARDÉE DE HAUT&lt;br /&gt;Depuis sa première apparition, en 1899, La Dame de chez Maxim n'a cessé de triompher. Quand il l'a écrite, Feydeau (1862-1921) avait un seul objectif : faire rire ses contemporains. Avec le temps, la Dame a acquis ses lettres de noblesse dans le théâtre public, qui longtemps l'a regardée de haut. Aujourd'hui, elle est souvent passée au crible de l'analyse d'une société qui tourne à vide.&lt;br /&gt;Jean-François Sivadier, lui, la place sous le signe de Kafka : "Ce n'est pas l'imagination qui crée la folie mais la raison." C'est peut-être aller loin, mais peu importe : Sivadier s'empare de la pièce comme d'une machine à jouer. Il a le sens de la troupe, il aime le théâtre qui s'adresse aux spectateurs en les regardant droit dans les yeux. Avec lui, les acteurs jouent de face, dans la lumière et avec l'énergie qu'il faut pour dompter le plein air, même en salle.&lt;br /&gt;Ainsi, le décor (particulièrement réussi&lt;span style="font-family:courier new;color:#cc0000;"&gt; [en fait, une véritable leçon pour les amateurs : tout y est surprenant, en apesanteur…… le contraire d’un décor qui étouffe, alors même que la machinerie y est importante] &lt;/span&gt;) de La Dame de chez Maxim est aux antipodes des salons parisiens et du château provincial de la pièce. On se croirait sur le pont d'un vieux navire à voiles, où de solides poulies actionnent une armée de filins. Il y souffle un beau vent d'appel au large, et en même temps, le danger n'est jamais très loin : mal de mer ou gueule de bois, même combat.&lt;br /&gt;Il y a moult façons d'être ivre. Le Petypon joué par &lt;a href="http://www.lemonde.fr/sujet/e1c0/nicolas-bouchaud.html"&gt;Nicolas Bouchaud&lt;/a&gt; semble monté sur ressorts. Il saute et glisse sans cesse, comme s'il était brutalement réveillé d'une apathie, les yeux ronds comme des billes, son grand corps transpirant à en mouiller la chemise. Moins que le bourgeois installé, on sent chez lui l'esprit affolé.&lt;br /&gt;C'est un homme qui se demande à chaque instant comment se sortir d'une situation impossible. Il saute les obstacles les uns après les autres, sans réfléchir plus loin. Il n'a pas de conscience, seulement un objectif : se débarrasser enfin de la môme Crevette. Ce Petypon-là ne s'appartient pas : il est le jouet d'une machine d'autant plus implacable qu'elle est totalement absurde.&lt;br /&gt;ELLE DÉPASSE LES BORNES&lt;br /&gt;A côté de lui, la môme Crevette apparaît comme un sommet de bon sens. Et Dieu sait pourtant si elle dépasse les bornes ! &lt;a href="http://www.lemonde.fr/sujet/33d5/norah-krief.html"&gt;Norah Krief&lt;/a&gt; la joue comme une Poulbot, un piaf de Paris qui connaît la chanson et ne perd pas une occasion de gruger son monde en s'amusant &lt;span style="font-family:courier new;color:#cc0000;"&gt;[ une mention tout à fait spéciale pour cette comédienne qui vous coupe le souffle] [ Et tant qu’à décerner des fleurs, une autre mention pour Nadia Vonderheyden ]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Elle a une façon de dire : "Et allez donc, c'est pas mon père", en se pinçant les seins, qui la rend "crevante", pour parler comme autrefois. On dirait une enfant jetée trop vite sur les trottoirs de la vie, qui porte des bottines de mondaine-sexe, et en même temps pourrait jouer à la marelle en se moquant des passants.&lt;br /&gt;Ses accès de cruauté n'en sont que plus éclatants. Ce sont ceux que les laissés-pour-compte envoient à la figure des nantis. Chaque fois qu'elle réussit un coup, elle semble dire : "Tiens, prends ça !" Tout en sachant que, sur le fond, cela ne changera rien. Et qu'il vaut mieux profiter de l'instant. En riant, si possible. Et en faisant rire. Pour le bonheur de tous.&lt;br /&gt;Brigitte Salino&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-3489006805970782632?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/3489006805970782632/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=3489006805970782632' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/3489006805970782632'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/3489006805970782632'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/05/vive-feydeau-et-sa-dame-de-chez-maxim.html' title='Vive Feydeau et sa &quot;Dame de chez Maxim&quot;, millésime 2009'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-6182250633512178784</id><published>2009-04-25T10:02:00.000-07:00</published><updated>2009-04-25T10:08:38.912-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>PRÉCIS D’HUMILIATION</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Toujours, l’État s’innocente au nom du Bien public de la violence qu’il exerce. Et naturellement, il représente cette violence comme la garantie même de ce Bien, alors qu’elle n’est rien d’autre que la garantie de son pouvoir. Cette réalité demeure masquée d’ordinaire par l’obligation d’assurer la protection des personnes et des propriétés, c’est-à-dire leur sécurité. Tant que cette apparence est respectée, tout paraît à chacun normal et conforme à l’ordre social. La situation ne montre sa vraie nature qu’à partir d’un excès de protection qui révèle un excès de présence policière. Dès lors, chacun commence à percevoir une violence latente, qui ne simule d’être un service public que pour asservir ses usagers. Quand les choses en sont là, l’État doit bien sûr inventer de nouveaux dangers pour justifier le renforcement exagéré de sa police : le danger le plus apte aujourd’hui à servir d’excuse est le terrorisme.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le prétexte du terrorisme a été beaucoup utilisé depuis un siècle, et d’abord par les troupes d’occupation. La fin d’une guerre met fin aux occupations de territoires qu’elle a provoquées sauf si une colonisation lui succède. Quand les colonisés se révoltent, les occupants les combattent au nom de la lutte contre le terrorisme. Tout résistant est donc qualifié de « terroriste » aussi illégitime que soit l’occupation. En cas de « libération », le terroriste jusque-là traité de « criminel » devient un « héros » ou bien un « martyr » s’il a été tué ou exécuté.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les héros et les martyrs se sont multipliés depuis que les guerres ont troqué la volonté de domination contre celle d’éradiquer le « terrorisme ». Cette dernière volonté est devenue universelle depuis les attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center : elle a même été sacralisée sous l’appellation de guerre du Bien contre le Mal. Tous les oppresseurs de la planète ont sauté sur l’occasion de considérer leurs opposants comme des suppôts du Mal, et il s’en est suivi des guerres salutaires, des tortures honorables, des prisons secrètes et des massacres démocratiques. Dans le même temps, la propagande médiatique a normalisé les actes arbitraires et les assassinats de résistants pourvu qu’ils soient « ciblés ».&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Tandis que le Bien luttait ainsi contre le Mal, il a repris à ce dernier des méthodes qui le rendent pire que le mal. Conséquence : la plupart des États — en vue de ce Bien là — ont entouré leur pouvoir de précautions si outrées qu’elles sont une menace pour les citoyens et pour leurs droits. Il est par exemple outré que le Président d’une République, qui passe encore pour démocratique, s’entoure de milliers de policiers quand il se produit en public. Et il est également outré que ces policiers, quand ils encombrent les rues, les gares et les lieux publics, traitent leurs concitoyens avec une arrogance et souvent une brutalité qui prouvent à quel point ils sont loin d’être au service de la sécurité.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nous sommes dans la zone trouble où le rôle des institutions et de leur personnel devient douteux. Une menace est dans l’air, dont la violence potentielle est figurée par le comportement des forces de l’ordre, mais elle nous atteint pour le moment sous d’autres formes, qui semblent ne pas dépendre directement du pouvoir. Sans doute ce pouvoir n’est-il pas à l’origine de la crise économique qui violente une bonne partie de la population, mais sa manière de la gérer est si évidemment au bénéfice exclusif de ses responsables que ce comportement fait bien davantage violence qu’une franche répression. L’injustice est tout à coup flagrante entre le sort fait aux grands patrons et le désastre social généré par la gestion due à cette caste de privilégiés, un simple clan et pas même une élite.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;La violence policière courante s’exerce sur la voie publique ; la violence économique brutalise la vie privée. Tant qu’on ne reçoit pas des coups de matraque, on peut croire qu’ils sont réservés à qui les mérite, alors que licenciements massifs et chômage sont ressentis comme immérités. D’autant plus immérités que l’information annonce en parallèle des bénéfices exorbitants pour certaines entreprises et des gratifications démesurées pour leurs dirigeants et leurs actionnaires. Au fond, l’exercice du pouvoir étant d’abord affaire de « com » (communication) et de séduction médiatique, l’État et ses institutions n’ont, en temps ordinaire, qu’une existence virtuelle pour la majorité des citoyens, et l’information n’a pas davantage de consistance tant qu’elle ne se transforme pas en réalité douloureuse. Alors, quand la situation devient franchement difficile, la douleur subie est décuplée par la comparaison entre le sort des privilégiés et la pauvreté générale de telle sorte que, au lieu de faire rêver, les images « people » suscitent la rage. Le spectacle ne met plus en scène qu’une différence insupportable et l’image, au lieu de fasciner, se retourne contre elle-même en exhibant ce qu’elle masquait. Brusquement, les cerveaux ne sont plus du tout disponibles !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Cette prise de conscience n’apporte pas pour autant la clarté car le pouvoir dispose des moyens de semer la confusion. Qu’est-ce qui, dans la « Crise », relève du système et qu’est-ce qui relève de l’erreur de gestion ? Son désastre est imputé à la spéculation, mais qui a spéculé sinon principalement les banques en accumulant des titres aux dividendes mirifiques soudain devenus « pourris ». Cette pourriture aurait dû ne mortifier que ses acquéreurs puisqu’elle se situait hors de l’économie réelle mais les banques ayant failli, c’est tout le système monétaire qui s’effondre et avec lui l’économie.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le pouvoir se précipite donc au secours des banques afin de sauver l’économie et, dit-il, de préserver les emplois et la subsistance des citoyens. Pourtant, il y a peu de semaines, la ministre de l’économie assurait que la Crise épargnerait le pays, puis, brusquement, il a fallu de toute urgence donner quelques centaines de milliards à nos banques jusque-là sensées plus prudentes qu’ailleurs. Et cela fait, la Crise a commencé à balayer entreprises et emplois comme si le remède précipitait le mal.La violence ordinaire que subissait le monde du travail avec la réduction des acquis sociaux s’est trouvée décuplée en quelques semaines par la multiplication des fermetures d’entreprises et des licenciements. En résumé, l’État aurait sauvé les banques pour écarter l’approche d’un krach et cette intervention aurait bien eu des effets bénéfiques puisque les banques affichent des bilans positifs, cependant que les industries ferment et licencient en masse. Qu’en conclure sinon soit à un échec du pouvoir, soit à un mensonge de ce même pouvoir  puisque le sauvetage des banques s’est soldé par un désastre?&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Faute d’une opposition politique crédible, ce sont les syndicats qui réagissent et qui, pour une fois, s’unissent pour déclencher grèves et manifestations. Le 29 janvier, plus de deux millions de gens défilent dans une centaine de villes. Le Président fixe un rendez-vous aux syndicats trois semaines plus tard et ceux-ci, en dépit du succès de leur action, acceptent ce délai et ne programment une nouvelle journée d’action que pour le 19 mars. Résultat de la négociation : le « social » recevra moins du centième de ce qu’ont reçu les banques. Résultat de la journée du 19 mars : trois millions de manifestants dans un plus grand nombre de villes et refus de la part du pouvoir de nouvelles négociations.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;La crudité des rapports de force est dans la différence entre le don fait aux banques et l’obole accordée au social. La minorité gouvernementale compte sur l’impuissance de la majorité populaire et la servilité de ses représentants pour que l’Ordre perdure tel qu’en lui-même à son service. On parle ici et là de situation « prérévolutionnaire », mais cela n’empêche ni les provocations patronales ni les vulgarités vaniteuses du Président. Aux déploiements policiers s’ajoutent des humiliations qui ont le double effet d’exciter la colère et de la décourager. Une colère qui n’agit pas épuise très vite l’énergie qu’elle a suscitée.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;La majorité populaire, qui fut séduite et dupée par le Président et son clan, a cessé d’être leur dupe mais sans aller au-delà d’une frustration douloureuse. Il ne suffit pas d’être la victime d’un système pour avoir la volonté de s’organiser afin de le renverser. Les jacqueries sont bien plus nombreuses dans l’histoire que les révolutions : tout porte à croire que le pouvoir les souhaite afin de les réprimer de façon exemplaire. Entre une force sûre d’elle-même et une masse inorganisée n’ayant pour elle que sa rage devant les injustices qu’elle subit, une violence va croissant qui n’a que de faux exutoires comme les séquestrations de patrons ou les sabotages. Ces actes, spontanés et sans lendemain, sont des actes désespérés.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il existe désormais un désespoir programmé, qui est la forme nouvelle d’une violence oppressive ayant pour but de briser la volonté de résistance. Et de le faire en poussant les victimes à bout afin de leur démontrer que leur révolte ne peut rien, ce qui transforme l’impuissance en humiliation. Cette violence est systématiquement pratiquée par l’un des pays les plus représentatifs de la politique du bloc capitaliste : elle consiste à réduire la population d’un territoire au désespoir et à la maintenir interminablement dans cet état. Des incursions guerrières, des bombardements, des assassinats corsent régulièrement l’effet de l’encerclement et de l’embargo. Le propos est d’épuiser les victimes pour qu’elles fuient enfin le pays ou bien se laissent domestiquer. L’expérimentation du désespoir est poussée là vers son paroxysme parce qu’elle est le substitut d’un désir de meurtre collectif qui n’ose pas se réaliser. Mais n’y a-t-il pas un désir semblable, qui bien sûr ne s’avouera jamais, dans la destruction mortifère des services publics, la mise à la rue de gens par milliers, la chasse aux émigrés ? Cette suggestion n’est exagérée que dans la mesure où les promoteurs de ces méfaits se gardent d’en publier clairement les conséquences. Toutefois à force de délocalisations, de pertes d’emplois, de suppressions de lits dans les hôpitaux, de remplacement du service par la rentabilité, d’éloges du travail quand il devient introuvable, une situation générale est créée qui, peu à peu, met une part toujours plus grande de la population sous le seuil du supportable et l’obligation de le supporter. Naturellement, le pouvoir accuse la Crise pour s’innocenter, mais la Crise ne fait qu’accélérer ce que le Clan appelait des réformes. Et il ose même assurer que la poursuite des réformes pourrait avoir raison de la Crise… Les victimes de cette surenchère libérale sont évidemment aussi exaspérées qu’impuissantes, donc mûres pour le désespoir car la force de leur colère va s’épuiser entre un pouvoir qui les défie du haut de sa police, une gauche inexistante et des syndicats prenant soin de ne pas utiliser l’arme pourtant imbattable de la grève générale.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Pousser à la révolte et rendre cette révolte impossible afin de mater définitivement les classes qui doivent subir l’exploitation n’est que la partie la plus violente d’un plan déjà mis en œuvre depuis longtemps. Sans doute cette accélération opportune a-t-elle été provoquée par la Crise et ses conséquences économiques, lesquelles ont mis de la crudité dans les intérêts antipopulaires de la domination, mais la volonté d’établir une passivité générale au moyen des médias avait déjà poussé très loin son plan. Cette passivité s’est trouvée brusquement troublée par des atteintes insupportables à la vie courante si bien — comme dit plus haut — que les cerveaux ont cessé d’être massivement disponibles. Il fallait dès lors décourager la résistance pour que son mouvement rendu en lui-même impuissant devienne le lieu d’une humiliation exemplaire ne laissant pas d’autre alternative que la soumission. Ainsi le pouvoir économique, qui détient la réalité du pouvoir, dévoile sa nature totalitaire et son mépris à l’égard d’une majorité qu’il s’agit de maintenir dans la servilité en attendant qu’il soit un jour nécessaire de l’exterminer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bernard Noël&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Texte trouvé &lt;a href="http://www.formes-vives.org/blog/"&gt;ici &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-6182250633512178784?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/6182250633512178784/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=6182250633512178784' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6182250633512178784'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6182250633512178784'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/04/precis-dhumiliation.html' title='PRÉCIS D’HUMILIATION'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-5524141200552898002</id><published>2009-04-09T01:48:00.000-07:00</published><updated>2009-04-09T01:56:35.008-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>Qu'est-ce qui distingue le sujet de l'individu ? Tout individu qui dit je n'est-il pas un sujet ?</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;En &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.mediapart.fr/club/blog/patrice-beray/180209/le-rythme-c-est-selon-henri-meschonnic-0"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;hommage&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt; à Henri Meschonic, décédé le 8 avril, suite à cette &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pigiconi.blogspot.com/2009/04/le-combat-du-signe-et-du-poeme.html"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;note&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;, cet entretien avec Jacques Ancet, paru dans la revue &lt;/span&gt;&lt;a href="http://pretexte.club.fr/revue/entretiens/discussions-thematiques_poesie/discussions/henri-meschonnic.htm"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;Prétexte&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;, dont j'extrais un passage&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;H.M :&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:verdana;font-size:130%;"&gt;Je pense toujours à la réponse de Foucault, dans les débats qui suivent sa conférence de 1969 «Qu'est-ce qu'un auteur ?», quand il dit : «il n'y a pas de sujet absolu», «sujet de quoi», du désir, et de plusieurs autres choses. Sans doute il y a une fonction sujet de l'individu, et autant de fonctions sujet qu'il y a d'activités qui peuvent constituer un individu en sujet. Mais il est capital, d'abord, de ne pas confondre individu et sujet. Il me semble qu'on peut soutenir que l'individu n'advient comme tel, dans la conscience qu'il peut avoir de lui-même comme tel, que par l'élaboration du sujet philosophique et psychologique. Il y a sans doute, si on part de cette idée, une infinité de gradations entre une absence complète du sens d'être un individu, selon les époques et les sociétés, jusqu'à l'hyperconscience individuelle supposée mener à l'individualisme. Avec cette dérive, propre à certains théo-socio-logiens d'aujourd'hui, d'accuser l'individualisme, et son hédonisme, d'atomiser et de détruire la société occidentale. J'observe que ceux qui confondent individu et sujet le font toujours au profit du seul sujet philosophique et psychologique. Donc, dans leur représentation de la société, et de la modernité, ils oublient l'art. Cet oubli se paie immédiatement d'une confusion entre modernité (philosophique) et modernisation. On est dans la situation même qui permet de comprendre pourquoi, du Japon aux États-Unis, über alles règne la pensée Heidegger du sujet : un syncrétisme du sujet philosophique conquérant le monde du savoir et le monde des hommes, ce que l'emploi de l'adjectif occidental rend d'autant plus naturel, c'est-à-dire que le super-sujet Europe fond et confond en un seul la modernité technologique, la démocratie, le capitalisme et l'impérialisme occidental qui s'universalise. En conséquence, il n'y a plus, pour se libérer de cette oppression, que la négation-dénégation de ce sens unique, sous la forme du déconstructionnisme-Derrida, qui, tout en fournissant l'illusion d'une libération par le nihilisme du sens, maintient intégralement le syncrétisme-Heidegger. Mais il est différé indéfiniment dans le ludique et l'annulation de la vérité. Ce qui fait le plus croire à l'annulation du sujet philosophique, avec son lien au signe et au sens, est ce qui contribue le plus à le maintenir. Dans le caractère fusionnel du poétique et du politique, qui est celui de cette indifférenciation, et qui permet qu'une absence maximale de pensée se donne pour une vulgate de la pensée. La seule parade à cet étouffement me semble la nécessité de distinguer entre tous ces sujets qui se pressent quand on dit je. Pêle-mêle, et vite, à distinguer du sujet philosophique en général, et du sujet conquérant, que mêle déjà Heidegger, un sujet de la connaissance scientifique abstraite ; un sujet de la connaissance de l'autre comme autre (l'invention de l'ethnographie n'est pas le colonialisme) ; un sujet du bonheur ; un sujet du sentiment de soi ; un sujet du sentiment esthétique ; un sujet du droit, pour ne plus confondre la critique que je fais, pour la poétique, de la rationalité des Lumières, ni avec celle de Foucault, ni surtout, avec le rejet réactionnaire ou anti-occidentaliste de la démocratie ; sans oublier le sujet de l'histoire, le sujet de l'idéologie, le sujet linguistique de l'énoncé et le sujet de l'énonciation, le sujet freudien. J'ajoute le sujet du poème, et je suis sûr que j'en oublie. Il s'agit de ne plus confondre l'universalisation de l'Occident avec des universaux réels, qui n'ont pas, étant des universaux, à lutter contre l'occidentalisation du monde. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-5524141200552898002?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/5524141200552898002/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=5524141200552898002' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5524141200552898002'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5524141200552898002'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/04/quest-ce-qui-distingue-le-sujet-de.html' title='Qu&apos;est-ce qui distingue le sujet de l&apos;individu ? Tout individu qui dit je n&apos;est-il pas un sujet ?'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-4315096586072594336</id><published>2009-04-06T01:44:00.001-07:00</published><updated>2009-04-06T01:50:55.006-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>Le combat du signe et du poème.</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5321496822380934370" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 242px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SdnBKltitOI/AAAAAAAABJY/NMuq4ALJLgg/s320/velickovic_02_1190018057.jpg" border="0" /&gt;J’appelle poème la transformation d’une forme de vie par une forme de langage et la transformation d’une forme de langage par une forme de vie, toutes deux inséparablement, ou je dirais encore une invention de vie dans et par une invention de langage, ou encore un maximum d’intensité de langage. Vie au sens d’une vie humaine.&lt;br /&gt;Cette définition est déjà elle-même, en partie, une transformation de la notion habituelle, culturelle, formelle, de poème. Mais, je dirais, plus en apparence qu’en partie. Parce que je pose qu’un poème a toujours été cela, que c’est un universel poétique, dont Mallarmé approche, ou qu’il implique allusivement, et, là, partiellement, quand il oppose, dans sa réponse en 1891 à l’enquête littéraire de Jules Huret, nommer à suggérer.&lt;br /&gt;De cette définition sortent, à mon sens, quatre conséquences.&lt;br /&gt;La première est qu’un poème est un acte éthique. Parce qu’il fait du sujet, il vous fiat du sujet. De qui l’écrit, d’abord, fondamentalement, mais aussi, et autrement, de qui le lit et éventuellement en est transformé. Si c’est un acte éthique, un poème n’est un poème que s’il est d’abord un acte éthique, qui transforme à la fois une vie et un langage et par là transforme aussi l’éthique : c’est une éthique en acte de langage. Sa poétique n’est rien d’autre. Toute la différence avec l’esthétique.&lt;br /&gt;La deuxième conséquence est que, étant la définition même du poème, ce qu’on appelle la poésie ou plutôt l’histoire de la poésie, en est pleine, puisqu’elle est faite de poèmes, et elle le vérifie constamment. Ce qui devrait constituer aussitôt un critère pour reconnaître un poème de ce qui fiat tout pour ressembler à la poésie. Mais non, parce que l’histoire de la poésie en est tout aussi pleine. Ainsi la question des critère tient toute dans la notion même de valeur. Toute la différence avec les produits du marché ou de la mode. La poétique est l’éthique du poème.&lt;br /&gt;Troisième effet, cette définition du poème déborde la définition traditionnelle, qui est essentiellement une définition formelle : les poèmes à forme fixe. Elle englobe tout ce qu’on peut appeler art du langage. En ce sens un roman n’est un roman que s’il a du poème en lui. A chaque phrase. Et ce n’est qu’un exemple parce que tout ce qu’on appelle les genres littéraires y est inclus. Et tout autant ce qui est de l’art de la pensée, qui fait un poème de la pensée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5321497067615719186" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 310px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SdnBY3SEjxI/AAAAAAAABJg/0K86tdP93Jo/s320/annonciation_1180274742.jpg" border="0" /&gt;Ce qui met au jour une quatrième conséquence. Par se définition même, le poème retrouve te recommence l’invention de vie comme passage du principe de vie à toute créature vivante, tel que el début de la Genèse (1,24-25 ;2, 7 ; 6, 7) en fait le récit fabuleux. En quoi l’invention de vie du poème participe, comme toute vie, du divin. Le poème qui est poème participe par là d’une poétique du divin dans l’humain, en prenant garde de ne pas identifier ce divin qu’est le passage de vie avec un Dieu quel qu’il soit. Le paradoxe est ici la déthéologistaion du divin.&lt;br /&gt;D’où la notion apparemment étrange d’un athéisme du divin, ou d’une athéologie du divin de la vie, qui n’est autre qu’un humanisme radical, déthéologisé, faisant d’une éthique du sujet un universel anthropologique et poétique, faisant de l’anthropologie une poétique, de la poétique une anthropologie. Et de la poétique du divin l’infini de l’histoire, l’infini du sens.&lt;br /&gt;Le signe fiat une anthropologie de la totalité, ou de totalisations telles que chaque fois un plus un égale tout, comme la forme et le contenu sont le tout du signe. Mais le poème est l’infini du sujet, et l’infini du sens.&lt;br /&gt;D’où une autre conséquence de l’éthique du langage et de l’éthique du poème, c’est la nécessité d’une éthique du traduire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Henri Meschonnic&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;Ethique et politique du traduire&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Edition Verdier, p.27-28&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-4315096586072594336?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/4315096586072594336/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=4315096586072594336' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4315096586072594336'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/4315096586072594336'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/04/le-combat-du-signe-et-du-poeme.html' title='Le combat du signe et du poème.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SdnBKltitOI/AAAAAAAABJY/NMuq4ALJLgg/s72-c/velickovic_02_1190018057.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-5044871145177457631</id><published>2009-03-31T00:39:00.001-07:00</published><updated>2009-03-31T00:42:06.306-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='et parfois mal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Le réfugié met en crise l’Etat-nation et ouvre le champ à de nouvelles aventures conceptuelles.</title><content type='html'>&lt;em&gt;Cette nuit, on m’informe, par téléphone, qu’un de mes filleuls républicains est, avec toute sa famille, sous la menace d’une expulsion imminente. Il est né en 2005. Parallèlement, je lis ce texte d’Agamben. Il a par ailleurs systématisé la notion d’Etat d’exception, comme si la crise de souveraineté dont souffre l’Etat-moderne actuel ne pouvait/ne peut se résoudre que par la suspension des principes qui le fondent : le Droit.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5319253502474078962" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 238px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SdHI4L04SvI/AAAAAAAABJQ/GRehIajVKA4/s320/etre_refugie.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le principe de nativité et le principe de souveraineté, séparés dans l’Ancien Régime ( où la naissance ne donnait lieu qu’au sujet), sont désormais unis irrévocablement dans le corps du « sujet souverain » pour constituer le fondement du nouvel Etat-nation. Dans cette fiction est implicite l’idée que la naissance devient immédiatement nation, de manière qu’il n’y ait aucun écart entre ces deux moments. Les droits sont ainsi attribués à l’homme, seulement dans la mesure où il est le présupposé – qui disparaît aussitôt en tant que tel – du citoyen.&lt;br /&gt;Si le réfugié représente dans la structure de l’Etat-nation un élément aussi inquiétant, c’est avant tout parce que en cassant l’identité entre homme et citoyen, entre nativité et nationalité, il met en crise la fiction originaire de la souveraineté. Naturellement, il y a toujours eu des exceptions singulières à ce principe. La nouveauté de notre temps, menaçant l’Etat-nation dans ses fondements mêmes, c’est que des parties de plus en plus importantes de l’humanité ne sont plus représentables en son sein. Justement parce qu’il détruit la vieille trinité Etat-nation-territoire, le réfugié, cette figure apparemment marginale, mérite d’être considéré, au contraire, comme la figure centrale de notre histoire politique. Il ne faut pas oublier que les premiers camps furent construits en Europe comme les espaces de contrôle pour les réfugiés et que la succession des camps d’internement/camps de concentration/ camps d’extermination représente une filiation parfaitement réelle. Une des rares règles que les nazis observèrent constamment lors de la « solution finale » fut celle d’envoyer dans les camps d’extermination les Juifs et les tsiganes seulement après les avoir privés totalement de leur nationalité (même de cette citoyenneté de seconde classe qui était la leur d’après les lois de Nuremberg). Quand ses droits en sont plus des droits du citoyen, l’homme alors est vraiment sacré, dans le sens que donne à ce terme le droit romain archaïque : voué à la mort.&lt;br /&gt;Il faut résolument séparer le concept de réfugié de celui de droits de l’homme et cesser de l’interpréter uniquement en termes de droit d’asile (lequel est d’ailleurs de plus en plus réduit dans la législation des Etats européens). Il suffit de lire les récentes Thèses sur le droit d’asile, d’Agnès Heller, pour voir que cela ne peut que conduire à des conclusions délétères. Le réfugié doit être considéré pour ce qu’il est, c’est-à-dire rien de moins qu’un concept-limite qui met radicalement en crise les fondements de l’Etat-nation et, en même temps, ouvre le champ à de nouvelles catégories conceptuelles.&lt;br /&gt;En fait, le phénomène de l’immigration dite illégale dans les pays de la Communauté européenne a pris (et prendra de plus en plus les prochaines années, avec les 20 millions prévus de l’Europe centrale) des caractères et des proportions propres à justifier pleinement ce renversement de perspective. Ce à quoi les Etats industrialisés sont aujourd’hui confrontés, c’est à une masse de résidents stables non citoyens, qui ne peuvent ni ne veulent plus être ni naturalisés ni rapatriés. Ces non-citoyens ont souvent une nationalité d’origine, mais, du moment qu’ils préfèrent ne pas jouir de la protection de leur propre Etat, se trouvent, tout comme les réfugiés, dans la condition d’apatrides de fait. T. Hammar a employé, pour désigner ces résidents non citoyens, le terme de denizens, qui a le mérite de montrer comment le concept de citizen est désormais inapte à décrire la réalité politico-sociale des Etats modernes. D’autre part, les citoyens des Etats industriels avancés (aux Etatx-Unis comme en Europe) manifestent, par une désertion de plus en plus marquée des instances codifiées de la participation politique, une propension évidente à se transformer en denizens, en résidents stables non citoyens. Tant et si bien que denizens et citizens finissent par s’inscrire, du moins pour certaines couches sociales, dans une zone d’indistinction potentielle. Ce qui multiplie les réactions xénophobes et les mobilisations défensives, conformément au principe bien connu selon lequel, vu les différences formelles, l’assimilation substantielle exaspère la haine et l’intolérance.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;Giorgio Agamben&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Au-delà des droits de l’Homme »,&lt;/em&gt; 1993,&lt;br /&gt;publié in &lt;em&gt;Moyens sans fins&lt;/em&gt;, &lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;édition Bibliothèques Rivages&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-5044871145177457631?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/5044871145177457631/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=5044871145177457631' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5044871145177457631'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/5044871145177457631'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/03/le-refugie-met-en-crise-letat-nation-et.html' title='Le réfugié met en crise l’Etat-nation et ouvre le champ à de nouvelles aventures conceptuelles.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SdHI4L04SvI/AAAAAAAABJQ/GRehIajVKA4/s72-c/etre_refugie.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-372015075582733931</id><published>2009-03-11T15:12:00.000-07:00</published><updated>2009-03-11T15:17:37.775-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='théâtre en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='humeurs'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses vues'/><title type='text'>Leaves ( feuilles)</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Faut-il donc que le théâtre soit si compassé, convenu dans la misère humaine ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Non pas que je veuille de la comédie musicale, mais même cet étalage de désespoir en représentation « amuse », « divertit » la galerie.&lt;br /&gt;Je n’aime pas ce théâtre qui, sous prétexte de coller avec la réalité, dans son effort insensé et si peu audacieux de sur-représenter ce qui est, voire de sur-jouer la catharsis (il n’est pas anodin que l’establissement psychothérapeutique local en ait fait un témoignage digne de cette monstration, même pas impudique, mais totalement anecdotique), s’imagine recoller les morceaux d’un puzzle que toute une vie, d’homme ou de femme, ou d’enfant, ne suffit pas à recenser.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Non pas que je  veuille un théâtre obscurantiste et d’intellectuels, conceptuel jusque dans la dérision mais évitant même de penser sa propre dérision. Mais à trop vouloir faciliter les choses, donner les clés et purement et simplement imiter, il en oublie jusqu’à son essence : la métaphore !&lt;br /&gt;Je n’aime pas ce théâtre où l’acteur se fait l’assistant de la lecture de son spectateur. Tout doit garder son mystère ! Et vouloir s’en défaire, c’est laisser place à une récitation que même la meilleure technique sur le plateau rate toute l’incarnation paradoxale du comédien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je reviens de Leaves, de Lucy Caldwell, mise en scène par Mélanie Leray, du Théâtre des Lucioles. &lt;a href="http://pigiconi.blogspot.com/2008/04/la-estupidez.html"&gt;Un spectacle de plus&lt;/a&gt;, de cette même compagnie, que je trouve fade. Où est donc votre audace que j’avais appréciée ? Arrêter donc ce spectacle marchand, que vous vendez même dans les scènes conventionnées, comme s’il s’agissait du théâtre privé. Retrouver le sens, ne cherchez pas à produire une explication de texte.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mentions spéciales toutefois pour ces comédiennes qui interprètent Poppy et Clover.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-372015075582733931?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/372015075582733931/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=372015075582733931' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/372015075582733931'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/372015075582733931'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/03/leaves-feuilles.html' title='Leaves ( feuilles)'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-7511519453271642861</id><published>2009-03-08T09:43:00.000-07:00</published><updated>2009-03-08T09:55:57.925-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lecture'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SbP2ge7NdDI/AAAAAAAABJI/xyKcihq7LRI/s1600-h/glissant2.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5310859423517602866" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 233px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SbP2ge7NdDI/AAAAAAAABJI/xyKcihq7LRI/s320/glissant2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;"Où en êtes-vous de cette blessure?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;- Je la porte, dit Mathieu, je ne sais pas si c'est à l'épaule droite ou si c'est en plein dans le coeur, mais je la porte.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;- Là où j'étais, dit Thaël, les blessures coulaient en vrac comme de l'eau, et on les acceptait avec bonheur.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;- Qu'est-ce que vous cherchez là, Raphaël Targin? dit Mathieu. Et qu'est-ce qui vous arrive maintenant?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;- Qu'est-ce qui m'arrive? Maintenant? Aorès tout ce temps là?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;- J'ai posté combien de lettres sans même savoir si elles parviendraient, cria Mathieu.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;- Des lettres? J'aurais voulu voir ça!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;- Des lettres! cria Mathieu. Des mots, des phrases, comment cas-tu, qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps, des lettres!... Maintenant vous criez à tout bout comme un mâle-ratt. Qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps-là?"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Thaêl sourit lentement, il se redressa. Comme un coq, dans un pitt enflammé de cris et de fureurs, qui voit l'autre coq voler vers lui,  si imparable, pour le dernier coup d'ergot, le dernier, en pleine gorge.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;"Je me suis battu contre le monde, dit-il, et j'ai perdu"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;span style="font-family:Verdana;"&gt;Eouard GLISSANT, &lt;em&gt;Tout-Monde&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-7511519453271642861?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/7511519453271642861/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=7511519453271642861' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7511519453271642861'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7511519453271642861'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/03/ou-en-etes-vous-de-cette-blessure-je-la.html' title=''/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SbP2ge7NdDI/AAAAAAAABJI/xyKcihq7LRI/s72-c/glissant2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-7900141743218922532</id><published>2009-03-08T09:10:00.001-07:00</published><updated>2009-03-08T09:28:35.370-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='choses vues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='cinéma'/><title type='text'>Harvey Milk</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SbPuBdtOBdI/AAAAAAAABJA/TW253GyY9_Y/s1600-h/Harvey-Milk%27s-Death-Suit.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5310850094521517522" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 239px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SbPuBdtOBdI/AAAAAAAABJA/TW253GyY9_Y/s320/Harvey-Milk%27s-Death-Suit.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ma première sortie cinématographique depuis quelques années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux points :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ol&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Tourner le dos à l’injure et laisser sans voix l’interpellation menaçante. Une courrier de menace de morte est envoyé à Harvey. Alors que Scott s’apprête à déposer plainte, Harvey l’en dissuade, affiche la menace sur la porte du réfrigérateur. Afficher la menace quand elle est explicite et non insidieuse. Comment déjouer un discours injurieux ? Le ré-interpeller par la procédure policière et judiciaire c’est s’exposer plutôt à laisser filer cette voix menaçante, au point de lui donner un statut public, en contradiction avec les menaces qui pèsent quotidiennement mais ne sont pas objectivables (pas de trace, donc pas de crédit, donc pas de procédures possibles et la victime a beau jeu de se défendre, elle doit s’opposer à ses contradicteurs qui jouent de cette inexistence objective et matérielle – le verbe écrit – pour retourner l’accusation contre elle-même )&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Lorsque l’indignité d’une vie ne laisse plus d’autre choix que la mort, le sursaut de la révolte fait voir un horizon d’égalité au sien de la société. La convergence des luttes minoritaires n’est pas seulement de stratégie. Elle est philosophiquement le procès du scandale de la norme et l’aventure d’une re-normalisation, sans que jamais la loi/règle/norme ne devienne une fin en soi. En fait, c’est une très belle illustration de ce que j’appelle des scènes contemporaines de l’exception. Et ça me fait penser au rôle que joue l’indignation, comme ça me fait aussi penser au fait que nos mouvements actuels sont bien éloignés de cette force vive qui les alimente. L’indignation n’est pas seulement cette opposition du Bien contre le Mal, mais ce sursaut de vie quand il n’y a plus que la mort comme horizon immédiat. Quelque chose qui me fait penser au merveilleux manifeste de neuf antillais pour les produits de haute nécessité. Si de nos vies, aucune poïesis n’est possible, alors nos vies ne le sont guère plus. &lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;p align="justify"&gt;[Je ne sais plus comment on intègre une vidéo, donc je donne le lien]&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=Pvfexvihri8"&gt;http://www.youtube.com/watch?v=Pvfexvihri8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-7900141743218922532?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/7900141743218922532/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=7900141743218922532' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7900141743218922532'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7900141743218922532'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/03/harvey-milk.html' title='Harvey Milk'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SbPuBdtOBdI/AAAAAAAABJA/TW253GyY9_Y/s72-c/Harvey-Milk%27s-Death-Suit.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-6713114321594660125</id><published>2009-02-16T06:54:00.000-08:00</published><updated>2009-02-16T07:03:47.302-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lues'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='le monde comme il va'/><title type='text'>Manifeste pour les produits de Haute nécessité</title><content type='html'>Texte essentiel&lt;br /&gt;dont voici un extrait:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.&lt;br /&gt; Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Signataires:&lt;br /&gt;Ernest BRELEURPatrick CHAMOISEAUSerge DOMIGérard DELVEREdouard GLISSANTGuillaume PIGEARD DE GURBERTOlivier PORTECOPOlivier PULVARJean-Claude WILLIAM&lt;br /&gt;à lire ici, sous format PDF&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.mediapart.fr/files/Manifeste%20des%20neuf.pdf"&gt;http://www.mediapart.fr/files/Manifeste%20des%20neuf.pdf&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-6713114321594660125?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/6713114321594660125/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=6713114321594660125' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6713114321594660125'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6713114321594660125'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/02/manifeste-pour-les-produits-de-haute.html' title='Manifeste pour les produits de Haute nécessité'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-1127079871162378386</id><published>2009-02-15T02:38:00.000-08:00</published><updated>2009-02-15T02:39:51.229-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='microfiction'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='théâtre en chantier'/><title type='text'>Hors de soi.</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Lui – Je compte. Un corps devant moi. Un autre sur mon flanc, à ma droite. Un autre, encore, à ma gauche. Je sens une présence, derrière. Puis une autre. Je regard en tous sens, mais je n’en ai pas trop le temps. Une deux mains me claquent l’arrière du crâne. Tête baissée. Puis le corps. Plié en deux. Cassé en deux. Je ne peux plus voir. J’en suis empêché. Je ressens ce qu’il y a d’impossible à maintenir un regard sur ces corps, ces 10 paires de jambes. Dix paires de pieds. Je ne vois que cela. Le changement de direction est violent. Je ne peux m’y opposer. Une ruelle ? un couloir ? Un commando spécial pour m’attirer je ne sais où ! Là encore, pas de résistance ! C’est sombre ! Comment sont ces pieds, dans ces chaussures blanches, à droite ? Chaussures noirs, sorte de bottes, à gauche ? Les doigts remuent-ils ? Se recroquevillent-ils ? Quelle genre de chaussettes ? Ils m’avancent parce que je ne peux plus rien faire. Je suis porté, emporté ! J’ai envie de questionner, mais comme interdit ! La rapidité ! L’urgence ! ça, on le sent bien, quand on ne peut plus rien faire ! Je n’ai pas vu comment ça c’est fait, ils m’enfilent une cagoule. Au début, c’est d’où vient-elle ? D’où l’ont-ils tirée ? Puis, ça pue ! Et aussi : je veux m’essuyer le visage et toute la sueur ! Ou : c’est pas bientôt fini ce cirque ? Ou : cette odeur de rance !!ils m’avancent toujours et encore. Même cet endroit n’en finit pas !….&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1127079871162378386?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1127079871162378386/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1127079871162378386' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1127079871162378386'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1127079871162378386'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/02/hors-de-soi.html' title='Hors de soi.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-1962320413835106266</id><published>2009-02-10T07:03:00.000-08:00</published><updated>2009-02-10T07:11:45.267-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='humeurs'/><title type='text'>...</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SZGX-DMykcI/AAAAAAAABIg/qm98XJ9kBCo/s1600-h/kafka2.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5301185328658420162" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 108px; CURSOR: hand; HEIGHT: 140px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SZGX-DMykcI/AAAAAAAABIg/qm98XJ9kBCo/s320/kafka2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;"... Je ne suis pas un juge. Je suis seulement celui qu'on juge et celui qui assiste au jugement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;- Et le juge?", demandai-je.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Kafka eut un sourire embarrassé:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;" A vrai dire, je suis également l'huissier du tribunal, mais je ne connais pas les juges. Sans doute suis-je un tout petit huissier auxiliaire. Je n'ai rien de définitif." Kafka se mit à rire. Je l'imitai, bien que je ne l'aie pas compris.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;"il n'y a rien de définitif que la souffrance, dit-il gravement. Quand écrivez-vous?"&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="right"&gt;&lt;em&gt;Conversations avec Kafka&lt;/em&gt;, de Gustav Janouch&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1962320413835106266?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1962320413835106266/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1962320413835106266' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1962320413835106266'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1962320413835106266'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2009/02/blog-post.html' title='...'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SZGX-DMykcI/AAAAAAAABIg/qm98XJ9kBCo/s72-c/kafka2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-8392208763245034713</id><published>2008-12-02T13:11:00.000-08:00</published><updated>2009-03-11T15:19:29.992-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='militantisme'/><title type='text'>Une date à retenir</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/STWlbSRAeyI/AAAAAAAABIA/sNL8EMQzrX8/s1600-h/anniversaire-flyer-DUDH.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5275304426712628002" style="FLOAT: left; MARGIN: 0pt 10px 10px 0pt; WIDTH: 234px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/STWlbSRAeyI/AAAAAAAABIA/sNL8EMQzrX8/s320/anniversaire-flyer-DUDH.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-WEIGHT: bold"&gt;&lt;span style="font-family:courier new;"&gt;Rennes&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;En partenariat avec des associations qui oeuvrent pour les Droits de l'Homme&lt;br /&gt;la Mairie de Rennes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'on se le dise.......... si ça continue, je vais presque me transformer en producteur d'événementiels.................&lt;br /&gt;&lt;meta content="text/html; charset=utf-8" equiv="Content-Type"&gt;&lt;meta content="Word.Document" name="ProgId"&gt;&lt;meta content="Microsoft Word 9" 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href='http://pigiconi.blogspot.com/2008/11/une-grande-dame.html' title='une grande dame...........'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-7399064418737253421</id><published>2008-10-19T07:54:00.001-07:00</published><updated>2008-10-19T07:54:39.597-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='humeurs'/><title type='text'>I'll never leave you</title><content type='html'>&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/7JGOeWGGbGU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed 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name="movie" value="http://www.youtube.com/v/v8eijN7ZCrU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/v8eijN7ZCrU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Genet, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Bonnes&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-1346980313232179923?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/1346980313232179923/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=1346980313232179923' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1346980313232179923'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/1346980313232179923'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2008/10/solange-vous-ne-mintimidez-plus-madame.html' title='Solange: vous ne m&apos;intimidez plus, madame.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' 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text-align: justify; text-indent: -18pt;"&gt;&lt;!--[if !supportLists]--&gt;-&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:7;"  &gt;         &lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;" &gt;une politique progressiste est une politique qui définit dans une pratique els possibilités de transformation et le jeu de dépendances entres ces transformations, là où d’autres politiques font confiance à l’abstraction uniforme de changement ou à la présence thaumaturgique du génie ;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 36pt; text-align: justify; text-indent: -18pt;"&gt;&lt;!--[if !supportLists]--&gt;-&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:7;"  &gt;         &lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;" &gt;une politique progressiste ne fait pas de l’homme ou de la conscience ou du sujet en général l’opérateur universel de toutes les transformations : elle définit les plans et les fonctions différentes que les sujets peuvent occuper dans un domaine qui a ses règles de formation ;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 36pt; text-align: justify; text-indent: -18pt;"&gt;&lt;!--[if !supportLists]--&gt;-&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:7;"  &gt;         &lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;" &gt;une politique progressiste ne considère pas que els discours sont le résultat de processus muets ou l’expression d ‘une conscience silencieuse ; mais que – science, ou littérature, ou énoncés religieux, ou discours politiques – ils forment une pratique qui s’articule sur les autres pratiques ;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 36pt; text-align: justify; text-indent: -18pt;"&gt;&lt;!--[if !supportLists]--&gt;-&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:7;"  &gt;         &lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;" &gt;une politique progressiste en se trouve pas à l’égal du discours scientifique dans une position de « demande perpétuelle » ou de « critique souveraine », mais elle doit connaître la manière dont les divers discours scientifiques, en leur positivité ( c’est-à-dire en tant que pratiques liées à certaines conditions, soumises à certaines règles, et susceptibles de certaines transformations), se trouvent pris dans un système de corrélation avec d’autres pratiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt; text-align: right;" align="right"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;" &gt;Michel Foucault, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt; text-align: right;" align="right"&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;" &gt;« Réponse à une question,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;" &gt;Esprit&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:&amp;quot;;font-size:78%;"  &gt;, mai 1968&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-6674790142082512967?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/6674790142082512967/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=6674790142082512967' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6674790142082512967'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/6674790142082512967'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2008/10/quelques-hypothses.html' title='Quelques hypothèses'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-575388296404289097</id><published>2008-10-04T01:22:00.000-07:00</published><updated>2008-10-04T01:26:52.584-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée en chantier'/><title type='text'>2e 1/2 journée de colloque philosophique</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SOcoJ7st5gI/AAAAAAAAA5s/293IymmXTMQ/s1600-h/nappes-de-conf%C3%A9rence-.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SOcoJ7st5gI/AAAAAAAAA5s/293IymmXTMQ/s320/nappes-de-conf%C3%A9rence-.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5253211641460155906" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;meta equiv="Content-Type" content="text/html; charset=utf-8"&gt;&lt;meta name="ProgId" content="Word.Document"&gt;&lt;meta name="Generator" content="Microsoft Word 9"&gt;&lt;meta name="Originator" content="Microsoft Word 9"&gt;&lt;link rel="File-List" href="file:///C:/DOCUME%7E1/UTILIS%7E1/LOCALS%7E1/Temp/msoclip1/01/clip_filelist.xml"&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   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philosophie sociale, telle que l’Ecole de Francfort la développe.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; ½ journée.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;Chercheur, docteur……. Tout ici est codifié. Le rappel incessant des &lt;i&gt;schémas canoniques d’interprétation&lt;/i&gt; qui participe de l’évaluation universitaire, hors desquels nul salut n’est possible. L’exercice reste très académique. Quand je parle de schéma, je veux dire aussi cette propension du chercheur en sciences humaines d’être d’abord un spécialiste, et ensuite d’être un historiographe de tel ou tel (il n’y a pas de pensée hors de la référence, qui, en tant que telle, devient alors tradition), avant d’être un « penseur » [il faut dire que l’image de nos philosophes tragiques actuels (Finkelkraut, BHL,… en tout cas ces sophistes qui font profession d’éclaireurs de nos temps pré/post/proto-modernes)rend l’autonomie dans la pensée tellement délicate que mieux vaut prendre ses précautions].&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;Et puis…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;Tout à coup, après avoir laissé le temps à certaines interventions de la salle, quelque chose qui relève de la vraie joute verbale et qui rassure quant à la capacité de penser le réel. Une véritable et belle indignation, qui n’a rien à voir avec la mise en scène de la dialectique universitaire. Non ! Mais une vraie implication, une vraie mobilisation du concept face à l’injure de la question qui venait de la salle. Et là, je me dis que le rituel académique a ceci de rassurant : malgré sa codification, il laisse place à cette intervention de lucidité et de puissance de la part du penseur. L'un des plus beaux et meilleurs moments de cette journée.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;Car figurez-vous que, après que l’intervenant eut évoqué la nécessité pour la philosophie de redéfinir son cadre même d’investigation au contact d’activités pluridisciplinaires qui interrogent la souffrance sociale (et j’avoue que le programme a quelque chose de séduisant), la question de la salle fut tout de même de contester la légitimité de la discipline d’interroger même cette souffrance : il s’agit d’un objet à propos duquel elle n’a aucune autorité à dire quoi que ce soit, si ce n’est pour mieux l’évacuer.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-575388296404289097?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/575388296404289097/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=575388296404289097' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/575388296404289097'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/575388296404289097'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2008/10/2e-12-journe-de-colloque-philosophique.html' title='2e 1/2 journée de colloque philosophique'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SOcoJ7st5gI/AAAAAAAAA5s/293IymmXTMQ/s72-c/nappes-de-conf%C3%A9rence-.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-7371342946927911985</id><published>2008-09-20T05:00:00.000-07:00</published><updated>2008-09-20T05:02:33.644-07:00</updated><title type='text'>La  publicité de l’injure : Quand la justice s’en mêle.</title><content type='html'>&lt;meta equiv="Content-Type" content="text/html; charset=utf-8"&gt;&lt;meta name="ProgId" content="Word.Document"&gt;&lt;meta name="Generator" content="Microsoft Word 9"&gt;&lt;meta name="Originator" content="Microsoft Word 9"&gt;&lt;link rel="File-List" href="file:///C:/DOCUME%7E1/UTILIS%7E1/LOCALS%7E1/Temp/msoclip1/01/clip_filelist.xml"&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:hyphenationzone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:donotoptimizeforbrowser/&gt;  &lt;/w:WordDocument&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;style&gt; &lt;!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:Wingdings; 	panose-1:5 0 0 0 0 0 0 0 0 0; 	mso-font-charset:2; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:0 268435456 0 0 -2147483648 0;} @font-face 	{font-family:Tahoma; 	panose-1:2 11 6 4 3 5 4 4 2 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:swiss; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:1627421319 -2147483648 8 0 66047 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 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 &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Le bâtonnier de Saint-Pierre de la Réunion est convoqué, à la demande du parquet, au tribunal, jeudi 25 septembre, pour diffamation après avoir, lors d'une audience, fait allusion aux diplômes de la ministre de la justice, Rachida Dati (article du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, du 18/09/08).&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dans le premier cas, le Procureur de la République motive l’auto-saisine de la justice en se référant à la loi sur la presse du 29 juillet 1881 (articles 29, alinéa 1, articles 30,42,47 et 48 de la loi). Dans le second, alors que l’&lt;i&gt;Express&lt;/i&gt;, repris par d’autres journaux, mentionnait le fait&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;« que la ministre n'avait jamais obtenu de MBA à l'Institut supérieur des affaires (ISA) », sans pour autant être inquiété par la justice, les avocats se réfèrent à l’article 41 de la loi du 29 juillet 1881, selon lequel &lt;em&gt;"ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux"&lt;/em&gt;.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dans le premier cas, ce sont trois personnes qui, devant la justice et par son fait même, sont conduits à assumer la responsabilité de ce discours et doivent rendre des comptes ; dans le second, c’est le bâtonnier de Saint-Pierre de la Réunion (personne clairement identifiée, au mépris même des protections que la loi envisage dans l’exercice de ses fonctions).&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;h3  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;D’où vient l’injure ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dans les deux cas, c’est l’institution judiciaire qui engage les poursuites. Ainsi, dans le premier cas, et selon l’article&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;48 de la loi sus-mentionnée, aliéna&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;3 , « &lt;i&gt;Dans le cas d'injure ou de diffamation envers les fonctionnaires publics, les dépositaires ou agents de l'autorité publique autres que les ministres et envers les citoyens chargés d'un service ou d'un mandat public, la poursuite aura lieu, soit sur leur plainte, soit d'office sur la plainte du ministre dont ils relèvent&lt;/i&gt; ». Dans le second, puisqu’il s’agit d’une diffamation d’un membre du gouvernement, l’alinéa 1 bis de cet article précise : «  &lt;i&gt;Dans les cas d'injure et de diffamation envers un membre du Gouvernement, la poursuite aura lieu sur sa demande adressée au ministre de la justice&lt;/i&gt; ».&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Se pose alors la question de l’origine de l’injure. Car, en fait, dans le cas du bâtonnier, outre sa liberté à un droit d’expression absolu dans le cadre « des débats judiciaires », ce dernier ne fait que reprendre ce qui, sur la voie publique, était déjà en circulation, alors même que les journaux qui l’ont publié, et leurs directeurs, n’ont pas été inquiétés par la justice. Le bâtonnier visé par la plainte est considéré comme &lt;b&gt;l’auteur originel du discours&lt;/b&gt; &lt;b&gt;– et le seul auteur -, quand il n’est, dans les faits, que le moyen terme, le porte-parole &lt;/b&gt;(c’est par sa voix que le discours est réitéré). D’autre part, alors que plusieurs associations, reconnues sur la place publique, organisées comme le stipule la loi de 1901 sur les associations (tous les responsables sont connus, les statuts sont déposés auprès des préfectures, la responsabilité morale et pénale est, de ce fait, clairement définie), dénoncent, par voie de presse, la « xénophobie d’Etat », les pratiques de contrôles au faciès, et ne sont pas inquiétées par la justice, &lt;b&gt;trois personnes font, elles, et seules&lt;/b&gt;, l’objet de poursuites quand le collectif, dans son ensemble, est « épargné ». &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Et pour cause ! La loi de 1881 stipule que tout organe de presse, tout message diffusé sur la place publique, doit comporter le nom de son directeur, des données sur l’adresse de l’imprimeur et autres informations permettant d ‘identifier la source. De même, une association, organisée selon la loi de 1901, doit faire connaître, au moins aux services de la préfecture (l’existence de&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;l’association exige cette déclaration), les données quant aux responsables mêmes de l’association (il n’est pas inutile de rappeler que le président de l’association est seul responsable devant la justice). &lt;b&gt;Mais un collectif n’est pas une association, et ne veut pas l’être&lt;/b&gt;. Il peut être aussi éphémère que spontané dans sa mobilisation. Il n’a pas l’architecture organisationnelle de l’association puisque, toute décision prise par le collectif l’est collectivement. Elle l’est collectivement puisque chacun des membres-militants du collectif est responsable de tout et de tous (dans un collectif, il y a autant de présidents que de militants…….. ce que la loi de 1901, sur les associations, ne permet pas). &lt;b&gt;&lt;i&gt;Autrement dit, dans les deux cas, la justice se trompe de cibles quand elle impute à l’avocat d’être l’auteur originel de l’injure, et quand elle réserve à trois personnes, plutôt qu’à l’ensemble du groupe, la responsabilité d’un texte dont la responsabilité (dans l’écriture, comme dans sa diffusion) est collective.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;D’autre part, quand l’&lt;i&gt;Express&lt;/i&gt; révèle les faux diplômes de Rachida Dati, celle-ci s’indigne (notamment dans son livre-témoignage, &lt;i&gt;Je vous fais juge&lt;/i&gt;, publié chez Grasset) de cette rumeur concernant des diplômes qu’elle n’aurait pas, et, à part quelques appels agacés du ministère, personne n’impute à ce journal le délit d’injure ou de diffamation. L’information passe auprès du public, circule librement. Vraie ou fausse, fondée ou diffamante, cette révélation évoque le parcours d’une personne, devenue ministre, sans qu’il y ait lieu de considérer la parole comme blessante (même si, pour la personne concernée, elle a été ressentie comme telle, ce ressenti ne suffisait pas à en faire un délit). La parole acquiert le statut de « parole blessante », qui justifie alors les poursuites, non plus dans l’espace (du grand) public, mais dans le cadre d’une plaidoirie de défense. &lt;b&gt;Et c’est l’institution judiciaire qui décide de la blessure occasionnée&lt;/b&gt;, &lt;b&gt;comme du caractère blessant de la parole&lt;/b&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Tout comme pour les trois militants rennais ! Quand la LDH publie des textes dénonçant (ou tout simplement évoquant, voire suggérant) la « xénophobie d’Etat », quand le RESF dénonce les rafles et, s’appuyant sur un rapport de la CIMADE, les traitements inhumains à l’intérieur des Centre de Rétention Administrative, cela provoque la colère des politiques et ministres en charge du dossier, mais nullement les poursuites judiciaires. Quand un collectif, impliqué dans ce combat, s’en prend aussi à cette « xénophobie », à ces « rafles », à cette inhumanité des CRA et le fait hors du cadre de l’analyse étayée dans les publications de ces organisations nationales, mais dans un souci d’efficacité militante (toucher le plus de lecteurs, informer, critiquer et rallier à sa cause le plus de monde, notamment pour empêcher telle expulsion, manifester devant un CRA… en somme faire événement, faire un coup, même médiatique), en en détournant l’esprit ou le propos, trois militants et non pas quatre, dix ou cent, sont poursuivis&lt;b&gt;. En somme, par cette auto-saisine de l’institution, le Procureur de la République considérera que les propos de « potache » de ces tracts sont délictueux, quand les argumentations associatives sont critiquables&lt;/b&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;h3  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Mais qui produit l’injure ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Le bâtonnier et ces trois militants ? Ils ne font que reprendre ce qui s’est déjà dit, et qui, sur la place publique, existe avant eux . &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Il faut bien l’avouer : l’institution judicaire elle-même. &lt;b&gt;&lt;i&gt;C’est l’institution judiciaire elle-même qui produit l’injure en visant ce qui est, selon le cas, dicible ou indicible&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Car c’est elle qui décide de statuer sur ce qui peut être dit, sur ce qui ne doit pas l’être. Alors qu’elle croit tenir les responsables de ces délits, elle subit, par le retournement même de son action contre elle-même, ce qu’elle produit. En donnant publicité à son action, elle confère aux propos incriminés un sens et une valeur qu’ils auraient pu ne pas avoir – et qu’ils n’ont pas eus quand les rumeurs ou argumentations, à l’origine de ces paroles « injurieuses », circulaient déjà. En donnant publicité à son action, elle vise un discours qui peut alors faire l’objet de débats publics, et qui peut être repris, ne serait-ce que pour discuter, hors du cadre judicaire et, cette fois alors, sans contrôle, de la vérité ou non de l’injure. &lt;b&gt;Autrement dit, l’institution judiciaire rend possible la re-circulation des propos ainsi visés. Et là encore, elle se trompe de cible quand elle désigne des porte-parole car, en estimant motivées les poursuites pour injure et diffamation, c’est elle-même qui produit l’injure. &lt;/b&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style=";font-family:Tahoma;font-size:10;"  &gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Quand la justice se mêle de l’injure, elle s’injurie elle- même.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4608896959649001408-7371342946927911985?l=pigiconi.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://pigiconi.blogspot.com/feeds/7371342946927911985/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4608896959649001408&amp;postID=7371342946927911985' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7371342946927911985'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4608896959649001408/posts/default/7371342946927911985'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://pigiconi.blogspot.com/2008/09/la-publicit-de-linjure-quand-la-justice.html' title='La  publicité de l’injure : Quand la justice s’en mêle.'/><author><name>pigiconi</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03450988844439954830</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='33' height='25' src='http://bp3.blogger.com/_85ySMsGS76c/R6zWCVY4RQI/AAAAAAAAALE/cIdJv4-jG6o/S220/le_narrateur_1.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4608896959649001408.post-714015337701640240</id><published>2008-08-30T00:59:00.000-07:00</published><updated>2008-08-30T01:17:21.881-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='microfiction'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='théâtre en chantier'/><title type='text'>Portraits</title><content type='html'>&lt;span style=";font-family:Tahoma;font-size:9;"  &gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;D’après la pièce d’Israël Horovitz, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Didacalies&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-family:Tahoma;" &gt;Richard –&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SLj_EQtAeQI/AAAAAAAAA5U/CwYth2B7SEE/s1600-h/tgarm_edward_hopper_lobby.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SLj_EQtAeQI/AAAAAAAAA5U/CwYth2B7SEE/s320/tgarm_edward_hopper_lobby.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5240218615113873666" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;C’est un aîné qui n’a ja&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;mais voulu l’être : les responsabilités qui lui incombent, et dont il se charge (en les assumant par son côté organisateur et sa méticulosité – tout est net, il n’est pas amateur de courbes, mais plutôt de la ligne droite ; tout doit être à sa place, et &lt;b&gt;de manière obsessionnelle&lt;/b&gt;, quand sur une table se trouvent plusieurs objets, il les re-dispose, selon une figure géométrique), ne sont pas faites pour lui. Telle est du moins son sentiment. Il aurait bien aimé être d&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;e ceux qui se laissent porter par la vague, qui suivent le mouvement et qui n’ambitionnent qu’à la régularité et à l’ordre, et surtout ne pas faire d’excès. Mais il se trouve dorénavant à la tête de la fratrie. La disparition de ses parents est un drame. Devenir/ tenir le rôle d’un patriarche en est un autre. Parce qu’il sent que la perspective, pour qu’elle ne lui échappe pas totalement, e&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;xige de lui l’affirmation d’un pouvoir &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;qu’il n’a pas mais qu’il doit pourtant exercer. Ses yeux de faucon sont en définitive une façon de &lt;b&gt;forcer son caractère&lt;/b&gt;. C’est un faux dur ! (est-il p&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;our autant un vrai mou ?). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;En tout état de cause, s’il doit forcer son caractère, c’est qu’il tente à chaque fois de ne pas paraître trop sensible. S’il lui arrive de verser une larme, ça n’est pas en public… en tout cas, toute expression trop émotive ne doit pas être publique. C’est une douleur rentrée qu’il manifeste. Rentrée, parce que chez lui domine l’injonction d’un « il ne faut pas… » (pas pleurer, pas se lamenter, pas rire, etc…). Il ne s’interroge pas sur l’origine de la norme, de qui dit la norme (son origine). Il se contente de la suivre, de la respecter : elle est en elle-même légitime et ne souffre aucune remise en question (une autorité incontestée et incontestable). Ou du moins se l’imagine-t-il ainsi ! Ce qui veut dire aussi qu’il y a quelque chose de fataliste dans son attitude. Les choses sont telles qu’elles doivent être, et il n’y a qu’à les accepter. Il aurait même tendance à fuir toutes questions qui pourraient faire vaciller cette stabilité de la norme. &lt;b&gt;Rien ne doit être troublé&lt;/b&gt; !&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;En ce sens, il n’ira pas plus loin que le bout de son nez, pas plus qu’il n’aura l’idée d’aller chercher dans les recoins, derrière les meubles. Il n’est pas attiré par le secret : il le redoute même. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;&lt;b&gt;Il est pathétiquement peu curieux&lt;/b&gt;. Toutefois, les circonstances agissent bien sur lui et dans ses moments de non-comédie (il joue au fort, quand il ne l’est pas ; au janséniste quand il est un frustré qui voudrait bien se taper une de ses sœurs), on ressent bien qu’il y a quelque chose qui n’est pas à sa mesure. Les costume est trop large, en tout cas pas vraiment coupé à sa taille. Parce qu’il est d’abord frustré de la vie. Ça le démange, comme s’il avait quelque allergie (le côté répétitif de l’allergie, et qui monte en puissance). Veut-il une relation adultère/incestueuse ? Il sait trop bien qu’il ne pourra/devra pas la mener jusqu’à son terme, jusqu’à satisfaction. &lt;b&gt;Il est constamment dans ce contre-balancement entre ce qu’il veut et ce qu’il doit&lt;/b&gt;. Et c’en est épuisant. Donc, soit il succombe à la tentation (mais c’est tout un combat intérieur qu’il mène, dont il n’est que trop habitué) ; soit il y renonce, mais c’est dans une sorte de soubresaut d’orgueil, mal placé, avec fracas, brusquement,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;et de façon irrévocable. C’est le jansénisme de sa personnalité qui ressort. C’est en tout cas un « peine à jouir ».&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;Chez lui, la couleur grise domine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-family:Tahoma;"&gt;Ruby –&lt;/span&gt;  &lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SLj_YhwVbgI/AAAAAAAAA5c/j-wRZFmKmr0/s1600-h/morning+sun.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_85ySMsGS76c/SLj_YhwVbgI/AAAAAAAAA5c/j-wRZFmKmr0/s320/morning+sun.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5240218963288616450" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;   &lt;p style="text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;La petite dernière de la famille. Elle a toujours assumé sa position dans la fratrie, comme elle assume aussi qu’il puisse y avoir une différence de traitement entre el
